Voici les secrets du "champion des entreprises " où il fait bon travailler

Pour la 3ème année consécutive, Davidson Consulting, cabinet conseil en technologie indépendant, reste le champion des entreprises françaises de plus de 500 salariés où il fait bon travailler au classement Great Place to Work. Quels sont les secrets de cette réussite insolente ?

J’ai eu plaisir d’assister à l’édition 2016 Great Place to Work (GPTW). Chaque année, cet institut indépendant récompense et classe les entreprises implantées en France qui se soucient du bien-être de leurs collaborateurs. Qui établit le classement ? Les dirigeants des dites entreprises ? L’institut Great Place to Work ? La médecine du travail ?  Le classement est établi par les salariés, qui renseignent anonymement un questionnaire détaillé de 60 questions.

Cette soirée fut riche en enseignements et je souhaitais partager avec vous un constat et trois secrets de ce champion du bien-être au travail.

Tout d’abord, constatons que le bonheur ne fait pas recette au sein des entreprises du CAC 40.

En effet, aucune entreprise du CAC 40 ne figure dans ce classement. Pourquoi ? Pour une raison simple: il n’existe aucune preuve scientifique que le bonheur au travail contribue à la performance. Personne n’a réussi à démontrer la relation de cause à effets entre bonheur croissant et résultats en croissance. Pourquoi les dirigeants devraient-ils donc s’en soucier ? Jusqu’à preuve du contraire, le cours du bonheur n’est pas coté en bourse. Faisons preuve d’un peu d’optimisme. Il est rassurant de constater qu’à l’inverse, aucune étude n’a démontré qu’être insupportable avec ses collaborateurs contribuait à une performance exceptionnelle.

Secret n°1: Acceptez que le bien-être au travail plombe vos résultats opérationnels

Lorsque vous posez la question à Bertrand Bailly, Président de Davidson Consulting, sur ce qui le pousse à s’occuper du bien-être de ses 1600 collaborateurs, la réponse surprend. Ce n’est pas la recherche du profit qui le guide. Lorsque Davidson investit des centaines de milliers d’euros dans un campus en Banlieue Parisienne pour loger ses jeunes ingénieurs, l’impact est forcément négatif sur le résultat opérationnel. Ce qui motive les dirigeants de Davidson consulting c’est une philosophie personnelle avant la recherche du profit. "Il est plus agréable de travailler avec des gens, heureux d’arriver au bureau le matin, plutôt que l’inverse. Nous passons entre 8 et 12 heures par jour ensemble autant que cela le soit entre gens ayant la banane", indique Bertrand Bailly.

Secret n°2 : Laissez faire votre équipe

Le problème avec le bonheur, c’est qu’il ne se décrète pas. Le "sois heureux et fais ce que l’on te dit" donne rarement de bons résultats. Les entreprises primées au classement GPTW sont dirigées par des patrons qui donnent le la, impulsent le mouvement mais surtout laissent décider leurs équipes. Ils ne sont ni des chefs de régiment, ni des chefs d’orchestre mais plutôt des animateurs de tribus qui décident de lâcher prise, donnent de l’énergie, rassurent et acceptent l’erreur. Par exemple, chez Davidson Consulting, l’identification et l’animation des 14 sujets stratégiques sont de la responsabilité de groupes de travail et non pas de celles des deux associés fondateurs.

Secret n°3: Utilisez le digital comme un moyen et non pas une fin en soi 

Parmi les 20 premiers du classement 2016 des entreprises de plus de 500 salariés, la moitié étaient des entreprises "digitales natives", ayant intégré le digital dans toutes leurs activités quotidiennes. C’est un merveilleux outil pour piloter l’entreprise. Tout y est visible et prévisible grâce au big data.

Chez  Davidson Consulting les consultants s’interrogent une fois par mois sur leur équilibre de vie personnelle/professionnelle et sur leur principal irritant. Toutes les données sont compilées, analysées et comparées mensuellement. Gare aux managers qui laisseraient des indicateurs orange clignoter trop longtemps. Mesurer c’est bien, agir c’est mieux car seul prendre le pouls n’a jamais guéri le malade. Trop souvent dans nos entreprises, les baromètres annuels sociaux ne sont pas suivis d’actions concrètes.

Que faire et comment réagir face cette révolution numérique qui met la pression sur tout un chacun ? Le danger du digital, c’est son côté «Big Brother » à l’affût de la moindre erreur. La mission du manager à l’heure du digital ce n’est pas de se prendre pour Dark Vador et de tout contrôler mais plutôt d’adopter la posture de Maître Yoda, à savoir être affable et prendre du recul par rapport aux impitoyables tableaux de bord digitaux.

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