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http://www.journaldunet.com/management/0703/0703178-bocconi-grando.shtml

Alberto Grando (SDA Bocconi) : "Nous croyons fermement en l'avenir des programmes Executive."

La très réputée Université Bocconi délivre un MBA reconnu mondialement. Très ancrée dans le marché italien, elle met tout en oeuvre pour asseoir son ambition internationale. Rencontre avec son directeur.
Alberto Grando
 
Alberto Grando, SDA Bocconi
 

L'Université Bocconi a ouvert ses portes à Milan en 1902. Sa business school, la Scuola di Direzione Aziendale, délivre son MBA depuis 33 ans. Multiplication des partenariats à l'étranger, ouverture de nombreux programmes Executive, lancement d'une grande campagne de levée de fonds... son directeur, Alberto Grando, évoque les axes de développement de la plus réputée des écoles italiennes.

 

Certaines écoles considèrent que seuls les MBA à temps plein donnent de vrais résultats. Qu'en pensez-vous ?

 
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Alberto Grando. A Bocconi, nous avons des MBA plein temps, des Executive MBA en cours du soir… c'est-à-dire toute une gamme des diplômes. Nous constatons que les MBA full-time se rajeunissent, en s'alignant sur les standards américains - 2 ou 3 ans d'expérience professionnelle au maximum. Parallèlement, les Executive MBA attirent des professionnels plus expérimentés qui souhaitent aussi, au-delà des enseignements délivrés, tirer le meilleur profit des échanges avec leurs pairs. Nous proposons également des Mastères spécialisés Executive dans différents domaines : marketing et ventes, RH, finance…

Nous croyons fermement en l'avenir des programmes Executive, qu'il s'agisse de MBA où de Mastères spécialisés. Il y a de la place sur le marché pour de très bons programmes destinés aux managers plus expérimentés.
Par ailleurs, l'éventail des diplômes que nous délivrons correspond à notre volonté de devenir un acteur international majeur tout en continuant à servir au mieux le marché italien.

 

En quoi le fait d'être italienne sert à Bocconi, sur le très concurrentiel marché mondial des business schools ?

Nous avons une série de Mastères spécialisés consacrés à des domaines où l'Italie est véritablement en pointe : la mode, le design, le luxe… et pour lesquels nous avons développé des partenariats avec l'association Altagamma qui regroupe les marques Ferrari, Bulgari, Gucci, Versace ou encore Ferragamo. Une autre spécificité italienne est la proportion particulièrement importante de petites et moyennes entreprises. Cela nous donne beaucoup de légitimité sur le créneau de l'entreprenariat. Nous sommes enfin en train de lancer un programme intitulé "family business", par définition très italien…

 

Vous proposez depuis plus de 15 ans un MBA spécialisé en économie internationale et en management, le MIEM. En quoi consiste-t-il ?

"Il nous faut monter en puissance sur nos campagnes de levée de fonds."                 

Il élargit le spectre des thématiques managériales habituellement abordées en MBA, au travers d'une analyse en profondeur des évolutions de l'économie mondiale. Les enseignements incluent davantage d'économie que les MBA, plus de relations avec les entreprises, ainsi que de la finance et du marketing internationaux, disciplines toutes deux très impactées par l'internationalisation des marchés. Il s'avère que le MIEM est particulièrement apprécié des étrangers, puisque 85% des quarante étudiants de la promotion proviennent de 25 autres pays que l'Italie.

 

Comment voyez-vous évoluer le marché de la formation continue ?

Aux Etats-Unis, la plupart des business schools se focalisent sur le marché des Masters et des MBA. En Europe, elles sont présentes sur d'autres segments de la formation continue. A SDA Bocconi par exemple, nos quatre principaux domaines d'activité sont les Masters et MBA, les programmes courts de formation continue - surtout destinés au marché domestique -, les programmes spécialement personnalisés pour les entreprises et, en dernier lieu, la recherche. Or nous constatons que la part de l'activité Masters et MBA dans nos revenus est passé de 13 à 35 % en 6 ans. Nous voulons diminuer encore la proportion des programmes courts afin de mieux qualifier et customiser nos programmes.

 

De plus en plus de business schools européennes - en Angleterre, aux Pays-Bas, en France - se rapprochent ou fusionnent pour atteindre une masse critique. Quelle est votre stratégie en la matière ?

Nous croyons dans les réseaux. Nous ne souhaitons pas ouvrir de campus à l'étranger, comme certaines écoles françaises peuvent par exemple le faire à Singapour, ni n'envisageons de fusion avec un autre établissement. En revanche, nous continuons d'établir de solides partenariats avec des écoles étrangères. Nous lançons un EMBA en collaboration avec UCLA et l'Université Fudan de Shanghai et certains de nos Mastères spécialisés sont délivrés conjointement avec des écoles comme l'Esade à Barcelone. De plus, nous sommes en train de développer des programmes spécifiques avec des business schools en Inde, en Chine et au Brésil. Par exemple, notre programme court avec Fudan vise à donner aux professionnels italiens les clés pour aborder le marché chinois. L'inverse est également vrai : sur certains domaines, c'est Bocconi qui forme les professionnels chinois.

 

Pensez-vous que le modèle financier des institutions européennes les freine dans leur développement ?

 
Le MBA full-time de Bocconi en chiffres
 
 
Taille de la promotion
110
Durée
14 mois
Age moyen
30 ans
Expérience professionnelle moyenne
5 ans
Proportion d'étrangers dans la classe en anglais

90 %

(de 32 pays)

Proportion d'étrangers dans la classe en italien
8 %
Proportion de femmes
23 %
 

Nous sommes effectivement très loin derrière les Etats-Unis en termes de levées de fonds et de donations. Pour autant, je ne pense pas qu'il faille augmenter le montant de la scolarité car les étudiants font déjà de leur mieux : ils génèrent 70% de nos revenus. Il faudrait par contre développer la culture "alumni", à la manière américaine, pour impliquer davantage les anciens élèves dans la vie de leur école, notamment financièrement. Mais surtout, il nous faut monter en puissance sur nos campagnes de levée de fonds. Aujourd'hui, en Italie comme en France, les entreprises sponsorisent plutôt des chaires ou des programmes. Nous devons les solliciter davantage. Nous avons donc le projet de lever 100 millions d'euros en 10 ans pour l'Université Bocconi dans son ensemble. En un an, 37% sont déjà acquis. C'est donc tout à fait faisable.

 

Quels sont vos axes de développement ? A quoi allez-vous utiliser ces fonds ?

D'abord à notre nouveau campus de 220.000 mètres carrés - pour 170.000 aujourd'hui -, dans lequel nous pourrons loger deux fois plus d'étudiants. Ensuite, à recruter les meilleurs enseignants et à internationaliser le corps professoral à plus de 50 % : c'est une condition nécessaire pour devenir un acteur international de poids. Nous allons continuer à lancer de nouvelles chaires et à réorganiser certains programmes. Nous allons lancer de nouveaux programmes internationaux en anglais, sur différents formats. Nous allons encore développer nos activités de recherche. Et nous allons essayer de multiplier les aides financières, bourses et prêts destinés aux étudiants.

 

En savoir plus Le site de SDA Bocconi

 

 
PARCOURS
 
 

Alberto Grando a été nommé dean de SDA Bocconi en mars 2006. Il y enseigne également le Corporate Management. Visiting professor à la Cranfield school of management, il est membre du comité scientifique de la chaire Service Innovation and Sourcing à l'ESSEC. A SDA Bocconi, il a aussi dirigé le département des Masters, dont il a remanié le portefeuille de diplômes internationaux.

 



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