Communication avec la hiérarchie : avancez sans crainte !

La hiérarchie est inhérente au travail en entreprise. Nous sommes dirigés ou nous dirigeons. Et lorsque nous avons à faire à notre boss, notre manager ou à tout dirigeant, nous avons parfois du mal à bien nous positionner, à bien communiquer, ou tout simplement à avoir et garder le bon positionnement.

Les mauvais réflexes  

La vie en entreprise demande un minimum de conscience des rapports humains. Nous avons parfois les mauvais réflexes face à la hiérarchie. Conditionnés par notre scolarité à installer un climat de soumission plutôt que de respect mutuel transversal. Car en premier lieu, qu’est-ce qui peut amener des craintes dans le fait de s’adresser à votre supérieur ? L’idée que vous vous en faites. Votre esprit, plus que l’organigramme de l’entreprise, crée en vous un rapport inégal entre vous et votre boss. Pour vous adresser à lui sans crainte, vous devez le descendre du piédestal symbolique sur lequel vous l’avez mis. Comment y parvenir ? En comprenant qu’il n’est jamais bon de créditer une personne d’un savoir de par son statut. Votre boss n’en sait pas forcément plus que vous. Avant de le créditer, attendez qu’il ait vraiment fait ses preuves. Ainsi, lorsque vous vous adressez  à votre boss, vous devez avant tout prendre le temps de le visualiser comme votre égal. Nous en parlerons plus en profondeur dans le deuxième point de cette chronique.  

Essayez toujours, et encore plus lorsque vous voulez obtenir quelque chose, de ne pas le présenter comme une demande qui devrait susciter un merci mais comme une demande vécue de façon légitime. Par exemple, si vous voulez demander des  congés qui vous sont dus, mieux vaut formuler : «  Je pense poser mes congés de telle à telle date, dites-moi comment nous pouvons nous organiser pour que cela coïncide bien », que : «  Puis-je poser mes congés à cette date, s’il vous plait ? Je vous remercie d’avance ». Chaque fois que vous formulez une demande suivie d’un « s’il vous plait-merci », vous créez pour l’oreille qui vous écoute la possibilité du non. Plus, de façon très neutre et non émotionnelle, vous laissez transparaitre que vous vous sentez légitime de votre place et de vos demandes, plus vous créez comme image de vous quelqu’un qui sait ce qu’il veut et vaut, mais avec responsabilité.      

Ayez toujours un positionnement d’égal à égal    

Le bon positionnement, la bonne manière de s’adresser à son supérieur est, en premier lieu et  de manière universelle, toutes cultures confondues,  de communiquer d’égal à égal. De vous adresser à lui sans manifester par vos mots que vous le situez au-dessus de vous, sans manifester  à travers votre langage lexical que vous vous situez en dessous de lui.  Ainsi,  et cela dès la salutation, prenez le temps d’être avec lui comme vous seriez avec un collègue. Il ne s’agit pas de copiner car se serait un très mauvais pari, mais de laisser percevoir que vous êtes le même avec votre boss, vos collègues ou vos subordonnés. La même neutralité.    

Sachez que le respect ne passe pas forcément par le fait de créditer l’autre d’une supériorité même si elle est avérée et organisationnelle. Votre boss sait qu’il est votre boss. Mais verbaliser ce point-là lorsque vous communiquez avec lui va le pousser, lui, à vous parler de cette place de dirigeant. Si vous vous adressez à lui d’égal à égal, le regard qu’il posera sur vous sera plus factuel. Ce que vous faites, ce que vous donnez, ce que vous créez. Si vous vous positionnez dans un rapport employé-directeur, il regardera votre travail avec d’emblée un regard plus critique. 

Concrètement, comment se positionner d’égal à égal ?  En ne lui demandant pas de l’aide, mais des conseils. En ne vous excusant pas à tout bout de champ. En étant confiant sans donner l’impression que vous cherchez à lui prouver quelque chose. En comprenant que vos craintes, peurs et sensations désagréables face à la hiérarchie se nourrissent de la place symbolique que vous donnez à votre boss. La crainte s’arrête quand on en comprend la source. Une des premières sources est souvent le manque de stratégie dans les univers professionnels.

  De la connaissance et des stratégies  

Qui dit stratégie ne dit pas manipulation mais connaissance des rapports humains, des enjeux professionnels au travail, de névrose, de sentiments de rivalité et d’insécurité que l’on peut trouver en soi et en l’autre, dans un milieu où cohabitent plusieurs types d’ambitions, de caractères, de profils et d’idées de la réussite. Ainsi, avoir des stratégies professionnelles est fondamental pour ne plus avoir de craintes au travail et, qui plus est, face à la hiérarchie. Si vous comprenez comment communiquer et à qui, que dire ou ne pas dire de vous, comment demander sans avoir l’air d’être en position de demande, vous avez déjà fait la moitié du chemin vers la réussite.  

Plus vous aurez une connaissance des rapports humains, qui passe par l’observation et la compréhension de vous et des  autres qui peuplent votre entreprise, plus vous saurez comment vous protéger et de qui. Et face à la hiérarchie, c’est encore plus essentiel. Il n’y a pas un type de boss, ou un type de hiérarchie. Celui qui vous dirige est, en premier lieu et avant tout, une personne avec son caractère, ses « névroses » et ses aspirations. Lui-même dépendant d’un supérieur hiérarchique qui, lui aussi, a son rapport au monde. Vous devez donc bien comprendre qui est votre boss et de qui il dépend, pour pouvoir savoir comment dire et amener les choses, comment un créer un rapport d’égal à égal avec la personnalité qui vous fait face.  

En conclusion, pour ne plus avoir de crainte face à la hiérarchie, il faut se donner un terrain professionnel ou l’on se sent en sécurité. Pour cela, cherchez le plus possible à vous connaître, à connaître ceux qui vous font face par l’observation et l’écoute. Ce qu’ils disent dit quelque chose de ce qu’ils sont, tout comme vous. Plus vous saurez à qui vous avez à faire, plus vous saurez comment communiquer. Et qui sait parler a le monde entre ses mains. Nous en faisons l’expérience chaque jour.

  Sept conseils :  

·      Evitez les « merci » à tout bout de champ.

·      Evitez les « excusez-moi » à tout bout de champ.

·      Ne créditez pas votre hiérarchie d’un savoir si vous n’avez pas été témoin que vraiment elle sait.

·      Positionnez-vous toujours d’égal à égal.

·      Ne cherchez pas la validation de votre travail chez votre boss, mais dans les résultats factuels que vous voyez vous-même. Plus vous donnerez à votre boss le pouvoir de vous valider, plus vous le mettrez sur un piédestal  et plus vous aurez d’angoisses et d’incertitudes sur votre identité professionnelle.

·      Toute crainte, angoisse et peur a toujours en premier lieu quelque chose à voir avec votre état intérieur.

·      Ayez des stratégies, n’avancez pas les yeux fermés sur la réalité des enjeux au travail.

Congés / LA SOURCE