En matière de départ concerté, deux options sont possibles : la rupture à l'amiable et le licenciement transactionnel. Si les deux procédures s'avèrent juridiquement risquées, c'est le licenciement transactionnel qui est le plus couramment utilisé par les entreprises.

 

La rupture amiable

Pieter-Jan Peeters, avocat, Cabinet PJP.
 
Pieter-Jan Peeters, avocat, Cabinet PJP.
 

La rupture amiable consiste à mettre fin au contrat de travail d'un commun accord. Le salarié et l'employeur se séparent donc dans des conditions qui sont, par définition, non conflictuelles. Mais, cette pratique pose plusieurs limites d'ordre financier pour le salarié. Tout d'abord, elle ne donne pas droit aux Assedic. Ensuite, toute somme versée par l'employeur au collaborateur sur le départ est assimilée à un salaire, donc soumise à charges.

Côté employeur, c'est surtout le risque juridique qui s'avère le plus contraignant. En effet, pour la justice, verser une somme d'argent peut être considéré comme le règlement d'un litige présent ou futur, sinon pourquoi le faire ? "Dans ces cas là, fait remarquer Pieter-Jan Peeters, avocat en droit social, le juge peut considérer que l’accord est une transaction car, en prévoyant le versement d’une somme d’argent, il a pour objet ou au moins pour effet de compenser un préjudice consécutif à la rupture du contrat. La rupture, en pareille circonstance, n’est pas voulue mais subie puisqu’elle est source de préjudice : c’est un licenciement." La transaction étant alors nulle car formalisée sans lettre de licenciement et le salarié peut alors demander des dommages et intérêts. C'est la raison pour laquelle cette pratique est assez rare, contrairement au licenciement transactionnel.

 

Le licenciement transactionnel

Il peut aussi bien s'envisager à l'initiative de l'employeur, qui veut se séparer d'un collaborateur mais n'a pas de motif réel et sérieux de licenciement, que du salarié, qui n'a pas forcément de nouvel emploi à la clé et souhaite assurer ses arrières en touchant notamment les Assedic. Le salarié se fait donc licencier et touche une indemnité pour prévenir tout risque de litige quant au motif du licenciement.

Dans un licenciement transactionnel, le motif a moins d'importance que pour un licenciement traditionnel. Et pour cause, l'employeur n'aura pas à le défendre devant un juge. Mais dans la plupart des cas, il est demandé au salarié d'abandonner son poste réellement. Il existe en effet toujours un risque que celui-ci ne signe pas…

Le motif invoqué peut donc être la mésentente ou encore la faute grave. Seul bémol dans ce dernier cas : le préavis - non effectué lors d'un licenciement pour faute grave - est souvent compensé dans l'indemnisation. Un contrôle de l'Urssaf peut estimer par exemple que, sur une indemnité d'un montant égal à douze mois de salaire, trois correspondent au préavis donc assimilés à un salaire. L'Urssaf réclame alors les cotisations patronales et salariales sur ces trois mois de salaire, sans que l'employeur n'ait la possibilité de se retourner contre le salarié.

 


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