Managers : trouvez le juste milieu avec votre équipe Quand ça dérape...

Les signes qui ne trompent pas

Dans ce perpétuel exercice d'équilibriste, le manager a besoin de repères pour savoir si la ligne rouge n'a pas été franchie. Les dérapages des collaborateurs par rapport aux codes établis par l'entreprise sont révélateurs : des horaires de moins en moins respectés ou une tenue vestimentaire de plus en plus négligée par exemple. "La manière que le collaborateur a de s'adresser à vous peut en dire long : se tutoyer est tout à fait possible mais un tutoiement qui ramène le manager au simple rang de collègue n'a pas lieu d'être, explique Gérard Pavy. S'il se met à prendre des décisions tout seul, s'il se rend à des réunions sans prévenir, d'une manière générale s'il commence à fonctionner comme si vous n'existiez pas, c'est qu'il vous perçoit comme 'trop sympa'." Il faut alors réagir, au risque que son comportement fasse tâche d'huile dans l'équipe.

 

Le bon état d'esprit pour recadrer

Réagir, c'est recadrer. Cela peut être difficile si la relation est entre-temps devenue d'égal à égal. Le collaborateur risque de ne pas comprendre un tel revirement. Le recadrage prendra alors plus de temps à être expliqué et laissera plus de séquelles dans la relation. Cette remise au point est évidemment grandement facilitée si le manager a pris la peine, à son arrivée, de fixer le cadre. Pour Gérard Pavy, ces dérapages sont accentués si le manager n'adhère pas totalement aux objectifs de l'entreprise. "Il est alors exposé à deux risques : le premier est de se constituer un masque par peur d'être piégé par ses collaborateurs. Le second est au contraire de mettre les objectifs de côté et de ne plus chercher que l'approbation de ses équipes." Pour recadrer, il s'agit donc de se remémorer d'abord les missions qui sont les siennes et que l'on avait pu oublier dans la relation au jour le jour.

 

Face aux difficultés personnelles

Il est un cas particulier délicat pour le manager de proximité : celui du collaborateur qui connaît des difficultés d'ordre personnel, qui altèrent son travail et sa manière d'être. "Il faut se garder de tomber dans la compatissance, assure Olivier Georgin. Au contraire, il faut lui signifier la dégradation de son travail et réaffirmer le niveau d'exigence. Cela peut paraître assez dur mais au final, cela aide le collaborateur à ne pas se laisser aller sur tous les plans, personnels et professionnels. Cela l'aidera à s'en sortir." Seul le manager de proximité, parce qu'il n'est pas un 'collègue-ami' mais qu'il connaît très bien la personne, pourra jouer ce rôle d'électrochoc.

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