Crèche, conciergerie, fitness… La recette du bien-être ?

Les nouveaux services proposés par les entreprises à leurs collaborateurs sont parfois une bonne réponse pour améliorer les conditions de travail, mais relèvent souvent de la surenchère. Et si les vrais besoins des salariés étaient ailleurs ?

Disposer d’une crèche sur son lieu de travail, d’une salle de gym, d’un service de conciergerie ou d’un masseur devient monnaie courante dans certaines entreprises aujourd’hui. On nous dit que ces services permettent de rendre les salariés plus heureux et de fidéliser les talents, et c’est certainement vrai. Dans l’absolu, qui se plaindrait de pouvoir bénéficier d’un massage entre deux rendez-vous au bureau ? Pour autant, proposer ce type de soins ne répond pas forcément aux desiderata des collaborateurs. Leurs vrais besoins, ou tout du moins les plus pressants, sont souvent ailleurs.
Qu’est-ce qui compte pour les occupants de bureau ? Leurs priorités sont relativement ‘basiques’ : quoi qu’on en pense, le confort de travail vient en premier dans les sondages ! Il s’agit donc de confort thermique, de confort acoustique (quelle horreur que de travailler à côté de voisins bruyants !), de lumière, d’ergonomie du poste… Lorsqu’on interroge les personnes qui travaillent en open space, on s’aperçoit que c’est le traitement de la sphère individuelle qui leur importe le plus. La possibilité de personnaliser leur espace de travail selon leurs envies pour recréer un univers personnel, la surface de leur plan de travail, la distance avec le voisin… voilà ce qui compte à leurs yeux !
Au-delà de la notion de confort, on s’aperçoit que les salariés sont sensibles à la modularité de leur environnement de travail. En clair, ils apprécient la possibilité de travailler - en fonction de leurs humeurs et de leurs tâches - à leur poste de travail mais aussi dans une salle de réunion, dans des espaces d’échange informels, à la cafétéria… Et il est possible de trouver des réponses spatiales à ces besoins fonctionnels. L’entreprise peut tout à fait adapter aujourd’hui son cadre de travail pour permettre à chacun d’exercer cette liberté.
Nous manquons encore souvent d’ouverture d’esprit dans ce domaine. N’est-il pas logique d’avoir un espace de travail qui soit cohérent avec les besoins de chacun, qu’ils soient pour des activités individuelles ou collectives ? L’open space tel que nous l’avons connu – un espace complètement ouvert – a vécu. Il ne convient pas à toutes les cultures d’entreprise. Mais il existe maintenant des façons de pallier ses défauts : en créant, en marge de l’espace ouvert, un espace silence par exemple, où le téléphone est interdit et il est possible de se concentrer sans difficulté. Ou en installant à côté de l’open space des cabines téléphoniques pour offrir à chacun le confort de s’isoler le temps d’un appel personnel, sans pour autant déranger le voisin.
Nous nous sommes focalisés sur le « fonctionnement collectif » ces dernières années, ne négligeons pas la dimension individuelle. Loin de moi la tentation de revenir à l’ère pré-open-spacique. En revanche, le respect de la sphère individuelle me semble devoir être réaffirmé dans l’entreprise. L’explosion des risques psychosociaux comme des contentieux salarié-employeur le montre bien : un salarié qui perd ses repères au bureau et ne se sent pas respecté perd progressivement le lien avec son employeur. Là où certains versent dans le mode compensatoire, il me paraît important d’investir dans le poste de travail.
Un bémol. Quels que soient les aménagements et les améliorations pratiquées, leur succès reste conditionné par l’adhésion des managers. Avoir un sauna à disposition c’est formidable, sauf quand votre manager fait la moue dès que vous vous présentez la serviette sous le bras !

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