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"Soyez flexible, souple, adaptable,
mobile. Mais ne changez pas trop souvent d'entreprise." C'est
le discours qu'entendent régulièrement les cadres. Qu'implique-t-il
concrètement ? Combien de temps peut-on, ou doit-on, rester dans
la même entreprise ? Faut-il se spécialiser ou, au contraire, rester
généraliste ? Face à ces interrogations, le consensus n'est
pas toujours de mise. Car en matière d'accélération
de carrière, la mobilité est un outil que le cadre
doit savoir manier avec minutie.
La
plupart des consultants, coachs et DRH conseillent de rester un
minimum de deux ans au même poste pour les juniors, plus longtemps
pour les cadres les plus expérimentés. "Mais les jeunes
ne doivent pas hésiter à changer jusqu'à ce qu'ils
trouvent l'entreprise qui leur convient, estime Agnès du Boullay,
directrice du programme dirigeants du cabinet de conseil
en évolution professionnelle Leroy Consultants. Ce n'est que lorsqu'ils
adhèrent à la culture de leur entreprise qu'ils peuvent effectuer
de véritables bonds en interne." Bref, le cadre ne doit pas être
trop mobile, tout en étant capable d'aller voir ailleurs
quand sa situation professionnelle est bloquée. Un bilan
de carrière, effectué régulièrement, est à
ce titre un bon moyen de faire le point pour mieux évoluer.
Car pour faire fructifier la mobilité, tout devient alors
affaire de pédagogie : le cadre doit avant tout pouvoir
expliquer son parcours et ses choix. "La mobilité est bien perçue
lorsque le candidat est capable de la justifier, soutient Jean-Dominique
Perret, DRH du distributeur de matériel électrique
Rexel, filiale de PPR. La problématique est la même
concernant la mobilité au sein d'une même entreprise :
les changements sont valorisants s'ils correspondent à une croissance
en compétence et à une satisfaction personnelle."
Autre grand piège de la mobilité : concevoir
un parcours professionnel comme l'escalade d'une pyramide. "Or
les promotions ne sont pas toujours verticales, estime Daniel Porot,
consultant et auteur de nombreux guides sur la gestion de carrière.
La mobilité horizontale ou diagonale, c'est-à-dire avec des
responsabilités différentes, représente également
un très bon tremplin." Plutôt que de concevoir la mobilité
comme une simple échelle hiérarchique, le cadre y
trouve dès lors un moyen d'élargir ses compétences,
en attendant son heure.
Alterner
des postes d'action et de réflexion"
Jean-Dominique Perret, Rexel
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Cette méthode de la mobilité horizontale ou diagonale
est bien connue des grands comptes, qui la réservaient jusqu'alors
à leurs cadres à fort potentiel. "Aujourd'hui, nous
cherchons à développer la mobilité transversale à tous les
niveaux, explique Jean-Dominique Perret, le DRH de Rexel. Cette
forme de mobilité est très appréciée des cadres, mais
la hiérarchie en place demeure souvent un obstacle. Car en France,
nous privilégions encore trop les connaissances techniques sur l'apport
des comportements différents."
Rexel va encore plus loin dans cette logique en encourageant la
mobilité inter-enseigne au sein du groupe PPR. "C'est un moyen d'ouvrir
de nouvelles portes aux jeunes et de les faire évoluer vers d'autres
métiers, tout en gardant une ligne directrice, poursuit Jean-Dominique
Perret. En plus, je pense qu'il faut être capable dans son
parcours d'alterner des postes d'action et de réflexion."
In fine, les cadres retiendront que les spécialistes
de la gestion de carrière estiment que le parcours professionnel
s'effectue schématiquement en deux temps. Avant la quarantaine,
priorité doit être donnée à l'élargissement
des connaissances. Après la quarantaine, il s'agit au contraire
de concentrer ses compétences et de s'orienter vers un métier,
un poste ou une fonction.
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