En finir avec les poncifs du management De la difficulté d'écouter

Il est plus difficile d'écouter que de parler

 

« Les obstacles rencontrés.

L'écoute peut être aussi une expérience dérangeante. Nous avons tous besoin de voir le monde de certaines façons, et lorsque nous écoutons réellement, de façon à comprendre la perspective de l'autre personne, nous risquons d'êtres changés nous-mêmes. De même, l'écoute des autres signifie qu'on doit contrôler son propre instinct de défense, sa propre impulsion à vouloir changer les autres. Cela demande un degré de conscience de soi, et même d'autocritique, qu'il n'est souvent pas facile de supporter.

L'écoute exige ouverture, confiance et respect, qualités difficiles à maintenir et rarement manifestées de façon uniforme, même par les auditeurs les plus expérimentés. C'est plus une attitude qu'un talent acquis. La meilleure façon d'écouter ne vient pas d'une technique mais de l'intérêt authentique porté à ce qui compte réellement pour l'autre personne. Ecouter, c'est bien plus que d'attendre patiemment que les gens aient fini de parler.

Pour les cadres, l'écoute pose un dilemme spécial. La recherche nous dit que les gens ont plus de chances de changer quand on inverse le flux de communication, c'est-à-dire lorsqu'on ne parle plus aux gens mais qu'ils ont eux-mêmes l'occasion de parler. Et pourtant l'opinion courante persiste, selon laquelle nos leaders doivent être de grands communicateurs, inspirant et réussissant à cause de leur capacité à parler et non de leur capacité à écouter. Il peut être difficile pour les cadres de concilier ces exigences contradictoires. »

 

Extrait de En finir avec les poncifs du management, Richard Farson, Editions Maxima, Mai 2008, p.80-81.

 

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