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 LA TRIBUNE DE DAN VOGEL 
Le sauvetage en cours de l’économie sera-t-il éthique et durable ?
Les gouvernements débloquent des milliards pour sauver les entreprises les plus touchées par la crise. Mais ces dernières le méritent-elles vraiment ? Quels sont les risques ? Comment faire accepter cela à la société ? Les explications de Dan Vogel.
(19/03/2009)
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5 000 milliards de dollars ont été mobilisés par les gouvernements depuis six mois pour recapitaliser les banques ou garantir des dettes. Cela représente plusieurs centaines de fois le déficit de la Sécurité sociale, ou deux fois le PIB français. Ces chiffres donnent le vertige. Ce montant, égal à 155 millions de SMIC annuels, charges comprises, interpelle le nouveau licencié ou celui qui a des difficultés à boucler ses fins de mois ; ils aimeraient bien profiter de ces sommes également...
 
Il ne fait aucun doute que les injections massives de cash dans l'économie sont indispensables. Il faut à tout prix, au sens presque littéral du terme éviter une crise systémique similaire à celle de 1929. Elle s'est transformée en grande crise (monétaire, boursière, immobilière, économique) notamment à cause d'un manque de liquidités : des entreprises saines et des citoyens solvables ne disposaient plus des fonds nécessaires pour investir et consommer.
 
Cependant, pour éviter d'alimenter une explosion sociale qui aurait plus qu'accessoirement des répercussions économiques, l'intervention salvatrice des gouvernements doit être entendue comme juste, sinon les derniers événements sociaux seront une broutille comparés à ce que nous pourrions connaître.
 
Que doit-on redouter alors ? Dans les années 1930, les sentiments d'injustice, d'appauvrissement général et de chômage participèrent à l'accroissement du racisme, de la xénophobie, de l'antisémitisme puis au déclenchement de la guerre.
 
Nous sommes très loin du pire, mais nous ne l'éviterons que si l'économie ne s'effondre pas et si le sentiment de justice reste peu ou prou intact. Cette équation est difficile. L'économie de marché reste toujours le seul système viable pour assurer la croissance.  Le capitalisme repose théoriquement sur la récompense du plus performant. Or, les aides actuelles se font au gré des urgences et ne gratifient pas les meilleurs acteurs économiques. Elles iraient même jusqu'à aider ceux qui ont été les moins efficaces...
 
Les montants mobilisés posent dès lors plusieurs défis de compréhension dans leur équité. Tout d'abord, comment trouve-t-on si rapidement de pareils montants ? Ensuite, quelle justice prime dans la distribution de ces richesses ?
 
Pour répondre à la première question, 5 000 milliards de dollars représentent un mois de la production de la richesse mondiale, ou encore 20 % de la baisse potentielle du PIB mondial si l'on connaissait une chute de la production mondiale du même ordre que celle entrainée par la crise de 1929 aux Etats-Unis.  Autrement dit : aux grands risques, les grands moyens ! Des investissements de cette ampleur font sens relativement aux pertes qu'ils cherchent à éviter
 
A la seconde question : la distribution de ces aides est elle juste ?, ces montants doivent apparaître essentiellement comme un investissement pour relancer une machine économique en panne. Les gouvernements ne peuvent pas « pêcher » pour des entreprises ou salariés en difficulté, ce ne serait pas durable ; mais leur donner les moyens de « pêcher » par eux-mêmes. Pour le reste, la société civile n'acceptera les renflouements des banques et des entreprises que dans un cadre éthique bien strict. Les entreprises relaient d'ailleurs cette démarche : selon une enquête Enablon du mois de décembre dernier, 74% des entreprises estiment que le manque d'éthique est responsable de la crise financière actuelle. Ainsi, Nicolas Sarkozy en France et Barack Obama aux Etats-Unis exigent des entreprises aidées des règles très strictes de rémunération. Dans la même lignée, ce dimanche 22 février, les dirigeants européens ont convenu que tous les acteurs du système financier devaient être soumis à une réglementation et à des contrôles.
 
 
Les enjeux à court terme de la crise actuelle, ne doivent pas faire oublier le plus long terme. Il faut maintenir la lutte contre le réchauffement climatique. Il faut relancer la construction en investissant sur des matériaux verts : le redémarrage du secteur automobile devra s'appuyer sur les biocarburants et les technologies d'économie d'énergie. Les banques doivent contribuer au financement de programmes pour la gestion durable des forêts dans les pays en voie de développement, etc.
 
Le défi sera alors de faire entendre ces aides par les citoyens, même s'ils sont condamnés à n'en profiter que très partiellement à court terme.

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Le sauvetage en cours de l’économie sera-t-il éthique et durable ?

  (JEANDO)

La crise suit un cours tout comme un fleuve tranquille qui coule sous nos yeux impuissants, avec une source et une embouchure.

Si on compare avec La Seine, et si le fleuve pue du fait des produits toxiques qu’il contient au Havre, il faut, d’abord, voir si du lisier ou du purin, ou les deux, ne sont pas déversés au Mont Gerbier des Joncs.

Agir à la source, voilà comme dit Y. Calvi.

La source, ici, est, en premier, de nature bancaire. Les gens le savent. Au lieu d’agresser les petites stagiaires du rez de chaussée des guichets de banques vous les voyez tous les cent mètres, il faut s’attaquer aux responsables du troisième étage et frapper fort ; mais sans leur faire risquer une banqueroute et sans créer un nouveau manque de liquidités. Justement au moment où chacun sait qu’elles sont planquées ces fameuses liquidités non gagnées pour reprendre l’expression de M Allais, notre économiste préféré.

La crise originelle est liée, essentiellement-me semble t-il- à des imprudences des banques américaines surtout -mais pas seulement- dans le domaine immobilier surtout, mais pas que là. Acharnées à réaliser un maximum d’intérêts par des prêts innombrables afin de relancer la croissance, les banques américaines, mais pas qu’elles, ont créé un maximum de fausse monnaie en dollars se servant d’un capital sans correspondance en biens et services : bref en créant de la monnaie ex-nihilo.

Faisons la supposition qu’un fils doué de la mafia internationale, fasse de bonnes études de droit, achète diplôme en poche une banque à vendre (il va y en avoir) et ceci avec l’argent blanchi de la drogue, installe dans les caves de ladite banque une bonne planche à billets modèle updaté infaillible (Revoyez le film : Le cave se rebiffe avec Jean Gabin), et se mette à distribuer des crédits contre intérêts à des déposants complices. Ceci avec une réserve fractionnaire de 100 prêtés contre 1 encaisse.

Vous verrez que : “Les clients seront consentants”. Les fausses monnaies de la mafia ne se distingueront en rien des vraies monnaies distribuées par les petites banques refinancées par la BCE ou par la FED, encore moins ! Conclusion : les banques distribuent de la fausse monnaie tout autant que des faux monnayeurs (c’est la thèse de notre Nobel d’économie 1988, Maurice Allais). Grâce à de fausses factures, des clients peuvent donc obtenir des crédits importants et même sans fausse facture. Les intérêts versés aux banquiers seront planqués dans des paradis fiscaux.

Les banques américaines ont, de plus, perdu toute crainte d’insolvabilité. Comment ? Tout le monde le sait. Un, en ne se basant pour ces prêts que sur des garanties hypothécaires alors que nul ne connaît la variation des prix de l’immobilier au lieu de se baser sur les revenus du travail, moins sujets à des fluctuations. Imprudence ou acte volontaire ? Deux, en perdant toute prudence quant aux choix de leurs emprunteurs ; De ce fait, le taux de 3 % de non remboursement du capital est passé à un taux d’insolvabilité de 30 %. Trois, en créant, non pas des cautions solidaires devant couvrir les prêts défaillants, mais une titrisation internationalisée garantissant ces prêts à risque. Cette titrisation mondialisée permet de dissimuler, dans des conglomérats d’actifs financiers, les risques de tels prêts immobiliers à taux variable, fondés sur une hypothétique garantie hypothécaire. Quatre, en procédant à la saisie des nombreuses maisons des personnes défaillantes, ce qui a produit un stock d’immobiliers invendus à l’origine d’une chute des prix de l’immobilier américain.

La solution serait, par une loi fort autoritaire, de réévaluer les biens immobiliers en cours d’acquisition à la baisse selon les lois du marché. La banque doit alors garder les biens saisis, tout en faisant payer à la personne un loyer au lieu de l’expulser avec toutes les conséquences sociales et personnelles lamentables de ces expulsions. Pour quel loyer ? Pour le montant réévalué à la baisse du bien auquel on applique le taux directeur de la FED. Exemple : Soit un prêt pour un bien à un montant de 1.000.000 de dollars au taux fixe de 4 % soit 3.400 dollars d’intérêts mensuels + le remboursement du capital. Réévaluation au niveau de 600.000 dollars soit – 40 %. Saisie du bien au bénéfice de la banque. C’est donnant donnant. Loyer au taux directeur de 0,25 %, soit 1.250 dollars mensuels sans capital à rembourser. Gain : une somme à débourser par le locataire divisée par 5. Il faut à tout prix éviter une crise systémique similaire à celle de 1929.

La seconde décision à prendre est la saisie, par une seconde loi autoritaire du parc immobilier de toutes les banques. Donnant, donnant. En leur faisant payer des loyers élevés pour l’usage de leurs propres bureaux. On verra alors revenir les capitaux planqués en paradis fiscaux. 5 000 milliards de dollars ont été mobilisés par les gouvernements depuis six mois pour recapitaliser les banques ou garantir leurs pratiques d’endettement gigantesque. Ce n’est pas autre chose que de socialiser ou de titriser les risques bancaires au monde entier, par gouvernements interposés. Nous devons ne pas obéir aux injonctions américaines qui veulent faire payer au monde entier leur énorme endettement. Cependant, pour éviter d'alimenter une explosion sociale qui aurait plus qu'accessoirement des répercussions économiques, l'intervention de gouvernements s’impose sinon les derniers événements sociaux seront une broutille comparée à ce que nous pourrions connaître. Que doit-on redouter alors ? Dans les années 1930, les sentiments d'injustice, d'appauvrissement général et de chômage participèrent à l'accroissement du racisme, de la xénophobie, de l'antisémitisme puis au déclenchement de la guerre. Nous sommes très loin du pire, mais nous ne l'éviterons que si l'économie ne s'effondre pas et si le sentiment de justice reste peu ou prou intact. Cette équation est difficile. L'économie de marché reste toujours le seul système viable pour assurer la croissance. (21/03/2009)

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