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LA TRIBUNE DE GENEVIEVE BOUCHE
L'AUTEUR
GENEVIEVE BOUCHEco-fondateur, Enove consulting MEME THEME
Le management de l'innovation, un nouveau métier
"Innover" : le mot se trouve sur toutes les lèvres. Oui, mais encore faut-il passer de l’allégation à l’action. Geneviève Bouché explique pourquoi et surtout comment.
(04/12/2008)
L'innovation est présentée comme la porte de sortie de la crise financière actuelle. N'est-ce pas un peu exagéré?
Non, les consommateurs veulent consommer autrement, les entrepreneurs sont contraints de produire autrement. C'est une évolution irréversible. Innover est aujourd'hui la seule voie possible pour reconfigurer le paysage économique et répondre aux exigences de développement durable. Les dirigeants de Procter & Gamble disent qu'ils ont résolu leurs problèmes d'innovation en "gérant une meute de start-ups" : métaphore ou réalité? Ce qu'ils veulent dire par là, c'est qu'ils ont totalement repensé leur manière d'innover. Pour une entreprise qui a une marque à défendre, l'innovation devient une nécessité absolue. Tomber en panne d'innovation, c'est être contraint à se battre sur les prix. Quand la marque en arrive là, ses jours sont en danger ! Le défi que s'est fixé ce grand groupe était de gagner la flexibilité d'une start-up tout en conservant son assise marketing et financière. Pour y parvenir, il leur fallait repenser leurs processus d'innovation ; ils ont décidé en particulier de rechercher en tout point de la planète les entreprises capables de répondre à des exigences inédites, au lieu de limiter les avancées aux seuls résultats obtenus par les laboratoires en interne. Ce qu'a fait Procter & Gamble n'est certes pas une approche adaptée à toutes les grandes entreprises. En revanche, chacune doit aujourd'hui examiner comment décupler sa capacité d'innovation: la maîtrise de l'or gris devient la clef de la compétitivité. Gérer l'or gris est un métier à part entière ? Oui, c'est ce que nous sommes en train de découvrir. Les entreprises ont connu tour à tour le règne du bureau d'étude, puis du marketing, puis de la finance. Aujourd'hui toutes les compétences sont invitées autour de la table. Elles doivent fonctionner en synergie au sein de projets toujours plus complexes. Pour que de réelles innovations émergent, il faut un acteur capable de créer et gérer des tensions créatives dans un climat contributif étendu, tout en composant entre contraintes opérationnelles et enjeux politiques. C'est souvent délicat à trouver. Quand faire appel à un manager externe? En régime de croisière, des "directeurs de l'innovation" font de la veille, recueillent idées et suggestions et les confrontent aux approches de prospectivistes spécialisés. Quand elles lancent des projets innovants, les entreprises font appel à des managers externes. Ces experts valident les projets, leurs business modèles notamment en apportant une vision prospective. Extérieurs aux jeux de pouvoir internes, ils garantissent des arbitrages objectifs et permettent à chaque contributeur de libérer son potentiel avec la garantie que son apport est reconnu. Quel genre de dossiers confier à un consultant en management de l'innovation ? Prenons le cas d'une entreprise en phase d'augmentation de capital. Un cabinet spécialisé dans le management de l'innovation l'aidera à changer de dimension en renforçant sa stratégie et ses modes de gouvernance, en "miniaturisant" pour elle certaines bonnes pratiques de grandes entreprises. Y faire appel fiabilise la prise de risque des investisseurs. Les grands comptes savent que pour innover ils doivent insuffler un esprit "start-up" dans leur organisation. Cet expert de l'entreprise innovante introduit dans les équipes les tensions créatives nécessaires pour libérer les énergies. (avec la participation de Elodie Mellière, co-fondatrice de Enove Consulting)
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Le management de l'innovation, un nouveau métier
(Henry)Geneviève Bouché, co-fondatrice d'Enove consulting, dit que des sociétés "font appel à un manager externe". C'est une démarche singulière qui se voit en réalité que bien peu souvent car quoi de plus critique que la maîtrise interne de ce projet: on peut sous-traiter chacune des composante du projet d'innovation (étude, marketing, production, finance(?)) non sans risque; mais sous-traiter la gestion de projet c'est le risque absolu!
Qu'il y ait besoin de conseils, soit. Mais pas de confier la totalité du projet, soyons raisonnable...
Il ne faut pas confondre journalisme et publi-reportage. Merci. (15/12/2008)
Re : Le management de l'innovation, un nouveau métier
(Stéph)Henry,
Votre réaction est symptomatique d'un certain esprit français. Je ne serais pas étonné si votre métier, voire votre formation, était ingénieur. Car dans votre sémantique vous êtes dans le tout ou rien : "confier la totalité du projet"... qui vous parle de confier la totalité d'un projet? Cela me rappelle la période des années 80 et 90 avec le marketing. J'entends encore les ingénieurs dirent "la définition de produits c'est nous!". En fait, on parle d'une valeur ajoutée externe, en assistance. Dans le sens, soit d'un accompagnement pour libérer les forces créatives d'un groupe et d'un individu. Pensez au responsable qualité dans une boite industrielle : est-ce qu'il est responsable d'un projet ? Non. Mais il prête attention aux méthodes et moyens. (18/12/2008)
Re : Le management de l'innovation, un nouveau métier
(Geneviève Bouché)Effectivement, je n'ai jamais reçu de demande pour la gestion de l’intégralité d’un projet. Ce n’est d’ailleurs pas mon métier.
Les prestations d’un cabinet de management de l’innovation sont centrées la mise en place temporaire ou durable une forme de management spécifique à cette fonction devenue essentielle pour une entreprise et qui se développe en parallèle des forme de management traditionnels orientés vers la production et la vente.
L’autre apport du cabinet de management de l’innovation consiste à insuffler une vision prospective au-delà du périmètre d’expertise de l’entreprise et de ses partenaires habituels.
Désolée pour le dernier paragraphe de l’article qui a été compris comme du publireportage : Enove est un exemple de ce type de cabinet avec ses spécificités.
D’autres cabinets vont s’exprimer avec d’autres spécificités ce qui enrichira la réflexion de chacun. (12/01/2009)
Le management de l'innovation, un nouveau métier
(Duchaussez)En privilégiant le crédit d'impôt recherche, le gouvernement tente d'anéantir l'aide directe à l'innovation proposé par OSEO (branche ANVAR), couplée à un accompagnement très recherché par les PME. Je suis entrepreneur et je regrette vivement cette démarche. L'aide d'OSEO et surtout les analyses concomitantes sont très utiles pour attirer les investisseurs. (22/01/2009)