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Telechargement musical : les tubes pour tous ou la culture subventionnée

  (Jean-Luc Biaulet)

Voila qui a l'avantage de dire clairement ce qui se cache derrière le lobbyisme actuel pro-licence globale qui est proposée par politiciens, universitaires etc... bref tout sauf des professionnels de la filière musicale a qui on interdirait presque de s'exprimer sur leur propre métier (hé oui ils sont du coté des vilaines majors). Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas de la place pour la musique en stream de qualité sur abonnement. Cf la nouvelle plate-forme Spotify. (29/04/2009)

Telechargement musical : les tubes pour tous ou la culture subventionnée

  (thx51)

La loi en question ne se limite pas qu'à interdire le téléchargement de la chansonnette. La France est le premier pays à instaurer une loi contre le piratage autorisant une société privée à analyser le traffic internet d'un abonné, et de le punir en conséquence. L'histoire politique nous montre bien qu'une fois une porte entrouverte, on ne la referme jamais. Ici, c'est la porte ouverte à une génération de lois prônant la surveillance électronique, avec toutes les dérives au niveau des libertés individuelles que cela va engendrer.

Je déteste ces expressions "consommation culturelle" ou "industrie culturelle". Cela renvoie à une image d'un produit manufacturé à la chaîne, vendu, et puis devenu inutile. Or la vrai culture (et pas celle qui est macdonalisée, que malheureusement on essaye de nous faire avaler aujourd'hui, Star'ac en tête) ne se fabrique pas, elle n'a pas prétention de se vendre, et elle ne se périme jamais.
C'est drôle de parler de liberté dans le système actuel. Quand une personne allume son poste de radio, et qu'elle n'entend que 10 "tubes" en boucle, je n'appelle pas ça la liberté. Je dirais plutôt que le système actuel est un lavage de cerveau s'auto-alimentant (la promotion assure la vente, la vente assure les revenus, et les revenus assurent la future promotion).
Or la licence globale, loin d'être une collectivisation de la culture, serait la libération des contraintes de l'accès à la culture. Vous le dîtes-vous même, aujourd'hui c'est une catastrophe. Mais comment mieux promouvoir les jeunes artistes qu'en rendant leur production gratuite ?

En fait aujourd'hui, le problème c'est que l'on veut vendre de la musique comme l'on vent un sandwich macdonald. Au départ, ça a fonctionné car le support et le contenu était unifié (vinyle, K7 puis CD), on ne faisait donc pas la différence le CD et la musique qu'il contenait. Le consommateur achetait la musique, et la maison de disque vendait le support (et tout le monde était content). Contente de ses revenus colossaux, la filière "culturelle" a pris du poids, et a recruté. Problème : aujourd'hui la musique est dématérialisée, et le postulat selon lequel musique = support n'est plus valable. Alors la solution envisagée est de déduire le prix du support matériel, et de continuer à vendre le bruit. Mais problème, il semblerait que les gens ne soit pas près à payer le prix que l'on impose pour des vibrations de l'air.

Alors on peut essayer de lutter contre le progrès (internet), on peut essayer de maintenir l'abrutissement de la masse, comme la loi le prévoit. Mais on peut aussi accepter l'évolution et le fait que cette industrie n'est plus compatible avec la technologie actuelle.
Et il faut se retirer de la tête que la "bonne musique" nécessite de grand moyens. N'importe quel musicien ayant disposé d'une formation musicale sérieuse, peut vous garantir que le niveau de recherche des "tubes" du top 10 correspond à celui d'un livre de 15 pages destiné au enfants de maternelle. (28/04/2009)

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