Du leadership intelligent : comment faire grandir l’individu dans l’entreprise

Alors que le concept de leadership est mis à mal par les récents travaux du professeur Spicer, il est temps de nous (ré)interroger sur notre manière de concevoir un bon leader. Laissons de côté nos rêves de pouvoir et remettons le savoir au cœur de l'entreprise.

Les résultats des travaux d’André Spicer, professeur à la Cass Business School ont créé un mini-séïsme dans la blogosphère RH. Selon lui, le leadership pourrait entrainer une démission de l’intellect dans la manière dont il est pratiqué. Il ressort de cette étude que bon nombre de salariés et de dirigeants cesseraient de réfléchir sur le fond lorsque le cadre managérial ne leur permettrait plus de valoriser leur pensée. Ainsi, monsieur Spicer nous invite-t-il à repenser le management d’équipe et à nous (ré)intérroger sur la notion de leadership.

En 2014, que signifie être un bon leader ?

Être un bon leader est en de nombreux points semblable à être un bon parent. Il faut avoir une vision qui repose sur des valeurs et garder toujours à l’esprit que la finalité n’est pas de créer une relation de dépendance mais bel et bien de développer l'autonomie.
Dans l’entreprise, l’autonomie ne peut s’acquérir que si :
  • le collaborateur sait pourquoi il accomplit ses missions. Il est important de donner du sens aux actions. Il ne faut donc jamais sous-estimer le temps consacré à la présentation et à l’explication des objectifs,
  • le collaborateur évolue dans un cadre propice au développement de sa confiance en lui. Il est essentiel de croire en ses équipes, de les motiver et les féliciter dans une démarche sincère et profonde,
  • le collaborateur a un espace de liberté pour se poser des questions et échanger. Les délais courts imputés à l’exécution des tâches sont souvent un frein à la réflexion. Il faut à tout prix préserver cet espace de réflexion propice à l’échange. Ne vous braquez pas lorsque certaines de vos directives seront remises en question. Ouvrez un débat et argumentez. Vos collaborateurs se sentiront écoutés et vous aurez grâce à eux, une autre vision de la situation qui pourra bien souvent servir votre action.
Le leadership ne doit pas répondre à un fantasme inavoué de toute puissance. Si vous souhaitez flatter votre égo, passez votre chemin, la voie du leadership n’est pas pour vous. Si vous croyez profondément aux ressources de l’humain, en la complémentarité des individus alors vous découvrirez qu’il existe une joie plus grande à celle d’un égo fort : la satisfaction de dessiner jour après jour un cadre où les individus avancent dans la même direction, tout en mettant leur singularité au service de cette vision.
 
Le leadership, dans un monde qui incite sans cesse à l’individualisme, se doit d’être une démarche profondément altruiste. Là où les failles du système éducatif sont pointées du doigt, où la religion a du mal à rassembler et où bon nombre de familles démissionnent face aux difficultés rencontrées par leurs enfants, faisons de l’entreprise un endroit où l’on redonne du sens, où l’on insuffle des valeurs, où l’on apprend à l’individu à grandir.
 

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