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Enquête
 
29/01/2008

Les patrons français perdent leur optimisme

28 % seulement des patrons français sont très confiants pour les douze prochains mois, contre 40 % l'an dernier. Le résultat d'une étude PricewaterhouseCoopers aux résultats surprenants.
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PricewaterhouseCoopers vient de publier sa onzième étude annuelle sur les préoccupations des dirigeants dans le monde, basée sur des entretiens conduits à l'automne 2007. Le principal constat est une érosion très nette de l'optimisme des patrons français concernant la croissance de leur chiffre d'affaires. En effet, seuls 28 % se déclarent "très confiants" alors qu'ils étaient 40 % l'an dernier. Il s'agit du niveau le plus faible d'Europe avec l'Italie (à 19 %), pour une moyenne d'Europe occidentale à 44 % (52 % l'année dernière). Le taux de confiance général en France s'établit tout de même à 87 %, 59 % des dirigeants de l'Hexagone se disant "plutôt confiants". A noter qu'à horizon de 3 ans, l'étude du géant du conseil montre un niveau de confiance en recul partout dans le monde.

 

Si le niveau de confiance global (cumul "très confiants" et "plutôt confiants") quant à la croissance de leur chiffre d’affaires sur les douze prochains mois reste stable à 87 %, l’étude 2008 marque une érosion importante du taux de "haute confiance" chez les patrons français. En 2007, ils étaient très confiants à 40 %, ils ne sont cette année que 28 %. Soit le niveau européen le plus faible avec l’Italie (à 19 %), la moyenne d’Europe de l’Ouest se situant à 44 % (contre 52 % l’an passé).
À horizon de 3 ans, le niveau de confiance est en recul partout dans le monde. En France, moins de un patron sur cinq se dit "très confiant".

 

Pour Bernard Gainnier, directeur général responsable du développement PwC en France, ces résultats "témoignent d'une année 2007 plus difficile sur le plan économique, marquée par la crise financière internationale, mais aussi par les élections en France et la vague de réformes économiques qui a suivi. Interrogés entre septembre et novembre, les patrons français semblent dans l'expectative quant à l'impact de ces mesures sur la croissance de leur entreprise : le capital confiance est là, mais les certitudes absolues sont ébranlées."

 

Un repli des grandes entreprises françaises

La vraie surprise de cette étude est que malgré une période de doute manifeste, les patrons français font preuve d'un certain détachement par rapport à une récession économique généralisée. Ils sont ainsi 17 % à se sentir "pas du tout concernés", contre 5 % seulement en Allemagne, 8 % en Europe occidentale et 7 % dans le monde.

 

15 % des dirigeants français ont réalisé une fusion ou une acquisition en 2007, contre 42 % l'année précédente

De façon peut-être moins surprenante, l'étude révèle également que 52 % des sondés ne se sentent pas du tout concernés par le changement climatique... Le constat est identique sur d'autres sujets majeurs comme la sécurité énergétique, le terrorisme et les bouleversements technologiques. Moins attentifs aux grands enjeux macroéconomiques et sociétaux que leurs homologues européens, les dirigeants français semblent se réfugier dans une sorte d'attentisme post-électoral.

 

Des projets de fusions-acquisitions en retrait

D'autre part, les grandes entreprises françaises apparaissent moins dynamiques pour ce qui concerne leur expansion à l'international. En effet, sur l'année ayant précédé l'entretien, 15 % des dirigeants ont réalisé une opération de fusion ou d'acquisition, contre 42 % l'année précédente. En France, les patrons se montrent plus timorés que dans le reste de l'Europe, puisque 24 % des dirigeants allemands, 26 % des britanniques et 57 % des néerlandais ont mené une telle opération, la moyenne d'Europe de l'Ouest s'élevant à 28 %.

 

Toutefois, les patrons français affichent une véritable volonté de conquête géographique. Alors que l'an dernier, 57 % considéraient l'Europe occidentale comme le territoire privilégié pour les fusions-acquisitions, cette zone figure désormais à égalité avec l'Asie, à 46 %. Au niveau mondial, l'Asie est évoquée par 37 % des sondés.

 

Le gouvernement attendu sur les enjeux économiques

Une caractéristique notable des dirigeants français est que la plupart d'entre eux, 80 %, accordent une importance particulière au cadre réglementaire dans leur processus de décision, contre 51 % des patrons allemands et 63 % de l'ensemble des dirigeants internationaux.

 

40 % des patrons français jugent que le gouvernement actuel contribue à l'innovation

Parmi les terrains où l'Etat est susceptible d'intervenir, les patrons français jugent que le plus important est le droit du travail (69 % contre 42 % au niveau global) puis la fiscalité (29 % contre 39 % au niveau global).

 

Enfin, en France, 40 % des patrons sont "tout à fait d'accord" ou "plutôt d'accord" pour dire que le gouvernement actuel contribue à l'innovation. Ils ne sont que 29 % à penser la même chose outre-Rhin, 9 % au Royaume-Uni et 28 % au niveau mondial. Dans l'Hexagone, les dirigeants sont 39 % à considérer que l'Etat crée un "environnement propice pour les entreprises", alors qu'ils ne sont que 6 % au Royaume-Uni et 26 % en Europe de l'Ouest comme à l'international.

 

En savoir plus L'étude complète sur le site de PwC

 


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