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31/10/2006
Aurélia Martin (AOL) "J'ai puisé dans le bilan la motivation de postuler en interne"
Suite à un bilan de compétences, Aurélia Martin est passée du juridique au commercial. Mais donner un nouvel élan à sa carrière demande un gros investissement personnel et beaucoup de motivation. Son retour d'expérience, ses conseils.
En mai 2006, Aurélia Martin, coordinatrice juridique chez AOL, entreprend un bilan de compétences. Trois mois plus tard, elle entre à la direction commerciale de l'opérateur comme chargée de clientèle pour la régie publicitaire. Entre les deux, un bilan de compétences qui lui a permis de donner une nouvelle dynamique à sa carrière.
Pourquoi avoir entrepris un bilan de compétences ?
Aurélia Martin. Cela faisait six ans que je travaillais au service juridique. N'ayant pas suivi d'études de droit, il ne m'était plus possible d'évoluer dans ce domaine. Après y avoir mûrement réfléchi et une fois prête à bouleverser ma routine, j'ai demandé à mon directeur puis aux ressources humaines un bilan de compétences. L'objectif était de voir dans quelles fonctions je pourrais évoluer. Ma demande a été validée et la responsable formation m'a fourni trois noms de cabinets, me disant que c'était à moi de choisir le consultant avec lequel je me sentirais le plus à l'aise.

Par écrit, vos collègues témoignent de votre caractère, de votre façon de travailler. On apprend énormément."
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Quels sont, selon vous, les avantages d'un bilan de compétences ?
L'intérêt majeur a été de me faire reprendre confiance. Lorsqu'on s'est installé dans une routine depuis longtemps, certes on sait tout faire, mais on n'a plus de recul. Cela m'a d'une part permis de faire le point, de refaire mon CV, mais cela m'a aussi totalement galvanisée. A la fin, j'avais l'impression que tout était possible. Cela m'a énormément motivée pour évoluer.
Et les inconvénients ?
Je n'en vois pas vraiment. Ce sont plutôt des difficultés à surmonter. D'abord, il n'est pas évident de parler de soi pendant une heure et demie à deux heures par semaine et de réfléchir à soi encore deux heures de plus, entre les séances. Et puis on remue le passé, les différents postes, y compris leurs aspects moins agréables. Par ailleurs, on nous dit des choses pas toujours faciles à entendre. Elles ne sont pas forcément négatives, mais peuvent provoquer un bouleversement. Enfin, il arrive que l'on doive faire des démarches qui nous déplaisent. En l'occurrence, la consultante d'ACF Consultants qui m'a suivie m'a demandé de démarcher des gens, à l'extérieur d'AOL, dont le métier m'intéressait. Je ne l'ai pas fait : je n'assumais pas encore le fait de changer de métier. En plus, j'aurais eu l'impression de trahir mon employeur.
Quelle est l'étape du bilan qui vous a le plus marquée ?
A un moment, vous recueillez le regard que vos collègues portent sur vous. Par écrit, ils témoignent de votre caractère, de votre façon de travailler. On apprend énormément. C'est une étape extrêmement intéressante et particulièrement constructive.
Très concrètement, en quoi votre bilan de compétences vous a-t-il servi ?
Le bilan m'a donné confiance dans mes acquis. Il m'a notamment démontré que j'étais à l'aise pour communiquer, que j'avais un contact facile. J'ai puisé dans cette nouvelle confiance en moi la motivation pour postuler en interne. Lors des entretiens que j'ai passés, je ne montrais pas les conclusions du bilan, qui reste confidentiel, mais je pouvais dire : "J'ai le sentiment que j'aurais les aptitudes requises pour cette fonction et mon bilan de compétences le confirme."

Le bilan demande un investissement personnel assez considérable : il faut donc avoir une vraie envie de s'y investir."
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Dans quelques années, envisagez-vous de refaire un bilan de compétences ?
Pour commencer, je pense rappeler ACF Consultants dans quelques mois, de façon informelle, pour échanger avec ma consultante. C'est une sorte de suivi, pour savoir si j'applique bien ses conseils. Plus tard, peut-être si j'envisage de changer d'entreprise, referai-je un bilan pour aller encore plus loin.
Que conseilleriez-vous à ceux qui voudraient suivre le même chemin ?
Il faut absolument que le bilan participe d'une démarche personnelle. Il demande un investissement personnel assez considérable, ainsi que du temps et de l'argent : il faut donc avoir une vraie envie de s'y investir. Si on ne travaille pas, il ne donnera aucun résultat. Il faut également être prêt à changer beaucoup de choses. Si l'on veut rester en poste, faire un bilan ne sert à rien. Certes, il s'agit d'une période pas toujours facile, car riche de remises en question. Mais ce qui compte, c'est que le bilan ouvre les yeux... et donne envie.
Le soutien de votre employeur semble avoir beaucoup compté dans le succès de votre bilan...
Absolument. Souvent, les entreprises préfèrent consacrer leurs obligations de formation à des formations de type cours d'Excel ou cours d'anglais, dont elles bénéficient directement. Le bilan de compétences, lui, est surtout dédié à l'employé. Depuis mes débuts, mon entreprise m'a permis de changer de service plusieurs fois et m'a fait confiance lorsque j'ai voulu faire ce bilan. Tous les employeurs ne sont sans doute pas aussi soucieux de l'épanouissement de leurs salariés.
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Parcours
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Depuis août 2006 : chargée de clientèle au sein de la direction Audience et Services d'AOL.
- Septembre 2000 à juillet 2006 : coordinatrice juridique au sein de la direction juridique d'AOL
- Mai 2000 à août 2000 : en charge de la gestion des comptes gratuits au sein de la direction financière d'AOL.
- 1998 à mai 2000 : commerciale au service clientèle d'AOL, en Irlande.
- Formation : BTS Technico-commercial dans l'agro-alimentaire.
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