L'âge d'or des cabinets de conseil en management est derrière eux

Cabinets de conseil en management selon Xerfi Le temps de la croissance folle est passé. Pour tirer leur épingle du jeu, les consultants devront miser sur le numérique.

Chiffre d'affaires, excédent brut d'exploitation, résultat net... Quel que soit l'indicateur, les cabinets de conseils en management broient du noir. C'est ce qu'indique l'étude Xerfi-Precepta consacrée à ce secteur en plein bouleversement. On y apprend également que le CA de la profession, jusque-là abonné au yo-yo, alternant croissance insolente et brusque correction, s'oriente désormais vers une croissance linéaire... et "anémique".

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L'activité du secteur s'oriente vers une croissance ralentie. © Xerfi

Les marges, elles, ont tendance à se réduire au fil du temps. Alors qu'il atteignait environ 20% en 2000, le taux moyen d'EBE, chute à 10% en 2009 et pourrait passer sous les 6% en 2015, prévient Xerfi-Precepta. Pourquoi ? A cause de "la pression générale sur les prix et la volonté de la part des cabinets de ne pas réduire trop fortement les effectifs".

Cependant, tous les acteurs du conseil en management ne sont pas logés à la même enseigne. Les plus sévèrement touchés sur la période 2006-2012 sont, côté taille, les "poids lourds" du secteur, ceux dont le chiffre d'affaires oscille entre 40 et 100 millions d'euros, et côté activités, les cabinets spécialisés. A l'inverse, les leaders de plus de 100 millions d'euros et les pôles conseil des cabinets d'audit tirent leur épingle du jeu. Entre les deux se trouvent les petits cabinets, les généralistes ou encore les filiales de SSII.

Même si elle est lente, la croissance est appelée à revenir, selon Xerfi-Precepta. Deux facteurs à cet optimisme (très tempéré) : "L'amélioration globale de l'économie, d'une part et l'arrivée massive du numérique dans les entreprises, d'autre part, qui devrait stimuler la demande de conseil. Le numérique n'est en effet pas seulement une révolution technologique, mais aussi – peut-être surtout – organisationnelle."

"Les cabinets généralistes et les spécialistes de stratégie ont intérêt à développer des services à forte valeur ajoutée dans le numérique"

Cette révolution digitale impliquera sans doute une demande renouvelée d'accompagnement auprès des cabinets de conseil en management, tout au moins ceux qui sauront répondre à ces besoins massifs. "Les cabinets généralistes et les spécialistes de stratégie ont grand intérêt à développer des services à forte valeur ajoutée dans le domaine numérique, au risque de voir les cabinets spécialisés en IT ou les filiales de SSII gagner en importance", mettent en garde les auteurs de l'étude.

L'étude esquisse certaines pistes que les cabinets de conseil pourraient suivre. Elle insiste en particulier sur l'émergence d'un nouveau paradigme : de la vente de services à la DSI, il faudra passer à la fourniture de solutions métiers à destinations des différentes directions métiers. Face à ces défis, les cabinets IT et les filiales de SSII bénéficient d'une avance certaine face aux cabinets généralistes qui commencent à réorienter leur offre et à nouer des partenariats. Entre ces deux camps, la bataille s'engage, même si les analystes de Xerfi-Precepta pressentent aussi une forte consolidation du secteur, qui verrait émerger des géants. A ce titre, le retour des Big Four (Deloitte, PwC, EY et KPMG) sur le segment du conseil constitue déjà une évolution majeure du secteur.

Enfin, les cabinets de conseil en management devront se préoccuper de leur première richesse : les consultants. Afin de répondre aux exigences croissantes de qualité formulées par les clients, ils auront intérêt à limiter le turn over et à miser sur la fidélisation (par la formation, l'évolution de carrière...). Sans ces changements, ils risquent de peiner à redevenir attractifs auprès des jeunes diplômés.

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La part des jeunes diplômés s'orientant vers le conseil chute entre 2011 et 2013. © Xerfi

Source

L'étude "Les cabinets de conseil en management en France à l'horizon 2018" est publiée par Xerfi, éditeur indépendant d'études économiques sectorielles.

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