Rémunération des dirigeants

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A partir de quel montant la rémunération d'un dirigeant est-elle excessive : au-dessus de 4 millions, 5 millions ? Raisonner dans ces termes présente peu d'intérêt tellement il est difficile savoir à quels indicateurs rapporter ce chiffre. Balayons quelques idées reçues.

 

En France, les patrons sont moins bien payés qu'ailleurs

"Les patrons français sont plus exposés au risque"

L'idée couramment répandue que les patrons français gagnent moins bien leur vie que leurs confrères étrangers paraît peu fondée. Dans l'Union européenne, les dirigeants français sont les mieux payés derrière les Anglais. Devant eux se trouvent les Suisses et les Américains. Au quatrième rang mondial, les patrons de l'Hexagone ont donc fort peu de raisons de se plaindre. A une nuance près, que Sylvain Perrier, consultant en rémunération des dirigeants chez Towers Perrin, soulève : "en France, les patrons sont beaucoup payés en intéressement à long terme, ce qui représente un gain potentiel. Ils sont de ce fait plus exposés au risque." En effet, l'intéressement à long terme (actions gratuites et stock-options) représente près de la moitié de leur rémunération globale.

 

Comparaison internationale
 
Comparaison internationale par type de rémunération © Towers Perrin - mai 2007
 

Par ailleurs, les fortes rémunérations sont plus visibles que les autres car, comme ironise Xavier Fontanet, PDG d'Essilor, "l'honnêteté n'est pas spectaculaire, c'est pourquoi elle n'est pas médiatisée." Ce à quoi Sylvain Perrier ajoute : "il est toujours plus facile de se comparer à ceux qui gagnent plus. Or il est évident que le top 10 des patrons français les mieux payés gagneront toujours moins que le top 10 des patrons américains." De quoi entretenir un sentiment infondé.

Quant à l'argument couramment usité d'un risque de fuite des cerveaux, Thierry Aimar fait le constat suivant : "empiriquement, il y a peu de demande étrangère pour des dirigeants français...".

 

Les patrons touchent des rémunérations de plus en plus élevées

"Aucun PDG n'a vu son salaire baisser"

Les émoluments des patrons des 120 plus grosses entreprises françaises ont baissé de 7,5 % en 2006, selon les résultats d'une étude de la société de conseils des investisseurs Proxinvest. La rémunération moyenne d'un dirigeant du SBF 120 n'est ainsi plus que de 2,9 millions d'euros (soit environ 190 Smic), salaire, actions gratuites et options incluses. Pour les dirigeants du Cac 40, elle est de 4,4 millions d'euros (290 Smic), en baisse de 8,4 %. La crise boursière et les scandales ont ramené les chiffres à des proportions plus raisonnables. Pourtant, Sylvain Perrier reste sceptique : "les rémunérations fixes ne sont pas vraiment à la baisse. Si la moyenne chute, c'est essentiellement dû à un phénomène d'échantillon : certains PDG à très haut salaire sont partis à la retraite et de nouveaux, plus jeunes, sont arrivés, avec des niveau de rémunération moins élevés. Mais aucun PDG n'a vu son salaire baisser !"

Les résultats de l'étude Proxinvest montrent par ailleurs que, si les salaires sont peu touchés par cette baisse globale, les dotations en stock-options reculent franchement depuis 2002.



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