Etes-vous marié à votre emploi ?

A travers l'exemple d'une série de conversations avec une personne qui vivait ce problème, Liz Ryan explique comment reprendre le contrôle de la distinction entre sa vie personnelle et sa vie professionnelle.

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Nous avons reçu un appel de Debra qui s'est lamentée: "Je ne peux continuer à vivre ainsi. Mon travail représente la totalité de ma vie. Je ne fais rien d'autre que travailler".
"Depuis combien de temps ressentez-vous ce problème, Debra ?" lui avons-nous demandé.

"J'occupe ce poste depuis six ans, mais j'ai l'impression que ma charge de travail a récemment nettement empiré", a-t-elle répondu.

"Cette dernière année a été horrible. Kurt, mon patron, m'accable toujours de travail juste avant que je rentre chez moi, puis il m'appelle et m'envoie des questions et des missions par textos pendant que je prendre une douche ou que je prépare à manger. Il m'envoie des messages le weekend pour me soumettre des idées de projets qu'ils veut avoir sur son bureau lundi matin".

"Qu'est-ce qui vous a poussé à nous contacter ?" lui avons-nous demandé.

"C'est terrible." a-t-elle ajouté. "Mon mari dit que cela doit cesser. Il m'a dit que je devais choisir entre lui et mon travail. Il me dit de tenir tête à Kurt mais vous ne le connaissez pas ! Ce n'est pas si facile."

"En quoi votre charge de travail a-t-elle empiré récemment ?" avons-nous demandé.

"Kurt est stressé à propos de pas mal de choses dont j'ai la charge", a-t-elle précisé.
"Nous avons des réunions d'actionnaires et des évènements client importants. Je prépare les présentations et tout le matériel de communication pour les médias et nos clients. J'ai beaucoup de responsabilités sur les épaules."

"Aimez-vous votre travail ?" lui avons-nous demandé.

"Je l'aimais auparavant." a-t-elle précisé. "Maintenant, je le déteste. Il me rend malade et est en train de détruire ma relation avec mon mari. Je ne sais pas comment sortir de ce piège."

"Comment avez-vous été prise dedans ?", a justement demandé Molly.

"Kurt et moi avions une relation plus saine il y a quelques années. Il était plus raisonnable à ce moment-là. Quand il me demandait de travailler sur un projet chez moi, c'était toujours une faveur spéciale, basée sur notre rapport de confiance. Cela ne me dérangeait pas. Il est devenu de plus en plus exigeant et n'a plus une once de reconnaissance quand je travaille d'arrache-pied pour mener un projet à bien."
"Vous arrive-t-il de dire à Kurt Non, désolé, je ne peux pas faire ça ?", lui ai-je demandé.

"Absolument pas ! C'est totalement impossible".
"Pourquoi ne pas trouver un autre emploi ?" lui a demandé Molly.

"J'ai un gros salaire", a admis Debra. "Ces emplois ne courent pas les rues".

"Voilà le problème", lui a dit Molly. "Vous avez habitué Kurt à vous demander tout ce qui lui passe par la tête. Vous vous débrouillez pour faire tout ce qu'il demande donc il se dit Le puits de la capacité de travail de Debra est sans fond. Si vous pensez que ce problème est sans solutions, vous n'en trouverez effectivement pas. Si vous restez bloquée dans cet état d'esprit de Non, vous ne comprenez pas Kurt, ce n'est pas quelqu'un à qui on peut refuser quelque chose, et je ne lui refuse rien, tout en affirmant Je ne peux pas chercher un autre emploi, vous vous enfermez dans une petite boîte dans laquelle vous n'avez aucune marge de manœuvre.

Vous devez débouter l'une de ces deux idées. Vos deux devoirs vous ont peut-être aidé à voir que l'une de ces deux affirmations fixes – Il faut obéir à Kurt ou J'ai désespérément besoin de ce travail – n'est n'est pas gravée dans le marbre. Peut-être même les deux, d'ailleurs."

"J'ai l'impression que vous me dites que je me suis créé ce problème toute seule", a répondu Debra d'une voix blessée.

"Ce n'est pas une critique", ai-je précisé. "Plus nous nous tenons responsable du fonctionnement des choses autours de nous, plus on est fort. Nous apprenons des comportements à nos patrons autant qu'aux membres de notre équipe, sans même nous en rendre compte. Quand vous réalisez que vous n'avez fixé aucunes limites autours de votre limite personnelle, c'est un moment important de Aha!."
Etre confronté à une réalité de la sorte est une source de pouvoir et de contrôle. Dans un premier temps, ça peut faire l'effet d'un réveil en sursaut mais ça vous rappelle aussi, et surtout, où concentrer votre énergie. Vous pouvez apprendre à dire non !"
"Je crois que je n'ai pas eu envie de dire non", a répondu Debra
Un silence s'est installé pendant un instant.

"Je veux rester l'employée modèle. Kurt est exigeant et déraisonnable mais je sais au moins que je fournis un service utile à mon travail. Quand je travaille jusqu'à deux heures du matin, je me sens utile. Et je ne tire pas ce sentiment des autres tâches de ma vie".
Nous avons donné deux devoirs à Debra en vue de notre appel suivant. Le premier devoir consistait à en apprendre autant que possible sur le marché du travail pour les directeurs de communication d'entreprise comme elle – pas seulement dans sa ville, mais à travers tout le pays.

Le deuxième devoir consistait à faire attention aux fois où Kurt lui confie des tâches de dernière minute. Nous cherchions une constante ou un modèle répétitif.
"Wow, j'ai beaucoup appris en complétant ces devoirs !" nous a confié Debra lors de notre second appel. "J'ai eu une bonne surprise en faisant des recherches sur les emplois disponibles. Il y a des douzaines de postes auxquels je peux postuler si ça m'intéresse."
"C'est génial" nous sommes nous réjouies. "Ces recherches vous ont-elles donné confiance dans le fait que ce n'est pas le seul poste que vous pouvez occuper ?"
"Oui, un tout petit peu" a-t-elle répondu avec timidité. "Je m'approche tout doucement de cette idée, millimètre par millimètre".
"Et concernant Kurt ?" lui avons-nous demandé.
"Voici ce que j'ai remarqué" rétorqua-t-elle.
"Il me confie un énorme projet, sans préavis, à chaque fois qu'il sort du bureau du PDG. Kurt est vice-président du Marketing. Son patron, c'est le PDG."

"Peut-être que le PDG a besoin des projets que Kurt vous confie ?" a supposé Molly.
"Non, ce n'est pas ça". a répondu Debra. "Les missions aléatoires de Kurt ne sont jamais à présenter au PDG ou au conseil d'administration. Mais si le PDG l'a réprimandé ou quelque peu humilié entre quatre murs, je peux être sûr que je vais recevoir une mission infecte dans la demi-heure à venir".

"Décharge électrique" a définit Molly. "Kurt tire du stress de ses rendez-vous avec le PDG et il doit s'en libérer. Il se débarrasse de son stresse en vous le transmettant."

"Cela me parait très sensé" a commenté Debra. "J'ai beaucoup réfléchi à ce dont nous avons parlé la dernière fois. J'ai réfléchi ma part du puzzle. J'ai effectivement habitué Kurt à me traiter comme un paillasson. J'ai énormément de mal à fixer des limites".

"Pendant longtemps, j'étais dans l'état d'esprit de Là, là, mon pauvre patron qui travaille trop, tu es stressé, laisse moi t'aider. J'arrive à gérer mon propre stress – pourquoi ne peut-il pas s'occuper du sien ? Je comprends pourquoi mon mari a l'impression que je le néglige. J'arrive à refuser des choses à mon mari, pas à mon patron."

"C'est un sacré Aha!" nous sommes-nous exclamées. "Pensez-vous pouvoir à dire à Kurt Mince j'aimerais vraiment faire ça ce soir mais ça ne va pas être possible, je le ferai demain ?"

"Je m'en sens capable" a-t-elle répondu avec un ton mesuré. "Je m’entraîne tous les soirs devant le miroir. Pourriez-vous répéter la phrase "impossible" ?

"Bien sûr! Quand Kurt dit J'ai besoin que ce soit travail soit fait d'ici à demain à matin, vous répondez C'est impossible ce soir mais je le ferai demain matin et tu l'auras à midi. Le mot clé est "impossible". Kurt n'a pas besoin d'en savoir plus sur votre vie privée. Peu importe que vous payiez des factures ou que vous vous rasiez les jambes, cela se passe derrière le même mur. Ce soir c'est impossible mais demain, c'est parfait."
Ainsi, vous sevrez Kurt de la bouteille du Je peux avoir ce que je veux quand je veux. Vous l'habituez à quelque chose de différent en vous musclant par la même occasion !".

Debra est sortie de la position du paillasson et a repoussé Kurt petit à petit. "Je lui dois de fixer mes limites progressivement plutôt que radicalement" a-t-elle précisé. "C'est moi qui l'ait habitué à avoir tout ce qu'il voulait en claquant des doigts."
"Ma situation de travail est bien plus confortable" nous a-t-elle avoué lors de notre dernière session. "Mon mari et moi allons adopter un chien de refuge. N'est-ce pas fantastique ?"

 Ça l'était pour nous ! "En même temps," a-t-elle ajouté "le monde m'intéresse. Que vais-je bien pouvoir découvrir de nouveau en restant collée au même travail que j'ai depuis des années ?"
Les muscles grandissent lentement mais ils deviennent gros avec le temps. Vous ne pouvez les faire grandir qu'en les mettant à l'épreuve. Fixez, vous aussi, vos limites au travail. Vous pouvez commencer dès maintenant.


Traduction par Shane Knudson, JDN
Cette chronique traduite par le JDN a été publiée via le programme
Influencers de LinkedIn, où s'expriment près de 500 leaders d'opinion. Retrouver la version originale en anglais ici.

MARIE