5 principes pour piloter sereinement votre activité

Que ce soit en période de crise ou de croissance, la capacité à conserver les pieds sur terre dans la gestion de son entreprise permet d’éviter ces erreurs qui préparent des crises souvent plus profondes et plus fatales.

Voici 5 principes qui vous permettrons de ne pas dévisser face aux réalités du quotidien

1) Ne pas abandonner ses premiers amours

Il est rare que votre cœur puisse vous tromper. Au tout début de votre aventure entrepreneuriale, il y avait ces choses qui vous passionnaient et qui vous ont permis de prendre le bon élan. Nous sommes souvent pris au piège de la maturité apparente qui nous fait penser que ce n’était que des amours de jeunesse ou que c’était une naïveté qui ne s’expliquait que par le fait que nous y croyions trop et que nous pensions que les choses allaient être faciles. Pour ce que je sais, je pense que ceci est un gros piège parce que le pire qui puisse arriver à un entrepreneur, c’est de perdre son enthousiasme des ‘’débuts’’.
Il n’y a que cet enthousiasme seul qui ait pu lui permettre de penser en ces moments que rien n’est impossible. En effet, pour réaliser le miracle entrepreneurial, nous avons besoin de continuer de rêver, de « continuer d’avoir soif, de continuer d’être fou » (Steve Jobs). Ce qui vous passionnait reste d’actualité, ces valeurs auxquelles vous croyiez restent d’actualité. Elles sont difficiles à vivre mais elles restent d’actualité. De toutes les façons, si elles ne sont pas intemporelles, elles n’étaient pas des valeurs…solides.

2) Ne pas trop s’écarter de son cœur de métier

Il y a un risque à abandonner ce qu’on sait faire de mieux pour travailler à faire ce que l’autre fait de mieux. Vous ne pouvez pas survivre en courant la course d’un autre sur une piste qu’il a tracée. C’est vrai qu’il y a des moments où la tentation couplée de la désuétude de ce qu’on pratique comme métier pousse à s’écarter de son cœur de métier.
Mais c’est parfois une mauvaise définition de ce qu’on pourrait appeler le cœur de métier qui conduit plus à cette tentation. Si un entrepreneur qui réalise des projets d’habitation pour des particuliers dit que son métier c’est de construire des maisons pour les particuliers, il risque de fermer porte à la fin de l’expansion immobilière qui aura été à la base de son essor. Mais s’il  dit que son métier c’est d’assurer « confort, sécurité et un chez soi » à ses clients, il construira de nouvelles maisons certes, mais il pourra travailler à optimiser et à rénover des habitations existantes en apportant ces trois valeurs ajoutées aux clients qui en ont déjà. En se définissant ainsi, il ne fera pas qu’élargir son potentiel en matière de clientèle, mais la fin des nouvelles constructions ne sonnera pas la fin de son business.

Ne pas délaisser la vache à lait « historique »

Sous prétexte que l’activité de base a atteint un plateau après plusieurs années de croissance et que si on souhaite gagner davantage d’argent il faudra penser à se lancer dans de nouvelles aventures, nous faisons vite de délaisser ce qui nous a permis jusque-là d’avoir à chaque fois du « lait ». Dans une certaine mesure, c’est faire preuve de myopie que penser que ce qui marche actuellement va continuer de marcher et ne prendre aucune disposition pour prévoir la prochaine vache à lait. C’est classique en matière de stratégie et il n’y a rien de mal à procéder ainsi.
Pour ce que j’ai vu certains de mes clients faire (les pharmaciens par exemple), c’est qu’ils se lancent dans l’immobilier pour améliorer leur patrimoine mais c’est en misant sur les revenus générés par la pharmacie qu’ils développent les autres activités. Ce qui arrive trop souvent, c’est que les activités (hors activités ordinaires) deviennent si absorbantes en temps, en argent et en énergie qu’ils ne consacrent que très peu de temps à la pharmacie (à la vache à lait). Lorsqu’ils comprennent assez tôt, ils savent revenir aux fondamentaux. Mais lorsqu’ils s’échinent à sauver ce qui est dehors, la maison-mère délaissée finit par s’écrouler et ils doivent recommencer à zéro.

3) Savoir retourner/rester collé aux fondamentaux dont l’humilité

L’efficacité en gestion des affaires peut ne tenir parfois qu’à quelques fondamentaux dont la passion pour le client, le leadership et l’humilité, la traçabilité, l’intégrité et la transparence (comptable et financière), la reddition de compte, la valorisation de ses hommes, la frugalité, la prise de risques calculés…Lorsque le business commence à marcher et que nous commençons à atteindre de nouveaux caps, nous avons vite fait d’oublier ces fondamentaux. Nous oublions les valeurs qui nous ont aidés à assurer les bases de notre excellence. Nous commençons à penser que nous sommes forts à cause de nous-mêmes et non à cause de ces fondamentaux. Nous épousons de nouvelles « fausses » valeurs et bienvenue les dégâts. Les entrepreneurs malins savent rapidement retourner à ces fondamentaux pour reprendre le chemin parce qu’ils savent que quel que soit ce que vous êtes devenus, vous ne pouvez pas vous permettre de violer ni d’oublier ces fondamentaux-là…

4) Continuer de faire ce que ces clients aiment

Le pire qui puisse vous arriver, c’est que les clients ne se retrouvent plus dans ce que vous offrez.  L’innovation, si c’est de cela qui s’agit, doit permettre de continuer de contenter ses clients. A moins que votre objectif soit de changer de cible ou de vous recentrer, vous ne pouvez pas vous permettre de ne pas continuer d’offrir ce en quoi vos clients se retrouvent, ce qu’ils aiment.
Ce qui est paradoxal avec les clients, c’est que lorsqu’ils aiment un produit, ils se l’approprient et en font leur chose. Ils l’aiment tel que vous l’avez toujours servi et à moins de l’améliorer dans le sens de ce qu’ils aiment, ils ne vous pardonneront pas de « changer leur produit ».

5) Continuer d’essayer de nouvelles choses afin de renforcer ses bases

Ce n’est pas parce qu’il faut rester collé aux fondamentaux, qu’il faut continuer de faire ce que vos clients aiment que vous allez « mourir de la peur d’innover ». Vous devez innover pour renforcer vos bases. Vous devez anticiper sur les besoins futurs de vos clients pour proposer des avantages que le produit actuel n’offre pas avec pour objectif de renforcer ce qu’ils aiment déjà et de pallier leurs insatisfactions actuelles. Le principe est très simple : vous innovez pour contenter le client et si une innovation ne lui plait pas, vous la retirez immédiatement.
S’il y a un aspect qui lui plait vous l’intégrer à votre offre, renforçant la valeur que vous lui apportez et ainsi de suite. Lorsqu’on ne procède pas ainsi, ce sont les mêmes clients qui se lassent et se laissent attirer par les propositions d’à côté.

Autour du même sujet