On peut se poser la question : "Pourquoi un employeur accepterait-il de licencier un salarié qui le demande et lui verser une coquette somme ?" Il est clair qu'en l'absence de motif de licenciement garder un collaborateur qui ne souhaite plus rester peut nuire à l'entreprise.

 

Eviter un frein organisationnel

Si l'employeur refuse le licenciement transactionnel et le salarié la démission, ce dernier a un grand pouvoir de nuisance. Il est très fréquent qu'il décide de faire preuve de mauvaise volonté, soit en multipliant les arrêts de travail, soit en travaillant de plus en plus lentement quitte à bloquer le fonctionnement de son service tout en véhiculant une image de victime. Le risque prud'homal est grand. Sans parler d'une possible contagion parmi ses collaborateurs.

 

"Le montant d'une transaction s'élève de trois à neuf mois de salaire brut"

L'employeur peut toujours licencier la personne et très probablement aller aux prud'hommes. "Si la somme en jeu est inférieure à douze mois de salaire - ce que les prud'hommes peuvent demander à l'entreprise de verser - l'employeur peut prendre le risque de licencier le salarié", calcule Maître Peeters. La difficulté consistera à en avoir le motif et les preuves. "La procédure peut durer deux à trois ans, délai au bout duquel l'entreprise aura ou pas à verser la somme qu'elle aura fait fructifier entre temps, ce qui peut s'avérer plus intéressant que de verser une somme équivalente trois ans plus tôt dans le cadre d'une transaction."

 

Mais avant de choisir entre licencier et transiger, l'entreprise pourra mettre en balance ce que lui coûteront les frais d'avocat d'un côté et de l'autre le montant de la transaction associé aux indemnités légales de licenciement. A noter cependant : aux prud'hommes, si le salarié - qui a plus de deux ans d'ancienneté dans une entreprise de plus de 10 salariés - obtient gain de cause, l'article L122-14-4 du Code du travail prévoit une indemnité minimum de six mois de salaire brut.

 

Les avantages financiers du licenciement transactionnel

Suivant le montant de la transaction, le licenciement transactionnel est intéressant pour les deux parties. Côté employeur, les indemnités transactionnelles et légales ne sont pas soumises à charges sociales dans la limite de 24 mois de salaire brut ou 193.104 euros (soit 1/4 du plafond de l'ISF). Côté salarié, elles ne sont pas non plus soumises à l'impôt sur le revenu. Seule l'indemnité transactionnelle est soumise à CSG et CRDS.

 

Avec un licenciement transactionnel, le salarié touche aussi les Assedic, après un délai de carence qui correspond à :

- sept jours incompressibles

- un nombre de jours égal aux congés payés

- un nombre de jours correspondant à l'indemnité transactionnelle dans la limite de 75 jours.

 

Maître Peeters note qu'en général, "avec deux à cinq ans d'ancienneté, hors TPE, le montant d'une transaction est de trois à neuf mois de salaire brut, rarement moins." Bref, le salarié qui touche par exemple trois mois de salaire pour indemnité transactionnelle (c'est-à-dire 100 % de son salaire sans charges ni impôts sur le revenu, sauf CSG et CRDS) au lieu de 75 jours d'Assedic (avec 57,4 % de son salaire sur lequel le salarié paye des impôts), n'y trouvera, lui, pas grand intérêt.

- Les conseils pour actualiser sa situation aux Assedic: actualisation Pôle emploi

 


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