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Véronique Chambaud, conseil en création d'entreprise
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Il ne faut pas se leurrer, le motif financier est le premier à justifier
pourquoi tant d'entrepreneurs commencent leur activité à domicile.
C'est aussi pour cela qu'au bout de quelques années, nombres chefs d'entreprise
aguerris déménagent dans des locaux plus adaptés. Il n'empêche
que ces années sont cruciales. Véronique Chambaud, auteur de "Créer
son activité en solo" et coach pour entrepreneurs, livre ses conseils
pour les vivre au mieux.
Dédier une pièce à son activité
La première attention à avoir est de bien séparer sa vie
professionnelle de sa vie privée, et pour cela dédier un espace
délimité à ses activités. "C'est essentiel de
disposer d'une pièce séparée car sinon se pose le problème
de l'envahissement réciproque", confirme Véronique Chambaud.
Il peut en effet être tenant de faire sa lessive en milieu de journée,
lorsque la motivation diminue ou, à l'inverse, de rester en contact avec
ses clients les plus exigeants le week-end. Pauline Etienne, jeune dirigeante
d'une société qui organise des stages de récupération
de points du permis, n'a pas pu s'offrir un vrai bureau dans son petit appartement
de 35 mètres carrés. Elle a donc rusé et fait appel à
un architecte pour repenser l'organisation de son intérieur. "Mon
cahier des charges était de pouvoir 'fermer' mon espace de travail à
la fin de la journée. J'ai donc installé un secrétaire...
Le soir, je peux y mettre mes dossiers en cours et fermer le plateau !"
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Fixer les limites du domaine professionnel
© Getty
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Se fixer des règles
L'autre point noir : les horaires. Une société jeune, pas de
temps à consacrer au transport et pas de collègues pour réguler
ses horaires, démarrer une activité chez soi comporte un grand risque
de multiplier les heures de travail. "La tentation est grande de travailler
très tard, explique Véronique Chambaud. D'autant que les clients
attendent une grande disponibilité. Mais si c'est concevable de manière
ponctuelle, tout le monde en pâtit lorsque cela devient une habitude, notamment
l'entourage." Pierre-Tomy Le Boucher, dirigeant d'une agence de communication
graphique, a commencé dans sa cave avant d'acheter un bâtiment dans
lequel il a pu consacrer tout un étage à sa société.
Pour lui, il est évident "qu'on a du mal à quitter son travail.
Il est peu crédible de croire qu'en travaillant la maison, on aura plus
de temps, pour s'occuper de ses enfants par exemple. Je suis sans cesse en suractivité."
Par ailleurs, si les horaires sont largement contraints par ceux de sa clientèle,
il est possible de profiter de la flexibilité qu'offre le fait de travailler
chez soi pour aller à son rythme. Pauline Etienne avoue s'octroyer régulièrement
une pause vers 17 heures, afin se changer les esprits. "Je commence souvent
mes journées de bonne heure le matin, vers 7 heures, ce qui me permet de
faire autre chose en fin d'après-midi, quitte à me remettre au travail
ensuite." Seul impératif, selon Véronique Chambaud, "se
fixer des horaires réguliers et des normes afin de se mettre en condition".
Canaliser son entourage
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"Il est impératif de se fixer des horaires réguliers afin de se mettre en condition"
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Travailler chez soi change aussi le regard de l'entourage. La famille doit
être bien informée des impératifs de votre activité
et des règles simples doivent être mises en place. "Il faut
de la pédagogie et expliquer que c'est une question de respect", estime
Véronique Chambaud. Se couper du monde pendant certaines plages horaires,
ne pas répondre systématiquement aux appels personnels, et rappeler
si besoin que travailler chez soi reste bel et bien une activité à
temps plein.