Auto-entrepreneur : les conseils et les pièges à éviter "Je consulte trois fois par semaine en soirée et le samedi"

nathalie schlatter-milon, psychologue clinicienne
Nathalie Schlatter-Milon, psychologue clinicienne © N. Schlatter-Milon

Nathalie Schlatter-Milon, fonctionnaire, psychologue-clinicienne 

Avec un diplôme d'assistante sociale en poche, Nathalie entre à l'Education nationale. Il y a 15 ans, elle se décide à reprendre des études à distance, par le Cned, et obtient un DEA en psychologie clinique puis suit une thèse. "J'ai cherché à faire valider mon diplôme par l'Education nationale et à glisser comme psychologue dans la fonction publique, mais cela n'a pas été possible et je me suis retrouvée "coincée" sans oser démissionner pour autant."

 

Courant 2007, elle se sent prête à exercer comme psychologue clinicienne en libéral. Elle pense tout d'abord créer une entreprise individuelle et bénéficier du régime micro-social. Mais la possibilité de cumuler son emploi et sa nouvelle activité pendant un an, renouvelable une fois, est intéressante, d'autant qu'elle partage son cabinet. "J'aurais pu demander un mi-temps de droit mais cela compliquait la vie de mon service et je m'en sors avec mes 14 semaines de vacances. Je consulte donc trois fois par semaine en soirée et le samedi." Mais pas question d'en rester là. "Pour le moment, j'ai 4 patients, dont 3 réguliers. Je n'équilibre pas encore mon budget. Au bout d'un an d'activité, je compte renouveler ma demande de cumul, en ne travaillant plus qu'à mi-temps cette fois. A la fin des deux ans, je demanderai à partir pour me consacrer entièrement à mon activité. Mon objectif est de faire un vrai virage professionnel."

 

"En faisant des simulations, j'ai pu voir que le statut d'auto-entrepreneur était un bon compromis pour moi"

Le plus délicat pour Nathalie Schlatter-Milon aura été de trancher entre les différentes possibilités : micro-entreprise, déclarer ses frais au réel, auto-entrepreneur... Parler de ses interrogations et de sa situation à une personne extérieure lui a permis d'y voir plus clair, en l'occurrence une agence de conseil en comptabilité. "En faisant des simulations, j'ai pu voir que le statut d'auto-entrepreneur était un bon compromis pour moi", explique-t-elle.

Ayant peu d'expérience dans la création d'entreprise, elle s'est aussi étonnée de recevoir de nombreux courrier d'assureurs et de mutuelles diverses. "Il est parfois difficile de faire la distinction entre ce qui est obligatoire et ce qui relève de l'offre commerciale. Là encore, le comptable m'a rassurée en me précisant que je n'avais aucune obligation de souscrire ces offres."

 

Et si elle a un conseil à donner, c'est de ne pas être trop pressé et de ne pas négliger le délai que va prendre la commission de déontologie pour examiner la demande de cumul d'activités. "Cela a pris deux mois dans mon cas. Et cela ne dispense bien sûr pas de s'assurer de la viabilité de son projet car l'administration ne donne pas d'avis sur la qualité. J'ai mis un an à monter mon activité et je ne regrette pas d'avoir pris le temps. En tant que fonctionnaire, on dispose d'une structure, alors qu'en tant que libéral, on est seul face à ses responsabilités. Cela, on le réalise seulement quand on le vit."

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