Gérer ses émotions : clef de la réussite

Colérique, émotif, stressé, anxieux… nos traits de caractère nous définissent. Ils génèrent des émotions qui peuvent être plus ou moins contraignantes, que ce soit dans la sphère privée ou professionnelle. Apprendre à les gérer, c’est contrôler son image tout comme son rapport au monde.

La colère, voilà une émotion souvent liée au stress, qui peut s’avérer destructrice pour la relation, tout comme l’anxiété, ou l’émotivité qui inhibe et empêche l’avancée dans un certain type de profession. Si nos émotions constituent notre être aux monde, il n’en demeure pas moins que nous avons pouvoir sur elles, nous pouvons les gérer.
Prenons pour exemple l’émotivité. Le fait de se laisser submerger par ses émotions rapidement. Contraignant en tout point, surtout dans le cadre professionnel, car la personne donne à voir de suite ses faiblesses. Ou l’anxiété. Cette émotion qui envahit petit à petit l’individu jusqu’à biaiser son sens du choix. L’individu réagira plus en fonction de cette anxiété que du statut que lui octroie sa fonction.
Il cherchera le niveau zéro de stress, quitte à ne plus du tout être efficient.
Prenons enfin la colère. Réaction qui, si mal gérée, entraîne grief du côté du relationnel mais aussi réactions trop à chaud. L’aspect décisionnel de l’individu en est donc affecté.Les émotions sont parfois guides, donnent des indications, dans nos jugements, dans nos prises de décision mais ne doivent en aucun cas être moteur. Le moteur doit toujours être la raison. Gérer ses émotions, c’est donc les contrôler plutôt que de se laisser contrôler par elles.Accepter le ressenti
Dans le cadre du travail, l’image de soi est importante. Vous n’êtes pas entouré de votre bande d’amis, et vous n’avancez pas avec toujours une bonne épaule pour se dégager de l’anxiété ou du trop plein d’émotion. Cela, c’est une tâche que vous devez effectuer seul. Que ce soit pour des raisons relationnelles : conflits au travail, stress de recevoir de nouveaux clients. Ou intérieures : problèmes familiaux qui se répercutent sur votre moral du jour, le visage que vous devez présenter au monde doit être identique et neutre. Votre moi profond dans ses faiblesses et ses craintes ne regarde que vous, le laisser devenir visible à la face de votre monde professionnel vous rendrait beaucoup plus vulnérable.

Trouvez vos stratégies

Pour ce faire vous devez appréhender les émotions avant qu’elles ne vous envahissent. Au moment même où vous sentez que la situation tourne d’une manière qui vous contrarie. Cet instant où vous vous sentez basculer vers un espace peu confortable, verbalisez-le en votre fort intérieur.
Exprimez : «  Cette situation me fâche » ou « cette situation m’attriste », et devenez observateur de vous-même et de l’autre qui vous bouscule dans votre bien-être. Car le secret est là : être à la fois acteur et observateur d’un moment qui vous marque. Raisonner en même temps que vous ressentez vous rend déjà beaucoup plus maître de vos émotions.
Pendant cette fraction de seconde que vous vous accordez, appliquez la stratégie du différé : ayez de manière automatique, libérée de la pensée, des enchaînements tout faits, qui repoussent la vraie prise de parole, du genre « Eh bien voyez-vous, il me semble, si je puis dire etc. ». Cela, c’est si l’émotion surgit au moment où vous devez absolument parler, sinon gardez bien présent à l’esprit que l’on peut toujours choisir de se taire ou de parler. Vous en avez pour une fraction de seconde, certain que vous allez reprendre le contrôle, vous êtes en pilotage automatique. Évidemment, cela demande un préalable en terme d’entraînement.

Inégaux dans la manifestation des émotions

Nous sommes tous inégaux devant des réactions à forte charge émotionnelle. Certains restent très calmes, d’autres sont constamment submergés par les émotions, ou d’autres encore restent coincés dans un état de colère constant. Cette différence vient de notre conditionnement en tant qu’individus depuis notre plus tendre enfance. Nos expériences, notre rapport aux autres, l’éducation reçue de nos parents et d’autres variables encore : la pratique d’un sport, de méditation etc.… Tous ces facteurs font l’adulte émotionnel que nous sommes aujourd’hui.
Pour arriver à contrôler ses émotions, il faut donc déjà déceler ce qui nous rend ainsi. Quel type de situation nous rend si esclave de nos émotions : le contexte de compétition ? Les rapports aux collègues ? Les problèmes de la vie privée ? Cherchez là où vous sentez le plus envahi et mettez en place une stratégie.
Plusieurs techniques sont possibles. L’acteur-observateur, comme nous l’expliquions plus haut.
Mais aussi les techniques méditatives liées à la respiration. Lorsque vous vous sentez submergé, que ce soit face à des clients, ou  seul face à votre écran, respirez plus lentement, et concentrez-vous sur vos expirations. Cette technique a deux aspects positifs. Sur le plan psychologique, elle vous aide à focaliser sur autre chose que le ressenti du moment. Sur le plan physiologique, elle régule l’accélération cardiaque qui accompagne une trop vive émotion, et envoie a votre corps un stimulus positif.

Utilisez vos émotions de manière efficace

Identifier ses émotions, c’est les maîtriser de manière efficace.  Vous pourrez mieux comprendre vos collaborateurs, ceux qui travaillent pour vous, comme ceux avec qui vous souhaitez travailler, puisque le relationnel ne sera plus encombré par vos jugements erronés.
Les émotions sont souvent une paire de lunettes qui déforme le monde qui nous entoure.
Car fonctionner avec le cœur, c’est aussi fonctionner sans objectivité. Un ressenti ne peut jamais être totalement objectif, il est toujours envahi par la représentation que nous avons de nous-même et des autres.
Prendre conscience de ses émotions, c’est donc avoir une distance avec le ressenti et la situation qui se déroule. C’est prendre conscience de ce qui est à formuler ou non. Et dans le doute mieux vaux retarder toute réaction. Mieux vaut agir à froid qu’à chaud.
Que ce soit  l’écriture d’un e-mail, ou en face à face, si vous vous savez émotionné par une situation, différez toujours ! Attendez une heure, une journée, un temps, où vous vous sentirez à nouveau maître de vous-même. Si les émotions ne sont jamais les bons indicateurs dans la gestion des conflits, elles ne le sont pas non plus dans la gestion de votre espace professionnel au quotidien
 

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