Les impacts de la loi Macron sur l'activité des auto-écoles

Parue au journal officiel le 6 août dernier, la loi Macron tient compte de certaines demandes des exploitants d'auto-écoles et ouvre la porte à une modernisation de la profession.

La Loi Macron a apporté de nombreux changements. Création de zones touristiques internationales, développement du transport en bus, réforme de l'intéressement ou encore assouplissement du travail de nuit.  Mais, chose moins connue du grand public, elle modernise le secteur des auto-écoles. 

Elle permet notamment l'inscription des élèves directement en ligne tout en imposant que l’évaluation préalable soit réalisée physiquement, dans les locaux ou dans un véhicule. Cela rend concrètement possible l’inscription sans déplacement en agence, mais impose un contact physique avec un enseignant de l’établissement.

La possibilité de confier les examens théoriques à des établissements agréés, qui était déjà largement entamée avant le vote de la loi, semble plutôt bien acceptée par les exploitants d’auto écoles.

En revanche, l’article 30 relatif aux conditions d’attribution des places d’examen, élément majeur de la nouvelle loi, risque de faire débat. Sur ce sujet, plusieurs précisions sont mentionnées dans le texte in situ :


- L’attribution de place d’examens est reconnue comme un service universel accessible aussi bien aux candidats libres qu’aux candidats présentés par les établissements d’enseignement (Art 28 de la Loi Macron)

- La mention "…sous réserve d’avoir atteint le niveau requis" suppose le point de vue d’un professionnel pour évaluer ce niveau requis. Cet élément conforte les établissements d’enseignement dans leur rôle.

- L’article 30 précise également que la répartition se fera notamment en fonction du nombre d’enseignants et de manière à garantir l’accès des candidats libres à des places d’examens.

- Enfin, le même article indique que la méthode de répartition sera définie par arrêté.

L’article 30 encourage donc la nécessité d’avoir des équipes d’enseignants plus étoffées dans chaque établissement. Actuellement le marché français est très atomisé puisqu'on compte en moyenne 2,5 salariés par établissement. L’inscription à distance permettra, pour une même auto école, d’élargir son périmètre géographique d’intervention et donc, son volume d’élèves potentiel.

L'auto-école en ligne, un modèle économique hybride qui commence à s'installer

L’accès aux examens, facilité pour les candidats libres, rappelle les principales caractéristiques des offres d’auto-écoles en ligne apparues ces derniers mois, comme en témoigne l’article paru dans le dernier numéro de la "Tribune des Auto Ecoles" d’octobre 2015 : "Plusieurs auto-écoles en ligne misent exclusivement sur la formule du candidat libre. Mais l'égalité de traitement entre candidats libres et candidats présentés par les auto-écoles au niveau des places d'examens, inscrite dans la loi Macron, n'est pas encore effective sur le terrain."

Une offre telle que celle proposée par Ornikar, l’auto-école en ligne, semble dépassée puisque l’on dénombre désormais 5 enseignes elles aussi en ligne actuellement en activité en France mais qui disposent, à l’inverse d’Ornikar, d’un agrément.

En basant leur modèle économique sur un nombre très limité d’agences et l'absence de traitement administratif pour le compte des élèves, les auto-écoles, présentes sur le territoire avec une seule agence par grande agglomération et proposant des forfaits 20 heures entre 675€ et 780€, semblent être un modèle d'activité qui s'installe.

Reste à voir maintenant quel sera l’accueil que réserveront les futurs clients à ce type de services et comment ils se positionneront par rapport aux auto-écoles traditionnelles, sans oublier, bien entendu, que nous ne savons pas, au moment où nous écrivons ces lignes, quel sera le contenu de l’arrêté ministériel sur la répartition des places…

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