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INTERVIEW
 
08/06/2005

Barbara Borra (Whirlpool)
Entre la France et moi, c'est une longue histoire d'amour

PDG de Whirlpool France depuis un an et demi, Barbara Borra a vécu dans une demi-douzaine de pays. Elle a toujours gardé son style de management.
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Six grands patrons

Barbara Borra parle un français impeccable, mais n'a pas perdu son accent italien pour autant. Elle occupe depuis janvier 2005 le poste de PDG de Whirlpool France, à Suresnes. Précédemment en poste chez Rhodia, elle a habité trois ans à Lyon.

L'internationalisation
Six grands patrons
Barbara Borra (Italienne)
A. Van Beek (Néerlandais)
Nick Heys (Britannique)
Steve Colville (Américain)
Dans quel pays avez-vous travaillé ?
Barbara Borra. Ingénieur de formation, j'ai débuté dans une grande entreprise italienne dans la chimie. Je suis ensuite partie aux Etats-Unis. J'ai fait le MBA de l'Insead à Fontainebleau, ce qui m'a permis de rejoindre General Electric pour qui j'ai travaillé aux Pays-Bas, en Allemagne, en Italie, en Belgique, en France et Grande-Bretagne. J'ai habité à Lyon lorsque je travaillais pour Rhodia. Je suis maintenant à Paris. A l'âge de 11 ans, ma fille a déjà connu cinq pays et sept villes !

Pourquoi travaillez-vous en France ?
Entre la France et moi, c'est une longue histoire d'amour. Mes camarades de classe choisissaient le français comme première langue par tradition. Moi, je voulais apprécier Flaubert en français. J'ai toujours aimé la France. Ce pays a été au centre de mes décisions stratégiques pour ma carrière. J'ai choisi de faire le MBA de l'Insead, et non celui financé par mon entreprise. Cela m'a ouvert d'autres perspectives. C'est ici que j'ai testé un nouveau modèle de distribution et que j'ai eu mes premières responsabilités P&L (compte de résultat). La France est un pays agréable à vivre, mais qui coûte cher, notamment à cause des impôts.


Je préfère donc rester fidèle à mon style direct"

Vous êtes-vous facilement intégrée ?
L'intégration se fait très rapidement à Paris. A Lyon, c'était plus difficile. Mais cela s'explique aussi par mon ancien secteur d'activité, très BtoB. Je me suis donc concentrée sur mon travail. A Paris, j'ai plus d'amis et de contacts. Il existe davantage de portes d'entrée - associations, ambassades, etc.

Par quoi êtes-vous encore surprise dans la manière de travailler des Français ?
Je travaille beaucoup avec des Français ayant une expérience internationale, ils ont donc en partie perdu leurs particularités. D'après les stéréotypes, les Français gardent une approche très rigoureuse et analytique. Ils n'ont jamais de certitude et tardent à prendre les décisions. Je pense qu'il vaut mieux faire des erreurs que ne pas décider.

Quelles langues utilisez-vous pour travailler ?
J'utilise le français, mais j'écris en anglais, car je déteste les fautes d'orthographes... L'anglais permet aussi d'être plus concis. Je parle italien avec la direction Europe basée en Italie, et à la maison.

Les 35 heures et le nombre de jours de vacances sont-ils un handicap en France ?
On arrive toujours à trouver des solutions intelligentes avec les gens qui veulent travailler. Je m'intéresse plus aux valeurs des personnes qu'à ces aspects.

On parle beaucoup de management interculturel. Comment le vivez-vous ?
Je m'attache beaucoup aux valeurs des entreprises pour lesquelles je travaille. Chez Whirlpool, je suis impressionnée par l'empathie, le respect et la volonté de bien faire des salariés, quel que soit leur niveau hiérarchique. C'est très attachant. On peut dire les choses de manière différente mais, sur le fond, il faut se sentir en parfaite entente. Je refuse de me donner des règles que je ne pourrai pas toujours respecter. Je préfère donc rester fidèle à mon style direct. Lorsque j'arrive à une nouvelle fonction, j'organise une session d'une journée avec ma nouvelle équipe pour expliquer ce qui compte pour moi, mon style de communication, mes attentes et mes exigences. Cette réunion interactive permet de gagner des mois d'expérience.

Parcours

Après des études de lettres et d'ingénieur chimiste à l'école Polytechnique de Turin (Italie), Barbara Borra a effectué un MBA à l'Insead (France). Elle a commencé sa carrière d'ingénieur avec le groupe Montedison en 1984, en Italie, au sein de l'Istituto G. Donegani, avant de rejoindre, en 1986, la joint-venture (The Lev-O-Cal Co.) créée par le groupe aux Etats-Unis (Maryland) et dédiée à la fabrication et à la commercialisation de sucre de synthèse. En 1989, Barbara Borra entre dans le groupe General Electric, où elle restera jusqu'en 2001. Elle y a occupé successivement les fonctions de directrice du marketing de GE Plastics Europe (Pays-Bas), directrice commerciale Europe du Sud, directrice générale de GE Lighting France et vice-présidente du marketing de GE Lighting EMEA, avant de rejoindre le groupe Rhodia en juillet 2001. Agée de 44 ans et de nationalité italienne, Barbara Borra a occupé le poste de vice-présidente de Rhodia Polyamide, avant de devenir PDG de Whirlpool.



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