Patrick Laredo (WIL Group) "Nous voulons devenir le numéro 1 mondial du management de transition"

En s'associant à 12 autres cabinets pour créer WIL Group, le français X-PM monte une structure internationale forte de 30 000 collaborateurs.

Ce lundi 8 septembre, 13 acteurs du management de transition opérant dans 31 pays donnent naissance à WIL Group. Le cabinet X-PM, l'un des poids lourds hexagonal du secteur, fait partie de ce regroupement. Son président et fondateur, Patrick Laredo, répond au JDN.

 

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Patrick Laredo, nouveau secrétaire général de WIL Group. © X-PM

JDN. Pourquoi souhaitiez-vous ce changement d'échelle ?

Patrick Laredo. La création de WIL Group a, dans le management de transition, la même ambition que celle de KPMG dans monde du conseil. Avec nos partenaires, nous créons une structure internationale, basée à Londres, et mettons en commun des procédures, un code éthique, ou encore une assurance qualité, mais nous conservons les structures nationales. Le modèle est le même que celui du conseil, c'est celui d'une entreprise d'entrepreneurs.


Qui sont vos partenaires internationaux ?

Cette structure est le prolongement d'un mouvement ancien. X-PM a créé un bureau en Chine il y a déjà 10 ans, puis un autre à Singapour, en Inde... Nous aidions beaucoup les entreprises françaises à s'implanter en Asie. Puis, suivant les demandes de nos clients, nous avons cherché des partenaires brésiliens, anglais, espagnols, nordiques... Avec ces partenaires de confiance, nous avons trouvé, fin 2013, que le moment était venu d'aller plus loin dans notre rapprochement.


Comment vous positionnez-vous sur le marché mondial ?

Nous avons l'ambition de devenir le numéro 1 mondial du management de transition. Nous comptons à ce jour 30 000 managers, dont 4 500 sont des dirigeants de haut vol. Je ne connais aucune autre organisation disposant de 4 500 dirigeants capables de régler les grands problèmes de transformation d'entreprise. 4 500 consultants, oui, mais pas des dirigeants.


"D'ores et déjà, certains de nos clients envisagent de nous confier de nouvelles missions plus ambitieuses"

En quoi ce rapprochement intéresse-t-il vos clients ?

Cela présente trois avantages. D'abord, nous pouvons leur offrir un service transnational de bout en bout. Un siège social français souhaite lancer une opération dans une filiale étrangère, nous pouvons y répondre grâce à notre présence dans 60 pays. Il faut rester local au deux bouts. Ensuite, nous pouvons répondre aux demandes "multi-pays" : une entreprise désire réaliser un transfert technologique de la France vers l'Allemagne, nous pouvons proposer un manager en France, un autre en Allemagne et un troisième travaillant avec la direction. Enfin, nous pouvons désormais opérer globalement. Des clients indiens recherchent des managers experts de la sidérurgie, qui peuvent par exemple être des spécialistes français du secteur.


Ces missions internationales sont susceptibles d'attirer des managers de transition encore plus pointus. Est-ce l'un de vos buts ?

Si nous devenons le 1er groupe mondial de management de transition, les meilleurs ne viendront pas chez nous pour pouvoir être envoyés dans un autre pays, mais parce que nous leur proposerons des missions à plus forte valeur ajoutée. D'ores et déjà, certains de nos clients, au courant de ce rapprochement, envisagent de nous confier de nouvelles missions plus ambitieuses.


Ce rapprochement constitue une transformation. N'avez-vous pas besoin de managers de transition pour vous accompagner ?

J'ai trouvé ma vocation lorsque, à la tête de KPMG, j'ai vendu Peat Marwick à CSC. J'ai découvert qu'une transition devait être proprement gérée. Les techniques que j'ai apprises il y a 13 ans, je les connais suffisamment pour ne pas avoir besoin de faire appel à un confrère !

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