Le Français, as du changement

A qui le changement fait-il peur ? Et si ce n’était pas à celui que l’on croit ? Et si le Français était, contrairement à ce que l’on dit, un as du changement ?

Avant guerre, on parlait de "Maginite". Dormez-bien, la Ligne Maginot vous protège. Le Français est un trouillard, c’est bien connu. Aujourd’hui, on le lui reproche. Il résiste au changement, entend-on dire. Vraiment ?

Impossible n’est pas français

Mais, au fait, qui nous fait ce reproche ? Que ce soit un gouvernant, un écologiste, un patron ou n’importe qui d’autre, qu’il parle d’OGM, de gaz de schiste, de décroissance, ou de Code du travail, il s’indigne que nous résistions à "son" changement. Autrement dit, il veut que nous changions pour qu’il n’ait pas à changer. Ce qui s’appelle "injustice", en bon français. N’allons pas chercher plus loin la raison de notre mauvaise humeur...

Si l’on veut changer quelque chose, c’est à soi de changer. Mais ce changement n’est pas un renoncement. Il montre l’exemple. Plus exactement, ce changement consiste à chercher ce qui va mettre en mouvement la société, dans son intérêt à elle.

Parmentier va clarifier ce que je viens de dire. On ne veut pas de sa pomme de terre ? Il fait entourer un champ par la troupe. Ce qui donne l’idée au peuple que le plant vaut cher : il le vole.

Un meilleur exemple. La France a longtemps pensé qu’elle devait démanteler l’Allemagne pour éviter une nouvelle guerre. Au début des années 50, Robert Schumann comprend que la puissance économique allemande va se reconstituer, et que l’intérêt de la France n’est pas celui de ses alliés. Alors il a une idée originale. Au lieu de s’entêter, de considérer Konrad Adenauer comme un vaincu, et de se mettre le monde à dos. Il propose au chancelier de réunir leurs économies. C’est l’origine de l’UE. D’une spirale guerre, on est passé à une spirale paix. Et l’on s’en est bien porté.

Il y a encore mieux. C’est ce que dit Montesquieu du Français :  "il nous est bien permis de faire cas de notre fortune, mais (…) il nous est souverainement défendu d’en faire aucun de notre vie" (L’Esprit des lois.) Le Français est un peuple révolutionnaire ! Le changement c’est lui ! Serait-ce pour cela qu’il fait peur à celui qui ne veut pas changer ? Au "privilégié" disait-on à une époque ? Mais, du coup, si vous êtes prêt à changer, à chercher à comprendre les leviers culturels français, toute cette énergie qui ne demande qu’à se libérer, ce mépris de la mort, est une aubaine !

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