Les bons mots… à vous de bien les utiliser !

Le JDN a souvent traité des bons mots ou de l’humour dans des documents spécifiques (citations pour discours), dans ses conseils pour les entretiens professionnels, ou encore en publiant les bons mots des grands managers ou investisseurs.

Des personnalités aussi prestigieuses que Bill Gates ou Steve Jobs, ou Warren Buffett (« l’Oracle d’Omaha ») ont, chacun à leur façon, un grand sens de l’humour… et vous pourrez vous en délecter tout en en tirant le meilleur profit.

 Il en va de même, paradoxalement, pour des personnalités réputées pour leur grande austérité (… voire leur autoritarisme, comme Margaret Thatcher !).

 Encore fait-il être prêt à tirer le meilleur profit de ces citations, y compris lorsqu’elles sont « décalées, iconoclastes, voire irrévérencieuses ». Et cela dans la vie personnelle comme dans la vie professionnelle.

 ***   Un jury ou un recruteur pourraient vous demander : « Pourriez-vous faire un bon mot ? ». Ou « Pourriez-vous citer un bon mot ? »

 C’est arrivé dans des concours administratifs, ou des grandes écoles … et au cours d’entretiens de recrutement. Il vaut donc mieux en avoir en réserve … et mieux encore pouvoir faire de l’humour sur les bons mots !

 Un bon mot, ou mot d’esprit, est une parole drôle et spirituelle. Cela peut se situer au plus haut niveau (les bons mots des personnages célèbres). Cela peut aussi faire partie de la vie quotidienne. D’un familier, parent ou ami, voisin ou collègue, on dira : « Il a toujours le mot pour rire ». Alors, vous-même, êtes-vous ce genre de personne agréable ?

 Les « concours de bons mots » furent très à la mode au Siècle classique et au cours du Siècle des Lumières, à la Cour du Roi et dans les Salons parisiens. Ils sont restés l’une des principales caractéristiques de « l’esprit français ».

Voici, à cet égard, l’un des « bons mots » les plus connus sur les bons mots…

 A Versailles, le roi Louis XVI demanda à Rivarol : « On raconte que vous faites des mots d’esprit sur tout… Faites-en un à mon sujet ? ».

Et Rivarol répondit fort opportunément : « Oh Sire, le Roi n’est pas un sujet ! ». 

Ce fut un exemple d’improvisation géniale !

 Les bons mots sont-ils toujours des créations ?

Selon Voltaire « la plupart des bons mots ne sont que des redites. »

Et il est bien connu que les politiciens se font préparer leurs bons mots ou « petites phrases » par leurs assistants, leurs coachs ou conseillers, par leurs « plumes ».

 Il existe des bons mots sur les mots et les bons mots.

Par exemple, celui de Paul Valéry dans Tel Quel :

« Entre deux mots, il faut choisir le moindre. »                    Une astuce à placer ?

 Voilà un exemple de « bonne formule » permettant de « botter en touche » - tout en donnant au jury une bonne preuve de votre culture générale, ou encore un bon exemple de votre sens de l’humour !

 Jules Renard avait noté dans son Journal : « Un bon mot vaut mieux qu’un mauvais livre. »

Mais il avait ajouté : « Mes mots feront fortune, moi pas ! »

 (Mais, sauf exception, ne pas en profiter pour enchaîner sur la condition misérable des fonctionnaires, qui sont souvent des privilégiés… ou des auteurs qui depuis la « crise de l’édition » ne gagnent plus grand ’chose).

 Le bon mot, selon les circonstances, peut être gentil ou féroce. Certains grands hommes, comme Georges Clemenceau, Winston Churchill ou le Général de Gaulle, sont célèbres pour la férocité de certains de leurs bons mots. Voici des exemples concernant des événements historiques.

 Mot de Georges Clemenceau sur la fin du général Boulanger (qui s’était suicidé d’un coup de revolver en Belgique, sur la tombe de sa maîtresse Marguerite de Bonnemain, en 1891).

« Il est mort comme il a vécu, en sous-lieutenant. »

 Et sur Deschanel, qui l’avait battu aux élections présidentielles de 1920 : « Ils n’ont pas voulu de gâteux … ils en ont un quand même ! »

Deschanel – vous vous souvenez ? – c’était le Président de la République qui sautait des trains en pyjama, qui grimpait aux arbres dans le parc de l’Elysée, et qui s’amusait à signer les décrets du nom de Napoléon !

 Mot de Winston Churchill en 1945 sur le leader travailliste qui l’avait battu aux élections législatives de 1945, et avait pris sa place de Premier Ministre.

« Un taxi vide s’arrête devant le 10, Downing Street. Clement Attlee en descend. »

(Downing Street est à Londres la résidence du Premier Ministre britannique.)

 Mot du général de Gaulle sur Albert Lebrun, le dernier Président de la III è République.

« Au fond, il ne lui a manqué que deux choses pour être un chef d’Etat : qu’il fût un chef ; qu’il y eut un Etat. »

 Cette dernière formule peut être retenue comme modèle pour construire d’autres bons mots … ou improviser des plans et développements devant le jury à l’oral.

 

Comme les politiques, les grands écrivains ou auteurs de théâtre ont souvent été féroces entre eux. En sortant du théâtre après avoir vu Le Soulier de Satin de Paul Claudel, Jean Cocteau a déclaré : « Heureusement qu’il n’a pas écrit la paire ! ».

 Ou encore, un critique célèbre part avant le dernier acte d’une nouvelle pièce de théâtre. On lui fait remarquer « Mais il reste encore un acte ! ». Et il répond : « Mais c’est bien pour cela que je m’en vais … ».

 Le mot d’auteur se trouve dans des écrits, ou encore des dialogues de cinéma (exemple : les fameuses répliques se trouvant dans les dialogues de Michel Audiard).

 Les mots d’enfants sont naïfs, comiques ou très sérieux. Ils reflètent souvent des vérités profondes. « La vérité sort de la bouche des enfants. »

 Vous pouvez vous constituer quelques séries de fiches pour recueillir divers types de bons mots. Et nous invitons les jeunes mères ou pères de famille à constituer des recueils de mots d’enfants : comme les albums de photographie, ils pourront faire le bonheur de plusieurs générations.

 Quant aux bons mots improvisés à l’oral, ils peuvent faire gagner un ou deux précieux points de bonification … mais ils peuvent aussi être source de déboires ! Il faudrait pouvoir être certain de toujours « bien tomber ».

 Quant aux bons mots du jury lui-même, ils ont fait l’objet de diverses observations. Un jury qui fait de bons mots sera content de lui … et de ce fait sera sans doute aussi très satisfait du candidat. En principe, un jury ne doit pas se permettre de faire de bons mots à l’encontre du candidat … mais certains candidats en provoquent par leur nullité, leurs maladresses ou leurs prétentions. Les jurys réservent généralement leurs bons mots pour leurs délibérations internes (moments de détente précieux au cours de la journée !).

Les rapports des jurys comportent parfois des « recueils de perles ».

 A l’issue des grand concours, il circule beaucoup de légendes sur les candidats devenus célèbres … et surtout sur les candidates qui ont été les premières majors de grandes écoles, comme Françoise Chandernagor à l’ENA ou Anne Chopinet à Polytechnique. On leur a attribué, au lendemain des concours, et au fil des ans, beaucoup de bons mots qui n’ont jamais été prononcés. Selon la formule bien connue, « on ne prête qu’aux riches ».

 Voici une anecdote dont l’authenticité nous a été certifiée (et qui remonte à plus de cinquante ans … il y aurait donc largement prescription !). Un candidat à l’ENA a été interrogé, en dernière partie de son grand oral, sur la roulette russe. Il a commencé par donner une très belle citation sur « l’âme russe ». Puis il a fait un excellent jeu de mots sur le revolver à barillet. D’où un ou deux points de bonification qui lui ont permis de passer à la première place.

De là à dire que les places de major se jouent à la roulette … ou à la roulette russe !

 ***   Un dernier bon mot pour les entretiens professionnels … sur la valeur des diplômes

 Bac

 « A 14 ans, j’avais mes deux Bacs : celui d’eau chaude et celui d’eau froide »

Paul Bocuse (né à Collonges-au-Mont-d’Or en 1926, notre illustre grand chef est toujours jeune à quelque quatre-vingt-dix printemps)

 Et l’ultime conseil du JDN…

 Nous vous invitons à relire le dossier du JDN intitulé 14 questions-pièges en entretien d’embauche. Vous y trouverez la question : « Quel mot utilisez-vous pour vous décrire ? ». A vous de préparer un « bon mot » susceptible de vous valoriser aux yeux des recruteurs. A vous de retenir ces principes : il vous faudra être capable d’enchaîner, ne pas rester « sec » après le premier mot, ou mot-clé, savoir l’exploiter. Comme le JDN vous le recommande, « vous avez l’opportunité de décrire pourquoi vos qualités sont adéquates avec le poste que vous convoitez ».

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