En finir avec les poncifs du management Les compliments sont inefficaces

Les compliments ne motivent pas les gens

 

« Le compliment peut, en fait, être perçu comme une menace.

Observez comment les gens réagissent aux compliments. Ne sont-ils pas souvent mal à l'aise ou gênés ? Une réaction très courante est un démenti ou un refus vague : "je n'y ai vraiment aucun mérite" ou "C'est vous qui le dîtes." Faites l'éloge d'une maison ou d'un jardin et son propriétaire peut s'empresser d'en souligner les défauts ; complimentez un employé pour un projet et cette personne se hâte parfois de minimiser le rôle qu'elle y a joué. Cette attitude défensive est renforcée, bien entendu, lorsqu'il s'agit d'un éloge gratuit ou immérité.

"L'éloge est une évaluation et le fait d'être évalués, jugés, nous met mal à l'aise"

Les gens réagissent de façon défensive parce que dans les compliments il peut y avoir une menace. Après tout, l'éloge est une évaluation et le fait d'être évalués, jugés, nous met mal à l'aise - même si l'évaluation est positive. En plus de cela, quand on loue les gens, on essaie souvent de les motiver, de les faire bouger dans un certain sens, de les changer. La menace du changement est presque toujours dérangeante.

 

Au lieu de rassurer les gens sur leur valeur, l'éloge peut être une façon de marquer votre rang à leur égard.

Faire des éloges établit le fait que vous êtes en position de juge. Un manager qui évalue un employé doit y être sensible. Même si l'évaluation est positive, il se peut qu'en fin de compte l'employé se sente diminué s'il apparaît que le manager ne fait que renforcer sa propre position.

 

Il est intéressant de noter que lorsque le travail d'un individu prestigieux est vanté par une personne de peu d'importance, cela est souvent considéré comme présomptueux ou même insultant. Si un quidam avait dit à Picasso, "Vous êtes un très bon peintre", ce compliment n'aurait sans doute pas été particulièrement apprécié. Pour être acceptable, l'éloge doit être rendu d'une manière qui respecte la différence de position : "J'adore votre peinture."  »

 

Extrait de En finir avec les poncifs du management, Richard Farson, Editions Maxima, Mai 2008, p.84-85.

 

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