Et oui, les nouvelles technologies influent sur les relations humaines traditionnelles

Impossible désormais de vivre sans Smartphone et réseaux sociaux. Il est vrai que ces outils offrent bien des avantages. Mais ils changent notre rapport à la vie et au travail.

 

D’ici 2020, ce sont 20,8 milliards d’objets qui devraient être connectés dans le monde (1). En 2015, la France comptait déjà 72,1 millions d’abonnements téléphoniques en France (2) -  7 milliards dans le monde (3) - et presque autant de téléphones en service. Ces chiffres ont de quoi donner le tournis. Mais qu’en est-il de la relation humaine dans tout ça ?  Dans un climat social particulièrement tendu, ces technologies qui accompagnent notre quotidien, favorisent-elles le lien inter-personnel ?

 Le Web : un changement révolutionnaire ? 

Non, le Web n’a rien inventé à proprement parler. Du moins pas pour créer des relations entre les humains. Ce qu’Internet a bouleversé, c’est la portée de ces relations : hier on discutait avec ses proches, famille ou amis près de chez soi. Aujourd’hui, on peut entrer en contact et échanger avec le monde entier en seulement quelques secondes. Ce qui a changé, c’est donc le médium, le support, l’outil grâce auquel la connexion entre ces personnes va s’effectuer : cela se passe désormais autour d’une application ou d’un réseau social.

Nous sommes désormais accros à la technologie… 

Difficile de le contredire, mais difficile également de l’accepter : nous sommes devenus techno-dépendants. Qui se souvient de la dernière fois qu’il a rejoint une destination inconnue sans GPS ? Peut-on encore se passer de son smartphone ? Une étude a montré que les générations actuelles ont plus de difficultés à se passer de Facebook et de Twitter que d’être privé de manger, de fumer ou de faire l’amour (4). Il existe même des cliniques spécialisées dans la prise en charge des personnes ayant une addiction aux technologies et on ne compte plus les articles qui évoquent les nouvelles méthodes de déconnexion. Même la Loi Travail évoque un droit à la déconnexion.

…et on ne va pas s'en plaindre. 

En dehors de ces quelques exceptions, le constat est clair : la technologie rend service, aide l’humain, appuie ses actes et permet les relations. Non, la technologie ne crée pas les échanges, elle les transforme. 

Jusqu’ici, pour écouler les vêtements de ses enfants devenus trop petits, on devait attendre la brocante annuelle de la ville ou du village. Aujourd’hui ? On peut déposer une annonce sur des sites de revente en quelques clics. Facile, pratique, utile. Ce qui n’empêche pas les brocantes de continuer à prospérer en parallèle.

Il y a désormais une application pour tout. Il existe des réseaux sociaux pour ne plus aller faire son jogging tout seul, des communautés en ligne pour aller chasser des Pokémons en groupe, on peut choisir ses coworkers et son lieu de travail, même pour quelques heures… Ce que les internautes recherchent désormais, ce sont d’autres personnes qui partagent les mêmes centres d’intérêts autour d’événements qui leur ressemblent. Et cela est devenu accessible à tous.

Aujourd'hui, de nombreuses relations sociales sont devenues possibles grâce aux nouvelles technologies. Souvenez-vous des premiers Apéros Facebook : des centaines, parfois des milliers d’internautes sans autres points commun que la proximité géographique et l’appartenance à un même réseau social. Un phénomène nouveau par son ampleur, rendu possible grâce aux réseaux sociaux et aux nouvelles technologies. Pour autant, rien de révolutionnaire dans son principe : la plupart étaient des jeunes venus échanger autour d’un verre et se rencontrer ailleurs qu’entre les lignes de codes d’un réseau social.

Des relations sociales certes, mais des relations chamboulées. 

Elles ont été transformées, avec les outils technologiques et les nouveaux usages qui en ont découlé. La génération Y est née avec un clavier dans les mains, la génération Z ne peut se séparer de son smartphone. En plus de l’explosion des frontières géographiques, les nouvelles technologies ont créé une culture de l’immédiateté : on ne veut plus attendre une réponse à un SMS ou à un mail : on veut savoir dans la minute. Pourquoi ? Parce qu’on peut tout trouver, partout, tout le temps, dans (presque) toutes les circonstances.

Autre tendance apparue avec les nouvelles technologies : la possibilité de pratique et de partages de ses passions partout dans le monde grâce à des sites dédiés. Par exemple, une jeune femme qui se trouve en voyage professionnel à Dallas, férue d’équitation et qui souhaite simplement participer à un événement dédié, sur place, le temps d’une soirée. La recherche et l’inscription est simple via ces sites. Il lui est même possible de gérer sa participation à un événement lui correspondant directement depuis une application. Simple et efficace quand on se trouve à des milliers de kilomètres et qu’on ne connaît personne sur place.

On peut également citer la possibilité de demander de l’aide, du soutien ou un conseil en quelques clics. Les réseaux sociaux ont remplacés les forums existants depuis des années sur internet : les pages bons plans et réductions, les pages dédiées aux recherches d’emploi, celles pour revendre des vêtements pour enfants… Tout cela a été rendu possible grâce à Internet et aux supports (smartphones, ordinateurs, tablettes, etc.).

"Generation now"

On entend parfois qu’il y aurait de moins en moins de rassemblements de masse, la faute aux nouvelles technologies et aux réseaux sociaux ? Les concerts ne désemplissent pas, les salles de cinéma battent des records de fréquentation et il n’y a jamais eu autant de festivals. Idem pour les stades sportifs. Il arrive même qu’un événement lambda bénéficie d’un engouement exceptionnel sur les réseaux sociaux, et inversement. Tout va plus vite.

Evidemment, certains regrettent les bras levés en l'air lors de concerts ou d'évènement massifs pour profiter pleinement du moment, remplacés par les téléphones. Mais cela fait partie de l’évolution de ces relations sociales : les gens ressentent le besoin de tout partager, pour immortaliser l’instant présent : c’est la « Generation Now ».

Mais ces relations fictives ne se font pas au détriment de l'implication dans le monde réel, un internaute pouvant tout à fait rendre visite à ses voisins ou participer à des activités à l'échelle locale, au même titre que les « non connectés ». Le temps où les nouvelles technologies étaient vues comme une menace pouvant potentiellement enfoncer un utilisateur dans une « spirale d'isolement » est révolu, il est temps de les percevoir comme un moyen de s’ouvrir au monde et trouver plus rapidement des activités IRL (5).

(1) Étude Gartner (2015) : http://www.gartner.com/newsroom/id/3165317

(2) Étude Arcep (2016) : http://www.arcep.fr/index.php?id=13166
(3) Étude Ericsson (2016) : http://www.ericsson.com/res/docs/2015/ericsson-mobility-report-august-2015-interim.pdf
(4) Étude University of Chicago (2012) :
https://www.theguardian.com/technology/2012/feb/03/twitter-resist-cigarettes-alcohol-study

(5) IRL : in real life – dans la vraie vie

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