Le second partenaire financier
de l'entreprise est son investisseur. Il peut être soit un actionnaire individuel,
un "petit porteur", soit un professionnel du placement. Parmi ces derniers,
on retrouve les différents investisseurs institutionnels (compagnies d'assurance,
fonds d'investissements, fonds de pension à l'américaine...), qui
opèrent sur les marchés financiers, mais aussi les fonds de private
equity qui s'intéressent, eux, aux sociétés non cotées.
On peut ajouter les hommes d'affaires à la tête d'holdings financiers,
tels Warren Buffet, Albert Frère ou Ernest-Antoine Seillière.
Tous
ces acteurs ont en commun d'être des experts de l'investissement et, dans
la majorité des cas, ils gèrent des fonds pour le compte de tiers
(les assurés, les épargnants, les futurs retraités...). On
ne s'adressera pas à eux comme on s'adresse au grand public.
Les
attentes des investisseurs qualifiés
| "Les attentes de ces investisseurs portent
sur trois points : la stratégie de l'entreprise, ses résultats et sa gouvernance" |
Un investisseur se rémunère de deux manières :
par les dividendes qu'il perçoit éventuellement à la fin
d'un exercice et par la plus-value qu'il réalise à la cession des
titres. "Les attentes de ces investisseurs portent sur trois points :
la stratégie de l'entreprise, ses résultats et sa gouvernance, explique
Jean-Yves Léger, associé chez Euro RSCG C&O et auteur de La
communication financière. Ils veulent savoir quelle stratégie
a été mise en oeuvre dans le passé et quel en sont les résultats
et les axes futurs. Ils regardent quels sont les guidances de l'entreprise
à deux ou trois ans, c'est-à-dire des chiffres comme les taux de
croissance du chiffre d'affaires, du résultat opérationnel, la rentabilité,
les moyens de financement. Enfin, ils vont s'attacher à comprendre comment
la direction gouverne : est-elle autocratique ou travaille-t-elle en équipe
? Quels sont les administrateurs indépendants ? Comment le management est-il
motivé ?" Autant d'informations qu'il faut fournir à vos
interlocuteurs dans vos documents de communication ou à l'oral quand vous
les rencontrez.
En fonction de leur profil, ils mettront plus ou
moins l'accent sur une dimension ou l'autre. Les investisseurs dans le non coté
misent beaucoup sur le management de l'entreprise. Ils seront donc sensibles aux
questions de gouvernance. En fonction du temps qu'ils souhaitent rester au capital
de l'entreprise, ils seront également plus ou moins intéressés
par la stratégie à long terme.
Des
contacts directs, en face-à-face
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Jean-Yves Léger, Euro RSCG C&O |
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Pour connaître plus précisément
ces attentes, rien ne remplace une rencontre physique. Dans le cas d'une entreprise
cotée, elle se déroule dans le cadre d'un roadshow, une tournée
des actionnaires, existants mais aussi potentiels. "Il ne faut jamais oublier
que les actionnaires en place ne sont pas là ad vitam aeternam.
Un fonds qui est au capital depuis trois ou quatre ans risque de vendre et il
faut anticiper son remplacement", insiste Jean-Yves Léger.
Un
contact direct avec les actionnaires doit être organisé au moment
des résultats annuels et semestriels mais aussi à chaque opération
financière d'envergure : augmentation de capital, acquisition majeure
et, bien entendu, introduction en Bourse. "Outre Paris, une entreprise de
taille moyenne devra aller à la rencontre des investisseurs des places
de Londres, de Zurich, de Frankfort voire d'Edimbourg si elle cherche des investisseurs
de long terme", précise l'expert.
Dans une entreprise
non cotée, cette rencontre est souvent plus naturelle, les investisseurs
ayant beaucoup échangé au moment de la levée de fonds. Elle
ne sera en revanche pas plus fréquente : les fonds de capital investissement
choisissent autant une équipe dirigeante qu'une activité et n'ont
donc pas vocation à s'immiscer dans la gestion quotidienne.
Les
communiqués de presse, l'outil le plus souple
Il ne faudra cependant
pas se limiter aux informations diffusées lors de ces rendez-vous. Pour
une société cotée, un certain nombre de publications ont
d'ailleurs été rendues obligatoires par l'Autorité des Marchés
Financiers (AMF) : d'une manière générale, toutes les
informations pouvant affecter les décisions d'investissement et le cours
de Bourse (voir encadré).
Le
communiqué de presse est alors le moyen le plus approprié. Comme
son nom ne l'indique pas, il ne s'adresse pas qu'aux journalistes et analystes
financiers mais doit aussi être envoyé à tous les investisseurs
qualifiés et être publié
sur le site Internet. "Il est impératif de rédiger le même
communiqué pour tous les publics", précise Jean-Yves Léger.
Son titre doit être limpide et factuel. Quant à sa structure, elle
part du général pour n'aborder le détail qu'à la fin.
| | Les
principales informations réglementées par l'AMF |
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» Les informations sur
la vie du titre (modifications des droits attachés aux actions...) et
sur l'activité de l'émetteur (acquisitions, cessions...). » Les
comptes annuels (bilans, comptes de résultats et annexes), consolidés
s'ils sont disponibles, ainsi que les projets d'affectation du résultat.
» Les résultats semestriels
sous la forme du chiffre d'affaires et du résultat courant, accompagnés
d'un rapport d'activité. » Le
chiffre d'affaires trimestriel En savoir plus
: La
liste complète des informations réglementées sur le site
de l'AMF | |