Pas de leadership sans humilité

Les leaders qui ressentent le besoins d’avoir raison, celui d’imposer leur volonté et qui se gargarisent de leurs responsabilités recrutent rarement des collaborateurs dont la personnalité concurrence naturellement la leur.

  • Le monde a changé et le leadership dans son sillage. Le leadership signifie, par conséquent, « amener les gens là où ils n’iraient pas autrement ». La capacité à susciter le changement, l’attention portée au client et la capacité à stimuler l’innovation sont des qualités qui revêtent de l’importance parmi celles recherchées chez un leader. Cependant, au cours des entretiens constants avec des leaders accomplis, outre les caractéristiques précédentes, une qualité particulière est mise en avant : l’humilité.
Selon le dictionnaire, l’humilité est définie comme étant généralement une opinion modeste de soi-même et plus spécifiquement le refus de concevoir une opinion orgueilleuse de sa position et/ou son statut. Selon C. S. Lewis « L’humilité ne signifie pas avoir une moins bonne opinion de soi mais moins penser à soi ».
Il ressort clairement que plus un leader s’érige sur un piédestal, moins il est en mesure, littéralement, de regarder ses interlocuteurs dans les yeux, plus il lui est donc difficile de bâtir la confiance et de fait, plus il devient problématique d’obtenir des personnes qu’elles adhèrent au « pourquoi » de la chose. L’arrogance, un sentiment de suffisance, de puissance dérivée de la définition formelle du rôle, peut flatter l’ego, mais dans le monde actuel, ce sentiment n’a clairement pas grande chose à voir avec le leadership.
En comparaison, les leaders qui font preuve d’humilité....
  • recrutent des personnes meilleurs qu’eux-mêmes/différentes d’eux-mêmes
Les leaders qui ressentent le besoin d’avoir raison, celui d’imposer leur volonté et qui se gargarisent de leurs responsabilités recrutent rarement des collaborateurs dont la personnalité concurrence naturellement la leur. Inversement, les leaders qui se montrent humbles s’efforcent de recruter des collaborateurs plus performants qu’eux.
  • n’hésitent pas non plus à reconnaître leurs limites et s’attachent à trouver des membres d’équipe capables de combler/pallier leurs lacunes.
  • Comprennent que le leadership n’est pas un droit ou une fonction due à un titre. Les leaders qui font preuve d’humilité reconnaissent que guider une équipe est un privilège qui doit être gagné chaque jour. C’est une occasion de servir qui repose en grande partie sur la volonté, le respect et la confiance de ceux qui acceptent de suivre. Est-ce important ? C’est important lorsque la complexité, la nécessité d’une portée internationale et la rapidité des évolutions font que personne (on dit bien personne) ne peut répondre à ces défis tout seul. C’est important lorsque l’accès à la technologie et au savoir-faire implique que le chef d’équipe est loin d’avoir toute autorité en la matière. C’est important lorsque le talent de la génération Y et leurs jeunes frères et sœurs doivent être pleinement exploités et que leur épanouissement personnel doit évoluer rapidement.
  • Managent plus et dirigent moins. Être humble signifie que le leadership ne se cantonne jamais à la réussite ni à la réputation personnelle du leader. Les leaders qui font preuve d’humilité interviennent en faveur de leurs collaborateurs. Ils savent renverser la vapeur lorsque les objectifs de leur équipe ne sont pas clairs. Quand il s’agit de parler du pouvoir et lorsque les questions difficiles doivent être posées, ces leaders savent répondre présents. Communication vers le haut : ils sont prêts à délivrer un message ferme. Communication vers le bas : ils se focalisent sur le résultat, le défi, la satisfaction de la victoire et plus particulièrement, sur ce qui doit être accompli et non sur ce qui ne va pas.
  • Donnent envie aux autres de livrer le meilleur d’eux-mêmes. L’humilité est un lien constant qui anime chaque acte d’un leadership mobilisateur. La raison est la suivante : pour inspirer les autres, vous devez d’abord être vous-même inspiré. C’est une étincelle allumée non par l’intérêt personnel, comme certains pourraient prétendre, mais par un défi sensé et en réponse à la question « Comment puis-je faire la différence ? ». les autres emboitent le pas lorsqu’ils partagent ce sentiment, lorsqu’ils connaissent la direction tracée, lorsque l’effort en vue du résultat souligne chaque action de l’équipe, lorsque le développement  et la croissance sont des priorités et lorsque le dialogue permanent atteste l’attention portée par le leader. Les membres d’équipe sont inspirés lorsque leur mission change la vie des gens, lorsque la direction est tracée si nettement que chaque individu peut se projeter vers demain, lorsque le leader affiche la conviction des réalisations futures (et non des espoirs ou suppositions), lorsque le leader nourrit un réel désir d’apprendre et lorsque la simplicité, l’engagement et le sens de l’urgence sous)tendent constamment les actions entreprises.
  • Écoutent. Écouter signifie avant tout savoir créer un contexte propice pour que votre interlocuteur vous parle à cœur ouvert. D’une perspective de leader, cela implique de l’authenticité, l’acceptation de sa propre vulnérabilité et le cas échéant, de l’autodérision. Écouter signifie faire passer les besoins des autres avant les siens. Cela signifie abandonner la moindre envie d’apparaître comme ou de vouloir être la personne la plus intelligente de la pièce. Cela signifie savoir avouer « je ne sais pas » ou « j’avais tort ». Cela signifie, lorsque les circonstances l’exigent, savoir présenter ses excuses les plus sincères. Cela signifie agir selon la conviction que chaque conversation est une formidable occasion d’écoute.
  • Instillent un sentiment de fierté à l’égard des points positifs. Être humble, c’est savoir féliciter les autres. C’est mettre en lumière la réussite de ceux qui ont accompli leur travail.
    C’est aussi aider ses collaborateurs à se libérer de la cécité qu’engendrent le sentiment d’infériorité et leur permettre de voir au-delà de ce qu’ils pensaient possible. C’est reconnaître que la carte la plus puissante à jouer pour un leader consiste à surprendre ses collaborateurs en train de bien faire.
  • Prennent le temps de coacher. Le coaching est une action désintéressée qui puise sa motivation dans le désir de servir. Qu’il s’agisse de coacher une équipe ou de passer du temps avec une personne, l’humilité constitue l’essence même du coaching. Coacher, c’est diriger tout d’abord en donnant l’exemple. C’est incarner (magnifier) les valeurs de l’entreprise. C’est identifier le moment propice au coaching. C’est cesser d’être le flic et apprendre à être le meneur. C’est influencer la conversation en étant véritablement présent. C’est comprendre que la conviction du coach devient la perception du coaché. C’est s’interroger sur sa propre part de responsabilité dans le problème. C’est reconnaître que le coaching va au-delà de la simple résolution d’un problème : il s’agit de façonner le résultat en posant les bonnes questions et non en distribuant des conseils. C’est assurer le suivi. C’est être prêt à être soi-même coaché. Décréter, demander, contraindre, proférer une menace voilée et avoir besoin de contrôler sont autant d’actes de manipulation. La manipulation est en fin de compte le royaume des personnes anxieuses et de celles qui manquent d’estime personnelle.
  •  Aspirent à la nouveauté. Être humble, c’est savoir quitter son refuge passé et naviguer vers les risques de l’inconnu. C’est se détacher des bonnes vieilles recettes à succès. C’est prendre des risques, reconnaître qu’une sagesse intuitive fondée sur l’expérience est une ressource précieuse et que savoir identifier le moment et la manière de laisser le champ libre est la marque véritable d’un leadership maitrisé.
Être modeste ne veut pas dire manquer de confiance en soi. Se mettre en retrait pour laisser les autres monter sur le podium n’induit en aucun cas un manque de détermination à gagner. L’absence d’arrogance n’équivaut pas à un manque de fierté. Etre humble n’a rien à voir avec hésitant, en retrait ou lent à agir. Cela n’implique pas non plus un manque de force mentale et/ou d’assurance.

Qu’il s’agisse d’une idée, d’un produit, d’un service ou de nos propres mérites, pour avancer dans la vie, nous devons tous apprendre à vendre. Les formations classiques relatives à la vente se bornent à souligner les caractéristiques et les avantages. « Achetez nos produits, car nous sommes meilleurs que nos concurrents. » Sur un mode plus éclairé et de ce fait plus fructueux, les tactiques de vente évitent dorénavant les mots « Je » et « Nous » et placent le client au cœur du processus. Autrement dit, ce que le client souhaite acheter est de loin beaucoup plus important que tout ce que nous souhaitons lui vendre. Le leadership éclairé suit la même voie : il ne s’agit pas de moi, il s’agit de bâtir une synergie de groupe.
Un jour, lors d’une visite d’un lac bien connu, propice à la pêche. Le guide arborait une veste impressionnante affichant une collection de prix de pêche et de victoires remportées en compétitions. Malheureusement, il était justement toujours en compétition et chaque bon coin, appâtait en premier.
Il va sans dire qu’il a non seulement pêché plus de poissons que tout le monde mais qu’il a aussi aligné le meilleurs temps. Personne n’y est jamais retourné !
Interrogeons-nous, dans un monde incertain et agité, qui choisirions-nous de suivre ? Un guide humble et réellement mobilisateur ou quelqu’un qui appâte toujours en premier, difficile à approcher, qui commence toute ses phrases par « Moi, je » et dont le besoin de passer devant tout le monde sape l’énergie des autres pécheurs. Soyons humble !
 

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