Un seul mot d'ordre : épanouissez vous !

Réflexions sur l’épanouissement par les études et le travail.

Depuis l’âge de 18 – 19 ans où j’étais Moniteur au Centre Saint-Yves de la Faculté de Droit de Paris et très modestement Professeur auxiliaire d’Histoire-géographie, ou chargé de conférences dans des Maisons des Jeunes et de la Culture, chaque année j’ai dialogué avec mes élèves et auditeurs sur le thème de l’épanouissement personnel par les études et le travail.
Maintenant aux cours du soir de l’Association Philotechnique (la plus ancienne de nos associations d’éducation populaire, fondée en 1848), j’ai des publics de 18 à 78 ans (parfois plus… mais toujours très jeunes d’esprit !).
Entre temps, j’ai eu de nombreuses occasions de dialogues avec des élèves et stagiaires de tous niveaux, à l’Université, au Service de formation continue de grandes écoles comme Sciences Po, ou encore au CNED (niveaux modestes) et au CNAM (enseignements pour le Certificat supérieur juridique et fiscal des experts comptables – années 1970 à 1990).
Voici des éléments de nos dialogues … à partir de quelques belles citations de Philosophie et Culture générale.

Les meilleurs auteurs ont montré les liens entre le travail et l’épanouissement personnel

La citation la plus célèbre est celle de Voltaire, dans Candide : « Le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin. »
Et Alexandre Dumas fils avait déclaré : « Le travail est indispensable au bonheur de l’homme : il l’élève, il le console, et peu importe la nature du travail, pourvu qu’il profite à quelqu’un : faire ce qu’on peut, c’est faire ce qu’on doit. »
Maurice Barrès avait affirmé : « Pour chaque être, il existe une sorte d’activité où il serait utile à la société, en même temps qu’il y trouverait son bonheur. »

Vous pouvez et devez d’abord, bien sûr, vous épanouir tout au long de vos études

Ensuite, ce sera dans votre vie professionnelle.
Pour cela, il faut notamment éviter de vous laisser aller au pessimisme, et avoir en permanence présentes à l’esprit les chances de votre vie.
Il faut aussi, bien sûr, être en bonne condition physique et intellectuelle. C’est pourquoi nous vous inviterons à bien réfléchir sur les clés de la forme… un thème abondamment traité par le JDN.

Quant au développement personnel et aux clés de la réussite, pensez aux célèbres « trois S » :

  • le savoir : les connaissances.
  • le savoir-faire : les aptitudes, les capacités, les compétences.
  • le savoir être : les attitudes, le comportement.

Réussir vos études

Conseils pour tous les âges et toutes les générations
Réussir ses études, c’est une longue préparation, une grande œuvre, qui s’étend sur plusieurs années. Ou même plusieurs décennies … d’ailleurs, le philosophe Gaston Berger, qui détient de loin le record de longévité comme directeur général des Enseignements supérieurs au Ministère de l’Éducation nationale, avait proclamé : « Achever ses études, quelle sotte expression ! ».
Et déjà Montaigne, dans ses Essais, avait observé : « Le gain de notre étude, c’est d’en être devenu meilleur et plus sage. »
Est-il possible de donner les mêmes conseils à tous ? A tous âges, à toutes les générations…
Au jeune collégien qui va entrer au lycée pour préparer le baccalauréat, au jeune bachelier qui va entrer à l’université pour préparer une licence ou un master, à tous ceux qui préparent des concours difficiles et même à l’adulte qui veut reprendre ses études ?
Oui, pour une bonne part, et nous voyons au moins deux grands points communs à toutes ces catégories de candidats :
  • les plus jeunes, à partir du moment où ils veulent bien travailler, font la preuve qu’ils sont déjà des adultes,
  • les adultes, s’ils veulent reprendre des études avec succès, doivent retrouver la vivacité et l’enthousiasme de la jeunesse.

D’où viennent les clés du succès ?

Certaines vous sont données dès votre naissance : ce sont vos dons naturels. Mais ces dons  eux-mêmes doivent se cultiver...
Les clés du succès se forgent quotidiennement. C’est à vous de les fabriquer année après année, jour après jour. Peu à peu, grâce à votre travail, vos acquis vont s’accroître. Il vous faudra veiller  à conserver ces acquis, à les actualiser, et à les valoriser.

Donnez un sens à votre travail

En remontant à l’Évangile, on trouve cette maxime d’interprétations variées : « A chaque jour suffit sa peine. » Elle est positive si elle couronne une bonne journée de travail, ou si elle constitue une sage précaution. Mais elle est négative si elle constitue une fuite devant le travail.
Selon beaucoup d’esprits chagrins ou pessimistes, “les Français n’ont plus le sens du travail”.
Ce jugement est certainement faux, ou en tout cas trop sévère, sur le plan collectif. À vous d’y réfléchir : vous trouverez de nombreux arguments et de multiples exemples pour prouver le contraire...
C’est en tout cas un excellent thème de discussion ! Et beaucoup de sujets de dissertation générale ont été donnés sur ce thème au cours des dernières décennies.
Bien entendu, il faut réfléchir aussi à une autre acception de l’expression “le sens du travail”.
Il s’agit de la perception que chacun a de son propre travail, de la tâche à accomplir, de son utilité sociale - et des perfectionnements possibles.
Le travail, le devoir et l’honneur étaient des maîtres-mots de nos anciens instituteurs, et ont fourni beaucoup de sujets de rédactions et de dissertations dans les collèges ou les lycées sous la IIIe République. C’était la belle époque de l’idéal républicain.

Voici quelques éléments de réflexion pour vous guider à partir de vos premières expériences...

Jusqu’à douze ou treize ans, un enfant a généralement du mal à donner un sens à son travail. Les devoirs et leçons sont souvent des corvées. Mais il attend des encouragements et des compliments de ses parents et de ses professeurs... car, pour une bonne part, il travaille pour leur faire plaisir. Si personne ne fait attention à lui, les résultats risquent de s’en ressentir.
Le premier impératif pour les éducateurs - parents et enseignants -
est donc d’aider l’enfant à bien comprendre l’intérêt de son travail. Mieux encore : l’aider à définir ses propres objectifs. Et lui montrer que l’on s’intéresse à ses résultats.
En chaque adulte, il est resté, pour une part, l’enfant qui attend que l’on s’intéresse à lui. Pour beaucoup, la famille compte toujours. Bien entendu, c’est aussi maintenant les supérieurs, les collègues, le public - la reconnaissance sociale au sens large.
Mais chacun doit aussi savoir s’estimer - et vouloir faire de son mieux et progresser. Ceci s’applique à la fois au domaine spécifique de votre travail, et à l’ensemble de votre personnalité et de vos activités.
Le sens donné à votre travail peut être en relation directe avec votre vocation : c’est la solution idéale. Il faut donc souhaiter à chacun de trouver un travail correspondant à sa vocation. À ce moment-là, tout devient plus facile.

Chacun a conscience de se réaliser tout en travaillant

A défaut, il faut chercher le maximum de motivations positives possibles - dans la valeur sociale du travail comme dans son apport sur le plan personnel.
Jean de La Fontaine avait souvent incité au travail : « Travaillez, prenez de la peine. C’est le fond qui manque le moins. » Le Laboureur et ses enfants. Et il avait aussi affirmé : « C’est au travail qu’on reconnaît l’artisan. »

Quelques témoignages sur les efforts à fournir

  • “Je n’avais pas véritablement d’ambition, mais simplement l’envie de mieux travailler. Je savais que la route serait longue, mais j’étais prêt à la suivre d’un bon pas. Maintenant, je mesure le chemin accompli : bien que tout ne soit pas encore parfait, j’en suis plutôt fier”.
  • “Le travail a souvent été dur, surtout au début, car les premiers résultats étaient très inégaux. Mais j’ai persévéré, et maintenant je suis toujours dans une bonne moyenne”.

À retenir : L’essentiel est de bien vouloir persévérer

  • Témoignage d’un jeune bachelier :
“Mes parents en ont eux-mêmes été surpris... Moi qui avais une chambre toujours en désordre, j’y ai installé une bibliothèque et des classeurs qui sont impeccablement rangés. Mon père lui-même vient de temps en temps m’emprunter mes dossiers de presse, car il les trouve intéressants”.

Le bon ordre, une bonne organisation, voilà des facteurs essentiels du succès

“Grâce au travail de réflexion que j’ai effectué, j’ai maintenant mieux le sentiment d’être devenu véritablement adulte. Je passe beaucoup moins de temps à regarder bêtement la télévision - et je le fais avec un œil critique. Je suis devenu capable de bien tirer profit des débats et des bonnes émissions documentaires. J’y éprouve d’autant plus de plaisir quand je sais que ces émissions me seront utiles”.
“J’ai dû fournir des efforts difficiles, mais je sais qu’ils ne seront pas perdus. J’ai pris de bonnes habitudes de travail, qui me seront utiles tout le reste de ma vie”.
Témoignage d’une mère de famille :
“Oui, j’ai fourni un travail assidu, et cela a souvent été dur, en plus de mon métier et des tâches ménagères. Mais les résultats sont là : j’ai retrouvé le goût de la lecture et de l’écriture, une meilleure mémoire et une plus grande agilité intellectuelle, et même un nouveau regard sur le monde”.
“C’est tout simplement en travaillant que j’ai appris à travailler”.

Quelles ont été les grandes chances de votre vie ?

C’est évidemment une question très ouverte... et de multiples réponses sont possibles.
Voici donc, à titre indicatif, quelques-uns des éléments que vous pourriez vous exercer à développer :
  • la chance d’être né en France, par excellence le pays de la liberté et de l’égalité (... et de la fraternité ?),
  • la chance d’être né dans une très belle région (... il vous faut faire partager aux jurys ou aux recruteurs votre enthousiasme pour votre région),
  • votre famille (... celle où vous êtes né, celle que vous avez fondée),
  • vos études (... et notamment la chance d’avoir eu de bons professeurs),
  • ce concours ou cette embauche qui vous permettra d’exercer une profession correspondant à votre vocation...

Prolongements

Essayez d’imaginer quelles pourraient être les nouvelles chances de votre vie dans les années à venir... Voilà une réflexion à la fois prospective et positive.
Et y penser souvent est évidemment la meilleure chance pour qu’elles se réalisent.
Et voici une observation d’Eugène Labiche (1815-1888), notre grand vaudevilliste, humoriste et auteur dramatique au temps du Second Empire et au début de la IIIe République :
« Les chanceux sont ceux qui arrivent à tout … Les malchanceux sont ceux à qui tout arrive. »

En guise de conclusion

De l’épanouissement à l’image épanouie. Cet épanouissement personnel doit se traduire dans l’image que vous donnez aux autres … et que vous donnerez aux jurys ou aux recruteurs lors des épreuves orales ou des entretiens professionnels. On attribue ce genre de  proverbes tantôt aux chinois, tantôt aux arabes : « Celui qui ne sait pas sourire ne doit pas ouvrir boutique. »
Et voici un adage devenu un « grand classique » de nos stages de formation : « On n’a jamais deux occasions de faire une première bonne impression. »
Et ce conseil nous vient d’Amérique : « On dit que les yeux sont des caméras. Alors souriez sans cesse, puisque vous êtes en permanence filmé. »
J’espère donc que vous allez tous repartir avec le sourire … et que vous le conserverez !

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