Bien sûr, lorsque l'on vient d'essuyer un échec, il ne faut pas imaginer passer outre ces moments d'abattement au cours desquels on a l'impression de ne plus avoir d'espoir, ni le courage de repartir. Mais ces moments d'abattement "normaux" sont à distinguer de sentiments plus dangereux de culpabilité et de vindicte, son contraire, qui eux, nous entraînent dans une spirale paralysante.
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| | Après un moment d'abattement, il faut savoir prendre du recul et positiver. © Getty Images | |
Cette situation concerne notamment les créateurs d'entreprise contraints de déposer le bilan : situations tendues avec les salariés, mépris des banquiers et des assureurs-crédits, colère des créanciers, attaques des confrères et de la presse, procédures judiciaires... Thierry Jallon, co-créateur de l'association Re-créer et auteur du livre "7 étapes pour rebondir après une crise", dresse une longue liste des situations génératrices de souffrance que vit un chef d'entreprise lors d'une faillite. "Il est totalement indispensable d'évacuer au plus vite tout ressentiment ou tout sentiment excessif de culpabilité qui consciemment ou inconsciemment mobilisent l'énergie nécessaire à notre rebond".
Plus généralement, cette spirale de culpabilité et de vindicte est liée à cette perception qu'il s'agit d'un échec personnel. Déculpabiliser ne signifie cependant pas que l'on n'assume pas ses responsabilités. C'est simplement, pour Thierry Jallon, "une nouvelle étape de notre vie et nous avons le droit à la paix comme tout individu, et ce même si nous avons commis des erreurs qui ont eu des conséquences lourdes pour autrui".