Comment appliquer le droit à la déconnexion ?

C'était prévu par la loi El Khomri. Pour lutter contre le burnout, il existe un droit à la déconnexion applicable depuis le 1er janvier 2017. Mais le principe est flou et la mise en oeuvre pas si facile.

La barrière entre le monde professionnel et la sphère personnelle s’efface et on passe de l’un à l’autre d’un simple appui sur son clavier tactile. Il est aujourd’hui devenu très simple et courant de consulter, répondre aux sollicitations professionnelles à tout moment y compris le soir, le week-end ou pendant les congés.

Qui n’a jamais entendu (ou dit) : "juste une minute, je réponds à un dernier mail c’est très urgent", "je m’avance, je vais gagner du temps sur mon retour", "je me décharge de l’information en la traitant de suite"… On répond à toute heure et tout de suite, par scrupule ou par peur de ne pas être vu comme un salarié efficace » et dévoué. Autant de mauvaises raisons qui contribuent à favoriser le burnout du salarié, à troubler son sommeil ou à rester en permanence avec l’application pro branchée dans le cerveau.

Avec l’impact du numérique sur notre société, nous disposons de nombreux moyens de communication (ordinateurs portables, tablettes, smartphones, montres connectées…), qui nous accompagnent au quotidien. Les usages et avancées technologiques évoluent aussi vite que notre addiction technologique. Un comportement qui peut vite déraper dans le monde de l’entreprise. Certes, le numérique permet d’améliorer la productivité notamment grâce à un temps de réponse toujours plus rapide (mail, smartphones, chats et autres messageries instantanées…), et certaines formes d’organisation ou de fonctionnement ont également évolué ces dernières années dans l’entreprise (fourniture de smartphone, démocratisation du home office…), mais à quel prix pour les salariés ?

Face à cette révolution numérique, les dirigeants d’entreprises n’ont pas tous pris conscience des risques et impacts négatifs que cela pourrait engendrer envers leurs salariés.

Le rapport de Bruno Mettling (ex DRH d’Orange) en septembre 2015 sur la transformation et la vie numérique au travail met en garde contre d’éventuelles dérives et parle du droit à la déconnexion, (digital detox) pour permettre un meilleur équilibre entre monde professionnel et monde personnel. Il a servi de source d'inspiration pour la loi Travail.

Mais ce droit à la déconnexion est-il réellement possible ?

Sans un accompagnement bien encadré de l’entreprise et de ses salariés, on pourrait en douter. C’est pourquoi il est urgent, selon moi, de mettre en place un devoir de déconnexion de l’entreprise afin que cette dernière montre à son salarié l’importance de la digital detox et le fasse enfin déculpabiliser. La direction doit appuyer sa charte par de l’information, des formations voire par la mise en place d’interdiction d’accès à son smartphone professionnel à l’aide de solutions comme Calldoor.

L’application de ce droit permettra d’éviter les facteurs de risque pouvant amener à un épuisement professionnel. Il est temps d’entrer dans l’ère de la digital detox.

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