Pourquoi les dirigeants d’entreprises se préoccupent du changement climatique

Depuis quelques mois, j’entends des dirigeants d’entreprises parler de l’impact que le changement climatique pourrait avoir sur leur secteur d’activité et sur l’offre de produits et de services dont nous avons tous besoin.

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Même s’ils ne s’expriment guère publiquement sur le sujet, les dirigeants d’entreprises sont pleinement conscients des menaces que le réchauffement planétaire fait peser sur leurs chaînes d’approvisionnement, sur leurs usines et sur leur main-d’œuvre.
La raréfaction des ressources en eau est l’une des plus grandes menaces, du point de vue non seulement des fabricants de boissons mais aussi des producteurs d’énergie et de toutes les industries qui ont besoin d’eau pour refroidir leurs équipements. Lorsque les agriculteurs doivent faire face à des précipitations plus imprévisibles voire à l’absence de pluies, c’est toute la chaîne agroalimentaire qui est menacée.
En outre, quand l’eau se fait rare ou que les températures grimpent, la santé et la productivité de la main-d’œuvre en pâtissent également. Ces effets se répercutent sur la chaîne d’approvisionnement.
 Il est très intéressant d’observer l’inventivité de certains dirigeants d’entreprises, qui parviennent à trouver de nouveaux créneaux malgré ce contexte difficile. Par exemple, l’éditeur de logiciels SAP a cherché des solutions pour réduire sa propre consommation d’énergie, sa facture énergétique et son impact sur l’environnement. Les nouveaux systèmes dont il s’est doté à l’issue de cette réflexion aident aujourd’hui ses clients à maîtriser eux aussi leurs coûts.
Le géant de l’énergie Alstom a investi dans l’innovation afin que ses entreprises puissent s’adapter et réduire leurs émissions. Il met actuellement au point des technologies de piégeage et de stockage du carbone qui empêcheront le rejet des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. De leur côté, Enel, GDF Suez et d’autres grands groupes énergétiques investissent dans les énergies renouvelables à faible teneur en carbone pour répondre aux besoins de leurs clients aujourd’hui et demain.
Ces entreprises, ainsi que d’autres, font de plus en plus entendre leur voix, appelant à des politiques cohérentes qui encourageront l’innovation pour bâtir un avenir plus propre. Alors que s’ouvre le Sommet mondial sur le climat organisé à l’invitation du secrétaire général des Nations Unies, elles se sont jointes à des centaines d’autres pour prôner une tarification du carbone.

L’action des entreprises est fondamentale car l’État ne peut pas à lui seul faire face à la crise climatique

Il faut que le secteur privé investisse et innove si nous voulons améliorer l’efficacité énergétique des technologies anciennes et passer à des technologies nouvelles, plus performantes et moins polluantes.
Il faut aussi que l’État appuie les efforts des entreprises. En fixant un prix pour le carbone, il mettra fin à l’incertitude des politiques publiques qui dissuade les entreprises de réévaluer leur maîtrise de l’énergie et de donner la priorité à une croissance plus propre.
Un virage que Microsoft a déjà pris en définissant un prix « virtuel » pour le carbone. Cette « taxe carbone » interne incite les différentes divisions de la firme à se concentrer sur l’efficacité énergétique, avec à la clé des économies financières. Aujourd’hui, plus de 150 grandes entreprises prennent leurs décisions sur la base d’un prix interne du carbone. Elles peuvent ainsi évaluer plus précisément leurs risques et repérer les opportunités qui se présentent.
Les entreprises nous expliquent qu’elles sont en quête de politiques cohérentes et flexibles pour réduire leurs émissions. La tarification du carbone leur permet d’innover et de trouver les solutions les plus fructueuses dans leur secteur.

Donner un prix au carbone cela signifie concrètement faire supporter à l’émetteur le coût des dommages causés par ses émissions

C’est actuellement la collectivité qui paie ce coût, sous la forme de dépenses de santé publique et de dégâts provoqués par les tempêtes et les températures extrêmes. La tarification du carbone ouvrirait la voie à des activités moins polluantes et moins nocives pour la santé.
Le changement climatique est un problème mondial dont l’ampleur est sans précédent dans toute l’histoire de l’humanité. Nous sommes tous concernés. Nous avons tous la possibilité d’agir, et une responsabilité à l’égard des générations futures. Je me réjouis que des entreprises mènent ce mouvement.

Cette chronique a été publiée via le programme Influencers de LinkedIn, où s'expriment près de 500 leaders d'opinion. Retrouvez la version originale en anglais ici.

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