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12/10/2005
Laurent Benchana (Expatrié
au Japon) L'agressivité
n'a pas sa place ici, c'est très reposant
Fondateur de
l'agence de presse Nippon News Co., Laurent Benchana vit au Japon depuis cinq
ans. Sa vie, très semblable à celle du Tokyoïte moyen, est
principalement centrée sur le travail. Entretien.
Décrivez-nous
votre quotidien au Japon...
Laurent Benchana. Je crains
qu'il ne soit pas si différent du quotidien dans une autre grande ville !
Petit-déjeuner, transport jusqu'au bureau - le vélo à cet avantage
qu'il permet de mieux découvrir la ville -, déjeuner dans un petit restaurant
de sobas (nouilles) après 13 heures pour éviter la foule de midi et retour
au domicile vers 20 heures, au minimum... Le soir, je vais régulièrement
prendre une glace en terrasse sur Omotesando, un quartier à la mode pour les sorties,
ou un verre avec des amis dans un club d'Ebisu.
Qu'est-ce
qui vous a le plus surpris à votre arrivée à Tokyo ?
Tout ! Mais les rapports humains m'ont particulièrement étonné.
Pour ne parler que des rapports professionnels, si vous ne vous êtes pas présenté,
ou si on ne vous a pas présenté, vous n'existez pas. Vous êtes transparent. En
revanche, une fois ce cap passé, les Japonais vont se mettre en quatre pour vous
aider. Sinon, malgré la foule, les horaires, l'architecture chaotique... il émane de la ville une étonnante
douceur de vivre. L'agressivité n'a pas sa place ici et c'est très reposant.
Quelles
bonnes adresses conseillez-vous pour des repas d'affaires ?
Les
gens qui travaillent n'ont qu'une heure le midi. Ils peuvent l'utiliser pour
manger mais aussi faire la sieste devant leur écran d'ordinateur.
Les repas entre collègues se déroulent donc plutôt le soir. La plupart du temps,
les employés se rendent dans un "Izakaya" (ce qui signifie "restaurant japonais")
le plus proche de leur bureau où une multitude de plats sont disponibles, de la
pizza aux sushis. C'est bruyant, la bière et le saké coulent à flots, on parle
vaguement... c'est ainsi que les liens se tissent entre individus d'une même entreprise
ou non, mais ce n'est pas l'endroit rêvé pour parler sérieusement d'une affaire.
Pour
un expatrié qui s'installerait à Tokyo, quel quartier lui suggèreriez-vous
pour s'installer ?
Si ses moyens le lui permettent, je
lui recommanderais Harajuku car c'est central et très vivant (boutiques de mode, bars...).
Sinon, il y a aussi Shimo-kitasawa, un peu à l'Ouest. C'est un endroit jeune, calme et moins peuplé.
Tokyo est en réalité une mosaïque de petits villages : à
chacun son quartier, à chacun son style.
Pour finir, quels sont vos conseils pour bien s'intégrer ?
Il faut absolument prendre des cours de japonais en arrivant afin d'atteindre un niveau de
communication minimum. Ensuite, je conseillerais de ne pas se laisser enfermer
dans une "bulle d'expatriés", mais au contraire, d'essayer de rencontrer des Japonais
de différents milieux, en s'inscrivant à un club de sport ou en se rendant
à l'Institut franco-japonais de Tokyo par exemple. Je pense qu'il faut environ
un an pour se sentir bien au Japon. Mais se sentir intégré est une toute autre
histoire... On peut se sentir comme un poisson dans l'eau très rapidement sans pour autant ne jamais se sentir intégré.
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Sorties
perso : les conseils de Laurent Benchana
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Si vous aimez les sushis, le mieux
est encore d'aller les déguster autour du marché aux poissons de Tsukiji. Et pour
retrouver le goût du terroir, allez dîner à "Pas-à-Pas" car c'est
traditionnel, sans prétention, bon marché et excellent. Personnellement, j'aime
chiner et je suis un inconditionnel des flea-markets (sorte de brocantes
de particuliers) qui s'installent aux parcs de Yoyogi et de Meiji.
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