Auparavant secrètes, les rémunérations des top dirigeants
sont aujourd'hui visibles de tous, pour autant qu'on prenne la peine de parcourir
les rapports annuels des entreprises concernées. Une avancée permise
par la loi relative aux nouvelles régulations économiques de 2001
(NRE). Deux motivations à cela : la montée des préoccupations
liées à la gouvernance d'entreprise d'une part et une volonté
d'améliorer la transparence des sociétés faisant appel à
l'épargne publique d'autre part.
Cette évolution vise à augmenter l'information des actionnaires
en leur fournissant, non seulement le montant des salaires perçus, mais
aussi les jetons de présence, compléments de retraite, bonus et autres avantages
en nature accordés. Depuis 2005, les parachutes dorés et autres engagements
liés à la cessation de fonctions apparaissent également dans les rapports
de gestion.
Suite à cette mini-révolution, les scandales ont fleuri
: le départ à la retraite de Lindsay Owen-Jones en 2006,
dont le salaire annuel de 6,6 millions d’euros a fait du bruit : l'ex-PDG
de L'Oréal est devenu le retraité le mieux payé de France
avec une pension annuelle de 3,4 millions d'euros. Lors de son départ,
Daniel Bernard, PDG de Carrefour, avait également déclenché
des contestations en s'octroyant un golden parachute de 40 millions
d'euros. Jean-Marie Messier faisait alors office de petit joueur avec
seulement 20 millions. Petit détail : son entreprise était
alors au bord du gouffre... Idem pour Serge Tchuruk : l'ex-PDG d'Alcatel
est parti avec 5,6 millions d'euros d'indemnités malgré un
cours de bourse en chute libre de 35 %. De quoi agacer certains petits porteurs.
Plus récemment, Antoine Zacharias a fait les choux gras de
la presse, après s'être fait limoger pour avoir été
trop gourmand (la goutte d'eau qui a fait déborder le vase : sa demande
de prime de 8 millions d'euros pour le rachat réussi de la société
ASF).
| | Le
top 5 des plus fortes rémunérations du Cac 40 |
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| | Dirigeants | Entreprise | Montant
perçu * | Evolution de la rémunération
sur un an | Evolution du résultat opérationnel | |
| | Bernard Arnault | LVMH | 4,1
m€ | + 2,3 % | + 23,9 % | |
| | Henri de Castries | Axa | 3,8
m€ | + 19,1 % | + 21,0 % | |
| | Jean-François Dehecq | Sanofi-Aventis | 3,4
m€ | + 9,1 % | + 67,2 % | |
| | Baudouin Prot | BNP-Paribas | 3,3
m€ | + 21 % | + 28,2 % | |
| | Daniel Bouton | Société
Générale | 3,3 m€ | + 3,8 % | +
22,4 % | |
|
| * hors
stock-options Source : rapports annuels / 2006 |
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