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DOSSIER
 
09/01/2007

Recruter des apprentis
Bien remplir son rôle de maître d'apprentissage

Le rôle du tuteur dans un contrat d'apprentissage est déterminant mais ne s'improvise pas. Qui peut le devenir ? Comment se préparer et s'organiser ? Voici quelques bonnes pratiques pour être à la hauteur.
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Pour qui, comment ?

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Etre tuteur
Coût d'un apprenti
Témoignage BNP Paribas
La réussite de la relation entre un étudiant en contrat d'apprentissage et l'entreprise qui l'emploie repose en grande partie sur le manager qui se voit confier la fonction de tuteur. Obligatoire, ce maître d'apprentissage a pour rôle d'accompagner l'étudiant tout au long de sa collaboration avec l'entreprise et d'assurer le lien avec l'organisme de formation. Sans pour autant abandonner les autres missions de son poste. Un maître d'apprentissage n'est donc pas un professionnel de la formation quoiqu'il doive en assumer le rôle. Voici quelques bonnes pratiques à mettre en œuvre pour bien s'en sortir.


Un tuteur expérimenté et disponible
Des critères d'expérience et de formation ont été fixés par la loi pour assurer le rôle de maître d'apprentissage. Il doit être titulaire d'un diplôme au moins équivalent à celui préparé par son apprenti et doit pouvoir justifier d'un minimum de trois années d'expérience professionnelle dans le métier concerné. S'il dispose de plus de cinq ans d'expérience, les conditions liées au diplôme peuvent être assouplies. En tout état de cause, un tuteur ne peut superviser plus de deux apprentis simultanément.

Et toujours
Savoir expliquer
Néanmoins, au-delà des obligations légales, d'autres critères sont à prendre en considération lors de la désignation du tuteur. Ses qualités pédagogiques, tout d'abord. Elles peuvent avoir été révélées lors d'expériences antérieures d'intégration de stagiaires ou de jeunes recrues. Mais c'est avant tout la motivation du maître d'apprentissage qui compte. "Le tutorat n'est pas un métier dans l'entreprise, rappelle Marie-Noëlle Rushe, chef de projet sur la formation tutorale pour la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris. Tout repose sur le volontariat." C'est en effet une fonction réclamant une grande disponibilité du manager. "Il doit y avoir de la part du tuteur une véritable volonté de transmettre ses compétences et ses pratiques professionnelles", ajoute la formatrice.


Préparer l'arrivée de l'apprenti
Les débuts de la relation entre l'apprenti et l'entreprise sont déterminants. Une bonne préparation de l'arrivée de l'étudiant par le maître d'apprentissage est donc vivement conseillée. La première étape consiste à entrer en contact avec le centre de formation des apprentis (CFA) qui assure la partie théorique de sa formation. Le tuteur doit se familiariser avec le programme, son contenu comme son rythme de progression, afin d'adapter les missions qu'il confiera à l'apprenti. La plupart des CFA prévoit d'ailleurs une cession de formation des tuteurs en début de programme.

Le tutorat n'est pas un métier dans l'entreprise. Tout repose sur le volontariat."

Marie-Noëlle Rushe, CCIP
Le maître d'apprentissage doit ensuite créer les conditions d'une bonne intégration de la nouvelle recrue. Il est utile de constituer un dossier avec les supports de présentation de l'entreprise et du service et les documents de travail utiles au quotidien. Le tuteur doit aussi informer de l'arrivée de l'apprenti, ses collaborateurs directs et les autres départements amenés à travailler avec lui. Il faut notamment bien préciser la spécificité de son statut au sein de l'entreprise : il est un salarié à part entière, à la différence du stagiaire, mais bénéficie d'un accompagnement personnalisé.

Enfin, le maître d'apprentissage doit prendre le temps de réfléchir aux connaissances qu'il souhaite transmettre à l'étudiant. Il doit notamment les hiérarchiser pour déterminer dans quel ordre il les enseignera. Se remémorer ses propres débuts dans le métier peut l'aider à anticiper les difficultés de l'apprenti.


Adapter l'organisation aux impératifs de l'apprenti
Les difficultés d'organisation du travail de l'apprenti sont variables en fonction du rythme de l'alternance prévu par l'organisme de formation. Il peut ainsi être délicat de lui confier un dossier qui nécessite un suivi quotidien s'il est absent un ou deux jours par semaine. L'organisation du service doit être ainsi être adaptée, en faisant attention à ne pas tenir l'apprenti à l'écart en planifiant, par exemple, des réunions importantes en son absence.

L'organisation du temps de travail du maître d'apprentissage lui-même est aussi amenée à évoluer. Il doit pouvoir se réserver des plages horaires spécifiques pour accompagner son apprenti, répondre à ses éventuelles questions, évaluer son travail et assurer le suivi avec l'organisme de formation. Son employeur est d'ailleurs tenu de lui permettre de se dégager le temps qu'il lui faut pour ces tâches. La loi permet également de partager la fonction tutorale entre plusieurs personnes, l'une d'entre elles jouant le rôle de référent auprès de l'entreprise et du CFA. Cette solution permet de répartir la charge de travail apportée par l'apprenti. Elle fournit aussi à ce dernier l'occasion de multiplier les formateurs et donc les enseignements.


Des contreparties pour le tuteur
L'investissement en temps et en énergie pour être maître d'apprentissage est donc conséquent. Mais il existe des contreparties positives, au-delà de la satisfaction de participer à la formation de futurs professionnels. "L'apprentissage permet au manager de se constituer un vivier de jeunes déjà intégrés à la culture de l'entreprise", note Marie-Noëlle Rushe. Une solution à prendre en compte pour les postes sur lesquels des difficultés de recrutement sont rencontrées. Accompagner un apprenti, c'est également une manière de garder contact avec les évolutions de la théorie de son métier, telle qu'elle est enseignée par l'organisme de formation. Enfin, l'étudiant apporte un regard neuf sur le travail du service qui peut être riche en enseignements pour peu que le tuteur soit à l'écoute.

 

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