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Le CESU préfinancé : où en est-on ?

Avec un crédit d'impôt de 25 % et une exonération de charges sociales, le chèque emploi service universel est un outil de rémunération financièrement avantageux. Bilan six mois après son lancement.
Nouveaux leviers


Le chèque emploi service universel (Cesu) est un peu le bras armé de la très médiatique loi pour le développement des services à la personne, présentée par le ministère de la Cohésion sociale durant l'été 2005. Mis en circulation en janvier dernier, le Cesu regroupe en fait deux outils distincts : le chèque emploi service, utilisé comme un chèque bancaire pour rémunérer les personnes employées à domicile mais simplifiant les démarches administratives, et le Cesu préfinancé par l'entreprise.


Un engouement encore limité

Actualité
  6 millions de Cesu déjà préfinancés par les entreprises
C'est ce dernier dispositif qui est véritablement innovant. Sorte de titre restaurant dédié aux services à la personne (aides à domicile, cours particuliers ou assistance aux personnes âgées ou handicapées), le Cesu prépayé est distribué au salarié par l'employeur ou le CE, qui le financent, à leur gré, partiellement ou entièrement. Près de six mois après son lancement, un millier d'entreprises proposent des Cesu à leurs employés, et parmi elles de grands groupes comme Peugeot, Total, Siemens et France Telecom. 1,2 millions de Cesu ont ainsi été traités par le centre de remboursement pour une valeur totale de 16 millions d'euros. Mais pour atteindre l'objectif de 500.000 emplois créés dans le secteur des services à la personne, le dispositif doit se développer bien au-delà.


Des avantages fiscaux et sociaux
Lundi dernier, le ministre Jean-Louis Borloo n'a pas hésité à réunir 700 DRH pour faire la promotion du Cesu. Le principal argument avancé ? Le coût. En effet, le dispositif prévoit une exonération des charges sociales dans une limite de 1.830 euros par an et par salarié, ainsi qu'un crédit d'impôt de 25 %, plafonné à 500.000 euros par an. Le calcul a été fait par Accor Services, l'un des organismes émetteurs de ces titres : un abondement de 100 euros en Cesu représente un coût final pour l'entreprise de 42 euros, contre 104 dans le cas d'une augmentation de salaire équivalente. Sans bien entendu offrir de couverture sociale complémentaire aux salariés. Le dispositif devrait gagner en souplesse à la fin du mois de juin : les Cesu devraient en effet être directement encaissés par les prestataires de services sur leur compte bancaire, sans passer par l'intermédiaire d'un centre de traitement. Un raccourcissement des délais qui incitera certainement les prestataires à plus facilement accepter ces titres comme moyens de paiement.


Un dispositif encore méconnu
Sites
  Agence nationale des services à la personne
Reste à savoir si les employeurs, tout particulièrement dans les TPE et PME, seront enclins à offrir cet avantage à leurs salariés. Lors d'un sondage en ligne réalisé pendant la première semaine de juin par Le Journal du Management, les avis étaient partagés. Parmi les répondants qui connaissaient le dispositif (seuls 52 % du total), 44 % prévoyaient un avenir limité au Cesu, du fait d'un faible engouement des PME, quand 42 % le considéraient comme un bon outil de fidélisation des salariés. Le défi du ministère se situe donc bien sur le terrain de la communication.


Nouveaux leviers

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Dossier réalisé par Séverine Leboucher
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