Loi Travail (réforme du travail) : ordonnances et grèves

Loi Travail (réforme du travail) : ordonnances et grèves Voulue par Emmanuel Macron, la réforme du code du travail est la suite de la Loi Travail. Le président de la République en a signé les ordonnances le 22 septembre.

Emmanuel Macron l'avait annoncé durant la campagne présidentielle, il compte réformer le code du travail en allant au-delà de la Loi Travail. Cette loi portée Myriam El Khomri, a été adoptée par l'Assemblée nationale le 21 juin 2017 grâce à l'article 49-3. Elle vise à augmenter la compétitivité des entreprises en leur donnant plus de souplesse. Mais elle a également pour objectif d'améliorer les conditions de travail des salariés. De nombreux décrets sont déjà entrés en vigueur sous le quinquennat de François Hollande.
Pour atteindre ses objectifs, Emmanuel Macron a prévu d'agir par ordonnances au cours de l'été 2017.  Le contenu des ordonnances a été officiellement présenté par le premier ministre Edouard Philippe et par Muriel Pénicaud, ministre du Travail au cours d'une conférence de presse le 31 août 2017 à l'hôtel Matignon. Au total, la réforme du Code du Travail prend la forme de 5 ordonnances d'un total de 160 pages. Le projet sera présenté officiellement lors du Conseil des ministres le 22 septembre. Les ordonnances devraient entrer en vigueur à la fin du mois de septembre.

14:23 - Ordonnances : la CGT en appelle au Conseil d'Etat

La CGT conteste la réforme du Code du travail dans les rues, mais aussi par le droit. Le syndicat a saisi le Conseil d’Etat pour contester une ordonnance : celle relative à la négociation collective. Elle prévoit notamment la mise en place du référendum d’entreprise ou encore la barémisation des indemnités prud’homales. Selon la CGT, cette ordonnance "porte atteinte aux droits fondamentaux des salariés (…). Les principales dispositions attaquées sont l’inversion de la hiérarchie des normes, les accords dits de compétitivité et le référendum d’entreprise". Les ordonnances n’ayant pas été validées par une loi de ratification, elles sont toujours contestables devant le Conseil d’Etat.

11:02 - François Hommeril dénonce la fusion des IRP

Le président du syndicat CFE-CGC François Hommeril était invité de LCP le jeudi 19 octobre pour évoquer les chantiers sociaux du gouvernement. Il en a profité pour revenir sur la réforme du code du travail par ordonnances qui selon lui, va avoir un impact sur le travail des représentants du personnel : "s’agissant de notre capacité à influencer le gouvernement, nous sommes un peu déçus car nous avons eu des échos sur le fonctionnement des nouvelles instances représentatives du personnel. Une fois de plus, la proposition du gouvernement est en dessous de ce à quoi on pouvait s’attendre par rapport aux promesses".

10:46 - Marine Le Pen dénonce la Loi Travail

Marine Le Pen était l’invitée de l’Emission Politique le jeudi 19 octobre. Elle a été amenée à débattre contre Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics. L’occasion pour elle de s’en prendre à la réforme du code du travail par ordonnances. Selon elle, il s’agit d’une loi qui s’inscrit dans le cadre du "projet de déracinement" porté par Emmanuel Macron : "La loi Travail créé des salariés jetables avec les nouveaux contrats de mission. C’est injuste et indécent". Au FN, c’était traditionnellement Florian Philippot, désormais en dehors du parti qui portait le fer contre la réforme du travail.

10:38 - Grève du 19 octobre : une faible mobilisation

La journée de mobilisation contre la réforme du Code du Travail qui a eu lieu le jeudi 19 octobre n’a pas connu un immense succès. La cause ? Seuls les syndicats CGT et Solidaires ont appelé à descendre dans la rue. A Marseille, la CGT a revendiqué 20 000 manifestants contre 50 000 le 21 septembre. A Paris, entre 5 500 personnes (selon la police) et 25 000 (selon les syndicats) ont défilé en partant de la gare de Montparnasse. Un chiffre bien en deçà de 132 000 manifestants du 21 septembre. Malgré cela, la CGT se déclare prête à continuer le mouvement pour empêcher l’entrée en vigueur des ordonnances qui seront présentées au Parlement en novembre.

19/10/17 -  14:12 - Paris : le cortège de la CGT s’ébranle

Rendez-vous devant la gare Montparnasse pour les militants CGT qui s’apprêtent pour la troisième fois à défiler contre la réforme du Code du travail par ordonnances. Le syndicat Solidaires participe aussi à la manifestation. 

19/10/17 -  14:09 - Pour Adrien Quatennens, les ordonnances vont créer de l’emploi précaire

Le député insoumis du Nord Adrien Quatennens était l’invité politique de RMC et BFMTV le jeudi 19 octobre. Face à Jean-Jacques Bourdin, il a une nouvelle fois condamné la réforme du Code du travail par ordonnances : "Le mouvement est toujours en action. Sur le terrain, les militants n’ont pas arrêté de faire campagne. Que les choses soient claires, le combat contre les ordonnances de réforme du Code du Travail n’est pas terminé. Elles vont repasser devant le Parlement à la fin du mois de novembre (…). On a beaucoup flexibilisé dans les deux derniers quinquennats. Et cela ne créait pas d’emploi. La politique menée par Emmanuel Macron encourage l’emploi, mais l’emploi précaire. Il y a donc toutes les raisons pour continuer à se mobiliser".

19/10/17 -  14:01 - Ordonnances : Philippe Martinez prêt à aller jusqu’au bout

Contrairement aux autres journées de mobilisation contre la loi Travail, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez ne défilera pas à Paris. Il a pris part au cortège marseillais qui s’est ébranlé le jeudi 19 octobre à Paris. Interrogé par la presse, il a indiqué qu’il ne comptait pas reculer : "Nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout (…). Je n’étais jamais venu défiler à Marseille et comme on dit, il n y a pas que Paris en France (…). C’est une journée plus, ce n’est pas la dernière. Il y a besoin de continuer à expliquer, de développer l’ensemble des préoccupations. Le mécontentement, il est là. Il faut fédérer, faire converger ce mécontentement pour que la mobilisation continue de s’amplifier".

19/10/17 -  10:48 - Pour Nathalie Arthaud, lutter contre les ordonnances est une nécessité

Nathalie Arthaud, ancienne candidate à l’élection présidentielle sous la bannière Lutte ouvrière est vent debout contre les ordonnances Travail. Selon elle il est possible de faire reculer le gouvernement : "La page n’est pas tournée, les ordonnances ne font pas loi. Une loi de ratification est prévue fin novembre. Des lois ont déjà été abrogées après une mobilisation forte (…). Il faut se battre, il faut dire non. On est dans une société où l’argent va à l’argent. Ceux qui bossent n’arrivent pas à boucler la fin du mois (…). La contestation fuse de tous les côtés. Routiers, retraités, fonction publique, secteur privé. J’espère que ce n’est qu’un début", a-elle déclaré sur France 2 le 19 octobre.

19/10/17 -  10:40 - Une grève peu suivie à la SNCF

La CGT Cheminots a appelé à la grève contre la réforme du Code du travail par ordonnances ce jeudi 19 octobre. Sud Rail ne suit pas le mouvement mais envisage de mener des actions en novembre. Par conséquence, d’après la SNCF très peu de perturbations sont à prévoir. Certaines lignes Intercités et TER pourraient être touchées (80% des trains devraient rouler normalement). En revanche, la SNCF s’attend à un trafic normal sur le réseau TGV, international ou Transilien.

19/10/17 -  10:29 - Bernard Cazeneuve qualifie Mélenchon d’idiot utile

Jean-Luc Mélenchon est en première ligne pour combattre la politique du gouvernement, notamment la réforme du Code du travail par ordonnances. Pour cela tous les moyens sont bons : manifestations, concerts de casseroles, omniprésence médiatique… Une attitude qui semble déplaire profondément à l’ancien premier ministre Bernard Cazeneuve. Dans l’Opinion le 19 octobre, il étrille le dirigeant de La France insoumise : "il voudrait que la colère envahisse la société (…). Il n’est pas le chef de l’opposition, il est le chef des faire-valoir de la majorité (…). Par ses outrances, ses excès, ses attaques en forme d’insultes, il constitue l’opposition rêvée du pouvoir".

19/10/17 -  10:16 - Voici les syndicats en grève le 19 octobre

Le lundi 10 octobre, à l’initiative de la CGT une réunion intersyndicale a été organisée pour tenter de mener une action commune contre la réforme du Code du travail par ordonnances. Les syndicats modérés comme FO, la CFTC ou la CFDT ont participé à la réunion. Finalement, les participants n’ont pas opté pour la convergence des luttes. Conséquence, ce jeudi 19 octobre, la CGT est pratiquement seule à descendre dans les rues. Elle défilera en compagnie de l’union Solidaires mais aussi de 13 fédérations de la CFE-CGC. Les syndicats ont prévu une seconde réunion intersyndicale le mardi 24 octobre.

18/10/17 -  12:14 - Mailly s’en prend vivement Mélenchon

Le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly n’a pas du tout apprécié les propos de Jean-Luc Mélenchon qui a critiqué l’attitude conciliante des syndicats face à la réforme du code du travail. Invité de Télé Matin le mercredi 18 octobre, il est sorti de ses gonds : "Il faut arrêter. Enfin tu fais quoi ? Tu fais de la politique ou tu fais du syndicalisme ? Tu es adhérent quelque part ? Ecoutez, on n’a pas de leçons à recevoir de lui ou d’autres. Il est dans un rôle politique, nous on fait du syndicalisme et ce n’est pas la même chose. Il est donneur de leçons. Mais enfin, ce n’est pas un gourou, je ne sais pas. Je ne comprends pas ce genre d’intervention, on ne sait pas où il se situe. On a l’impression qu’il va nous donner des conseils, que c’est le grand organisateur des manifestations. Mais enfin, Non !".

18/10/17 -  12:05 - Manifestation du 19 octobre : les revendications de la CGT

Le jeudi 19 octobre, la CGT va manifester contre la réforme du Code du Travail par ordonnances. Selon le syndicat dirigé par Philippe Martinez, cette nouvelle Loi Travail va "créer une plus grande facilité pour licencier, pour baisser les salaires, pour dégrader les conditions de travail, pour empêcher les salariés de se défendre, bref, pour créer du travail bon marché et jetable (…). Fin novembre, le Parlement devra ratifier les ordonnances sur le droit du travail. Nous devons exiger des parlementaire qu’ils refusent cette ratification". La principale manifestation aura lieu à Paris à 14h. Le départ sera donné place du 18 juin 1940, à côté de la gare Montparnasse.

16/10/17 -  13:58 - Interview du 15 octobre : ce que Macron a dit sur les ordonnances

Emmanuel Macron était l’invité exceptionnel de TF1 le dimanche 15 octobre. Le but du président de la République était simple : expliquer le sens de son action. Interrogé sur la réforme du Code du travail par ordonnances, il déclaré qu’elles "permettront aux entreprises de s’adapter par le dialogue social (…). Il faut donner plus de souplesse aux entreprises pour qu’elles puissent s’adapter". Il a réaffirmé que les mouvements sociaux ne le feront pas reculer : "ce n’est pas la rue qui gouverne (…). Je fais ce que je dis. Ca contrarie peut-être, ça surprend certains". Toutefois, il faudra aller plus loin pour réformer le pays, "on ne change pas une société par une loi".

12/10/17 -  14:38 - Pour s’opposer aux ordonnances, une "chasse au DRH" organisée dans le bois de Boulogne

Le jeudi 12 octobre les DRH des groupes du Cac40 se sont réunis dans le bois de Boulogne au pré Catelan en présence de Muriel Pénicaud, ministre du Travail. Le rassemblement a été troublé par des activistes qui ont appelé à mettre en place une "chasse au DRH", notamment pour protester contre la réforme du Code du Travail par ordonnances. Un site officiel nommé Chasse au DRH au Bois de Boulogne a organisé la manifestation. Plusieurs voitures ont été brûlées, des CRS ont été appelés en renfort pour sécuriser l’évènement. En début d’après-midi, une quarantaine d’interpellations ont eu lieu. Plusieurs associations comme Attac ou Solidaires ont participé à cette "chasse". 

10/10/17 -  10:55 - Réunion intersyndicale : pas de vision commune contre les ordonnances

Le lundi 9 octobre au soir, à l’initiative de la CGT a eu lieu une réunion multilatérale entre les syndicats. Celle-ci a eu lieu à Montreuil au siège du syndicat dirigé par Philippe Martinez. L’objectif était de trouver une ligne directrice contre la réforme du Code du travail par ordonnances. A l’issue de la réunion, les syndicats qui ont participé à la discussion (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, Solidaires, Unsa, FSU) ne sont pas parvenus à définir une "vision commune". Mis à part la CGT, tous les syndicats ont considéré qu’une action de mobilisation était prématurée. Résultat, seule la CGT a appelé à une mobilisation le jeudi 19 octobre.

09/10/17 -  10:26 - Selon un sondage Harris Interactive, le gouvernement restera sourd aux manifestants

Emmanuel Macron a signé les ordonnances réformant le Code du travail le 22 septembre. Et malgré les manifestations, il ne reviendra pas en arrière. Voici l’opinion de 84% des Français selon un sondage réalisé par l’institut Harris Interactive. Les électeurs de Marine le Pen sont 90% à être de ce cet avis. 

05/10/17 -  10:22 - Voici le protocole d’accord entre le gouvernement et les syndicats routiers

Après plusieurs négociations, syndicats, patronat et gouvernement ont trouvé un accord pour mettre fin au mouvement des routiers. Le texte circule sur les réseaux sociaux. Il s’agit d’une dérogation aux ordonnances signées par Emmanuel Macron le 22 septembre. 

05/10/17 -  10:16 - Loi Travail : les routiers trouvent un accord

Mercredi 4 octobre au soir, un accord tripartite a été trouvé entre les syndicats de routiers, le gouvernement et les fédérations patronales. Les routiers contestaient la réforme du Code du travail par ordonnances qui aurait pu avoir des graves conséquences sur leur fiche de paie. En effet, selon les ordonnances, le montant des primes aurait pu se négocier directement au sein des entreprises dont beaucoup sont des TPE ou des PME. Or les primes peuvent représenter jusqu’à 20% de la rémunération des salariés du secteur. L’accord permet de maintenir en l’état les primes, les frais de déplacement ou encore le 13ème mois.

04/10/17 -  11:15 - Selon Edouard Philippe, les ordonnances vont renforcer le syndicalisme

Le premier ministre Edouard Philippe a assuré le "service après-vente" de ses réformes dans une longue interview accordée à Libération le 4 octobre. Selon lui, la réforme du code du travail permettra d’augmenter l’influence des syndicats : "Je ne crois pas une seule seconde que les ordonnances fragilisent les syndicats. Quand vous favorisez les accords majoritaires au niveau de la branche, vous laissez beaucoup de pouvoir aux syndicats. Mais le changement, c’est qu’on leur donne du pouvoir plus près du terrain et moins au niveau politique". Pour le moment, il estime que le syndicalisme n’est pas assez développé dans les petites entreprises : "les syndicats dont absents dans 96% des petites entreprises. En leur sein, il n y a pas de dialogue social aujourd’hui".

04/10/17 -  10:59 - La CFDT ne participera pas aux mobilisations contre les ordonnances

Le mardi 3 octobre, la CFDT organisait son rassemblement annuel Porte de la Villette. A cette occasion, le secrétaire général du syndicat Laurent Berger a confirmé qu’il n’appelait pas à la mobilisation contre la réforme du Code du travail par ordonnances : "Je comprends l’envie de certains d’enfiler les baskets. Mais pour quelle efficacité ? Ne donnons pas d’arguments au gouvernement pour nous ranger sur les rayons du vieux monde". D’après des propos rapportés par Le Parisien, il aurait justifié cette prise de position en coulisse en déclarant "il ne faut pas mentir aux salariés. Les ordonnances ont été signées, devant les caméras d’ailleurs".

02/10/17 -  18:49 - Jean-Claude Mailly appelle enfin à la mobilisation

C’est ce que l’on appelle un changement de ligne radical. Après s’être positionné comme le chantre de la négociation, le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly semble avoir changé d’avis. Dans un édito publié sur le site de FO le lundi 2 octobre, il estime que "nombre de mesures inacceptables figurent dans les ordonnances (…). C’est pourquoi FO considère qu’une mobilisation interprofessionnelle est nécessaire avant la ratification des ordonnances. Nous prendrons donc contact avec les autres confédérations dans les jours à venir. Dans tous les cas, cette journée de manifestation aura lieu". C’est la première fois que FO appelle officiellement à manifester contre la réforme du Code du travail par ordonnances. Rappelons que ce week end, le "parlement de FO" avait voté une résolution appelant à la mobilisation. Ayant refusé de démissionner ce week-end, Jean-Claude Mailly a été contraint de suivre sa base.

02/10/17 -  10:10 - FO : Jean-Claude Mailly contesté par sa base

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière ne fait pas partie des farouches opposants à la réforme du Code du travail par ordonnances. Ainsi, il n’a pas appelé à manifester contre le projet porté par Muriel Pénicaud. Une attitude qui n’a pas plu à sa base. Conséquence : nombreux syndicalistes FO ont manifesté aux côtés de la CGT. De quoi fragiliser la position de Jean-Claude Mailly ? Incontestablement. Ainsi, le 29 septembre, le "Parlement de FO" s’est très largement opposé à la volonté de négocier avec le gouvernement. Un camouflet pour Jean-Claude Mailly qui pourrait ne pas terminer son mandat sous la pression de ses troupes.

29/09/17 -  11:40 - Loi Travail, les routiers prêts à continuer le mouvement

Le jeudi 28 septembre, les syndicats de routiers ont rencontré les fonctionnaires du ministère des Transports pour évoquer les conséquences de la réforme du travail sur leur quotidien. Ils en sont sortis plus déterminés que jamais à continuer la lutte. D’après Le Parisien, ils se sont déclarés "effarés". Les échanges auraient été "très tendus". Ils affirment également n’avoir "rien obtenu de concret". Les syndicats ont donc la ferme intention de poursuivre les mouvements sociaux. Ainsi, dans la nuit de jeudi à vendredi, la raffinerie de Feyzin dans le Rhône a été bloquée.

29/09/17 -  11:30 - Débat Philippe Mélenchon : ce qu’ils ont dit sur le coup d’Etat social

Le jeudi 28 septembre au soir, le premier ministre Edouard Philippe était l’invité de l’Emission politique sur France 2. A cette occasion, il a pu débattre avec Jean-Luc Mélenchon, notamment sur l’utilisation du terme coup d’Etat social utilisé par le leader des insoumis pour qualifier la réforme du Code du travail par ordonnances. Edouard Philippe s’est opposé à l’utilisation de ce terme : "Je m’inscris en en faux contre l’utilisation du terme coup d’Etat social, qui n’est pas issu du vocabulaire démocratique alors que dans cette affaire, nous avons fait confiance à la démocratie et au dialogue". Jean-Luc Mélenchon, de son côté, a confirmé que la réforme s’apparentait à un coup d’Etat : "Lorsque l’on change un siècle et demi de lutte sociale et de compromis sociaux dans le pays et que l’on s’adresse à des parlementaires en disant : de toute façon, on vous avait prévenu, on a trois feuilles avec dix chapitres, et c’est oui ou non, on ne peut pas toucher une virgule ou un mot, J’appelle ça un coup de force, j’appelle ça un coup d’Etat social".

28/09/17 -  16:36 - La loi Travail n’est qu’une étape

Muriel Pénicaud le répète souvent : réformer le quotidien des salariés est un "rubik’s cube". Et la réforme du Code du travail n’est qu’une étape. Voici ce que réserve le programme d’Emmanuel Macron pour les salariés.

28/09/17 -  11:19 - Emmanuel Macron critique l’attitude des insoumis

La France insoumise est en pleine opposition contre la réforme du code du travail par ordonnances. Dans la dernière édition du Canard enchaîné, Emmanuel Macron a des mots très durs envers l’attitude du parti de Jean-Luc Mélenchon. D’après le palmipède le président considère le rassemblement contre le coup d’Etat social du 23 septembre comme "un événement raté". Selon Emmanuel Macron, "Mélenchon se comporte comme ces chefs d’Etat africains qui ont perdu l’élection. Heureusement qu’il n’a pas l’armée avec lui (…). Les révolutionnaires sont souvent des ratés du suffrage universel. Son modèle c’est Maduro et son Assemblée constituante".

27/09/17 -  14:33 - Manifestation du 23 septembre : Raquel Garrido fait le buzz

Cadre du mouvement La France insoumise, Raquel Garrido est également chroniqueuse de l’émission "Les Terriens du Dimanche". Dans l’émission diffusée dimanche 24 septembre, elle s’est réjouie de la mobilisation lors de la marche contre le coup d’Etat social organisée la veille. Problème, l’émission a été enregistrée le jeudi, soit deux jours avant le rassemblement. Une situation qui n’a pas échappé à la presse et à la twittosphère…

22/09/17 -  14:22 - Les ordonnances signées

Entouré de la ministre du Travail Muriel Pénicaud et du porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, le chef de l'Etat a signé les ordonnances de la loi travail en direct à la télévision, à l'issue du conseil des ministres.

Les ordonnances signées - Réforme du travail  ©CNEWS

21/09/17 -  17:10 - A Marseille, Emmanuel Macron est interpellé sur la Loi Travail

En visite officielle à Marseille le jeudi 21 septembre, le président de la République a été interpellé par une salariée en reconversion professionnelle. 

Loi Travail : Macron

Elu à présidence de la République le 7 mai 2017, Emmanuel Macron souhaite aller plus loin que la Loi Travail et effectuer une vaste réforme du code du travail. Il compte procéder à une réforme par voie d'ordonnance dès cet été afin de faire adopter une Loi Travail 2. L'entrée en vigueur de cette nouvelle loi est espérée pour l'automne 2017. Emmanuel Macron et son gouvernement ont prévu dans un premier temps rencontrer les représentants des organisations patronales et syndicales. En effet, la loi Larcher de 2007 relative à la modernisation du dialogue social, impose une phase de consultation avec les partenaires sociaux. Les premières rencontres ont commencé le 23 mai 2017 et se sont terminées le 24 août. Elle est menée par Edouard Philippe et Muriel Pénicaud. 

Réforme du code du travail

Plusieurs mesures sont au cœur de cette Loi Travail 2. Elles sont détaillées dans 5 ordonnances mises en ligne sur le site du gouvernement le 31 août 2017. Intitulé "Projet de loi d'habilitation à prendre par ordonnances les mesures pour le renforcement du dialogue social", le projet comporte 36 grandes mesures visant à instaurer une flexisécurité à la française et à juguler le chômage de masse. Voici les principaux points à connaître :

  • CDD, bouleversements en vue : Pour le moment, les caractéristiques des CDD sont fixées par la loi. Les ordonnances proposent une rupture de taille : désormais, les modalités de ces contrats de travail seront déterminées par la branche. Ainsi, la loi n'aura plus son mot à dire sur des éléments tels que la durée du CDD, le nombre de renouvellement ou encore le délai de carence. Pour la plupart des opposants aux ordonnances il s'agit d'un véritable chiffon rouge qui risque d'accentuer la précarité des contrats de travail.
  • Mise en place d'un contrat de projet (CDI de projet)Si un point de la loi suscite une forte réserve de la part des représentants des salariés, c'est bien la mise en place d'un contrat de projet ou (CDI de projet). Concrètement il s'agit d'élargir le CDI de chantier en vigueur dans le secteur du bâtiment. Pour les syndicats il s'agit de la "mort du CDI" ou encore d'une "généralisation de la précarité". En revanche, le Medef avait proposé la mise en place de ce contrat de travail en 2015. Finalement, le Code du Travail mentionnera bel et bien le contrat de chantier. Ce point sera traité dans le chapitre III du livre II du Code du Travail : "une convention ou un accord collectif de branche étendu définit les raisons permettant de recourir à un contrat conclu pour la durée d'un chantier ou d'une opération". Ainsi, la mise en place de ce contrat de travail se fera non pas au niveau de l'entreprise mais de la branche. Dans toutes les branches ? Sur ce point-là, le texte est flou puisqu'il indique que "ce contrat peut être conclu dans les secteurs où son usage est habituel et conforme à l'exercice régulier de la profession qui y recourt au 1er janvier 2017".
  • Fusion des instances représentatives du personnelDans les entreprises de plus de 50 salariés,  une instance unique nommée "comité social et économique" (CSE) remplacera et fusionnera le comité d'entreprise, le comité d'hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et les délégués du personnel. Selon Muriel Pénicaud, cette instance sera "un lieu pour discuter l'économique et le social". Le but de cette mesure est également de supprimer les "effets de seuil". Aujourd'hui certaines entreprises préfèrent ne pas embaucher plutôt que de dépasser un seuil qui impose la création d'instances.
  • Plafonnement des indemnités prud'homales : Le plafonnement des indemnités prud'homales est une mesure phare de la réforme du travail. Cette réforme avait été proposée à l'été 2015 par un certain... Emmanuel Macron, alors à la tête de Bercy. La mesure avait été retoquée par le Conseil constitutionnel (les sommes versées n'étaient pas les mêmes en fonction de la taille de l'entreprise. Le Conseil constitutionnel a donc considéré qu'il s'agissait d'une rupture d'égalité des citoyens devant la loi). Les ordonnances portant sur la réforme du Code du Travail proposent une fois encore un plafonnement des indemnités prud'homales. Les modalités sont les suivantes : lors d'un licenciement abusif, les indemnités seront plafonnées à 3 mois de salaire jusqu'à deux ans d'ancienneté. Elles augmenteront jusqu'à un maximum de 20 mois de salaire à partir de 30 ans d'ancienneté. En cas de harcèlement ou de discrimination, le plafonnement n'existera pas..
  • Hausse des indemnités légales de licenciement : Actuellement, le délai de recours aux prud'hommes est d'un an pour les licenciements économiques et de deux ans pour tous les autres motifs de licenciement. Les ordonnances prévoient de limiter le délai de recours à un an dans tous les cas de figure.
  • Délai de recours aux prud'hommes raccourci  Actuellement, le délai de recours aux prud'hommes est d'un an pour les licenciements économiques et de deux ans pour tous les autres motifs de licenciement. Les ordonnances prévoient de limiter le délai de recours à un an dans tous les cas de figure.
  • Vers une rupture conventionnelle collective : Si le licenciement peut pour l'instant être collectif, ce n'est pas le cas de la rupture conventionnelle qui ne peut qu'être individuelle. Une situation qui pourrait changer d'après la conférence de presse de Muriel Pénicaud : "la réforme crée une rupture conventionnelle collective. Cette négociation basée sur les départs volontaires pourra être homologuée par l'administration".
  • Réforme du compte pénibilité : Une usine à gaz. Voilà comment le patronat considère le compte pénibilité.  Message entendu par le gouvernement qui consacre une ordonnance entière au  compte pénibilité désormais nommé compte professionnel de prévention. La déclaration des facteurs de pénibilité est supprimée. Selon Muriel Pénicaud, cette réforme n'aura pas de conséquences pour les salariés.
  • La négociation des primes : A l'heure actuelle, les primes se négocient au niveau des branches ou des conventions collectives. La réforme du Code du Travail permet de négocier les primes directement au niveau des entreprises. Comme l'a mentionné Muriel Pénicaud lors de sa conférence de presse du 31 août : " les salariés comme l'employeur pourraient décider de négocier une prime de garde d'enfant plutôt qu'une prime d'ancienneté par exemple".
  • La négociation dans les PME sans syndicat : 96% des TPE n'ont pas de délégués syndicaux. Désormais, dans les entreprises de moins de 20 salariés, il sera possible de négocier avec un employé non mandaté par un syndicat. Cette mesure vise à renforcer le dialogue social dans les entreprises de petite taille. Soulignons que dans les entreprises comprenant entre 20 et 50 salariés, la négociation pourra avoir lieu avec un élu du personnel non mandaté.
  • Le droit à l'erreur de l'employeur : Concernant les licenciements dans les TPE et PME, Muriel Pénicaud a évoqué la mise en place d'un "droit à l'erreur". Le but est de faire en sorte que les "vice de forme de bonne foi, ne pénalisent plus les entreprises" parfois condamnées à payer de lourds dommages et intérêts.

Loi Travail : contenu

La loi Travail a pour objectif d'instaurer une flexisécurité à la française. Son but est d'assouplir le code du travail pour permettre aux entreprises d'embaucher et de faire face à la conjoncture économique de manière plus agile. Pour cela la Loi Travail a instauré plusieurs dispositions : facilitation du licenciement économique, début d'inversion de la hiérarchie des normes au profit du dialogue social, référendum d'entreprise…

Dans le même temps, des droits supplémentaires sont donnés aux salariés ou aux personnes en recherche d'emploi: droit à la déconnexion, compte personnel d'activité (CPA), congés payés facilités, extension de la Garantie Jeunes…

Enfin, la Loi Travail ne touche pas à deux totems du code du travail. La durée légale du travail reste de 35 heures. Les salariés ne peuvent recevoir un salaire en dessous du Smic.

Le contenu intégral de la Loi Travail est téléchargeable sur Légifrance depuis le 8 août 2016. Son contenu est très complexe et la lecture de la loi peut-être difficile pour le grand public. Le dossier Loi Travail du JDN a pour but de résumer les principaux points qui touchent les salariés et les entrepreneurs. 

Licenciement économique

La Loi Travail prévoit de simplifier le licenciement économique. Pour cela, elle définit les critères qui pourront autoriser les entreprises à avoir recours à ce type de licenciement. Il s'agit de la baisse des commandes et de la baisse du chiffre d'affaires. Concrètement, l'application de ces critères dépend de la taille de l'entreprise. Ces mesures sont entrées en vigueur le 1er décembre 2016 :

  • Entreprises de moins de 11 salariés : Un trimestre de baisse du chiffre d'affaires ou de baisse des commandes.
  • Entreprises entre 11 et 49 salariés : Deux trimestres de baisse du chiffre d'affaires ou de baisse des commandes.
  • Entreprises de 50 à 299 salariés : Trois trimestres de baisse du chiffre d'affaires ou de baisse des commandes.
  • Entreprises de 300 salariés ou plus : Quatre trimestres de baisse du chiffre d'affaires ou de baisse des commandes.

L'article 2

L'article 2 de la Loi Travail fait partie des points les plus critiqués du projet de loi. Il prévoit qu'un accord d'entreprise puisse remplacer les dispositions d'un accord de branche, même si l'accord d'entreprise est moins favorable aux salariés. Les opposants à la loi dénoncent une inversion de la hiérarchie des normes et un immense recul social.

Cet article a finalement été adopté et publié au Journal Officiel. Toutefois, il ne correspond pas à l'article 2 mais à l'article 8.

Accords offensifs

L'employeur et les syndicats peuvent par accord d'entreprise, modifier la durée du travail (sur une période limitée dans le temps), le mode de rémunération des heures supplémentaires, le nombre de jours de RTT… En cas d'accord, ces changements s'imposent dans le contrat de travail du salarié. Refuser les modifications pourra être un motif de licenciement économique. Attention, ces accords ne peuvent se mettre en place que dans les entreprises où existent des représentants syndicaux. Le gouvernement s'est inspiré de l'Allemagne où cette mesure a permis d'augmenter la compétitivité et de sauver des nombreux emplois dans le secteur industriel.

Durée légale du travail

La loi est on ne peut plus claire. La durée légale du travail est toujours de 35 heures. Malgré les demandes d'une partie de l'opposition, le gouvernement n'est pas revenu sur la loi Aubry. Toutefois, quelques changements sont à prévoir. Pour le moment, il est possible de travailler 44 heures par semaine sur 12 semaines suite à un accord de branche ou un décret. Avec la loi El Khomri, un simple accord d'entreprise permet de travailler 46 heures sur 12 semaines. En revanche, l'idée d'augmenter la durée légale du travail des apprentis n'est pas mentionnée dans la loi (elle se trouvait pourtant dans le premier avant-projet de loi présenté en mars 2016).

Autre point, en cas de circonstances exceptionnelles propres à l'entreprise, il est possible de porter la durée de travail hebdomadaire à 60 heures contre 48 heures actuellement. En revanche, il est nécessaire d'obtenir l'autorisation de l'inspection du travail en plus de l'accord d'entreprise. Soulignons que la loi ne définit pas la notion de circonstances exceptionnelles. Notons que le projet de Loi Travail 2 ne prévoit pas non plus le retrait des 35 heures qui restent la durée de référence.

Heures supplémentaires

Les majorations restent les mêmes c'est-à-dire 25% pour les huit premières heures 50% pour les suivantes. Mais cette hausse peut être limitée à 10% suite à un accord entre la direction et les représentants syndicaux. Mais pour cela, aucun accord de branche ne doit s'y opposer.

Référendum d'entreprise

Le texte prévoit une première dans le droit du Travail : la mise en place de référendums dans les entreprises. Ces derniers sont initiés par des syndicats représentants moins de 30% des salariés. Pour qu'il soit validé, le référendum doit être approuvé par plus de 50% des suffrages exprimés par les salariés. Les syndicats majoritaires ne peuvent pas s'opposer au résultat.

Compte personnel d'activité (CPA)

Pour le gouvernement, la mise en place du compte personnel d'activité(CPA) est la grande réforme sociale du quinquennat. La Loi Travail souligne que ce compte regroupe le compte personnel de formation (CPF), le compte pénibilité ainsi qu'un nouveau compte qui fait son apparition : le compte d'engagement citoyen (CEC) qui valorise les activités bénévoles.

Droit à la déconnexion

C'est une première dans le droit Français : la Loi Travail reconnaît un droit à la déconnexion. Elle dispose que les entreprises doivent mettre en place des mesures visant à assurer le respect des congés payés et du temps de repos. Ces mesures sont négociées directement dans l'entreprise entre les représentants du personnel, les représentants syndicaux et la direction. Toutefois, le législateur ne prévoit aucune sanction à l'encontre des entreprises qui ne respectent pas cette obligation.

Bulletin de paie électronique

Pour des raisons écologiques et dans un but de simplification, la loi autorise les employeurs à remettre à leurs salariés un bulletin de paie électronique. Mais le salarié est en droit de s'y opposer. Pour le moment, l'employeur doit adresser au salarié une demande pour avoir recours à ce type de bulletin de paie.

Religion en entreprise

La loi autorise les entreprises à inscrire dans les règlements intérieurs des "dispositions inscrivant le principe de neutralité et restreignant la manifestation des convictions des salariés".

Médecine du travail

Une visite médicale d'embauche a longtemps été systématique lors du recrutement d'un salarié. Avec la loi El Khomri, ce n'est plus une obligation exceptée pour des postes à risques. Les autres salariés passeraient une visite d'information et de prévention dispensée par un professionnel de la santé qui ne serait pas forcément médecin (il peut d'agir d'un infirmier). Pour de nombreux médecins, il s'agit d'un coup très dur porté à la médecine du travail.

Travailleurs saisonniers

Les contrats saisonniers sont pour le moment moins protégés que les CDD traditionnels. Un élément que la Loi Travail compte changer progressivement. Désormais, les entreprises qui emploient des travailleurs saisonniers sont dans l'obligation de "négocier d'une saison sur l'autre la reconduction des contrats à caractère saisonnier et de prendre en compte l'ancienneté des salariés" (ainsi les saisonniers pourront obtenir une prime d'ancienneté). Cette mesure est en vigueur depuis l'été 2017.

Garantie Jeunes

L'extension de la Garantie Jeunes fait partie du volet social de la loi. Elle est en vigueur depuis le 1er janvier 2017. Ce dispositif à l'origine expérimental vise à aider les 18-25 ans en situation de chômage ou de décrochage scolaire. Ce sont les missions locales qui conduisent au quotidien ce dispositif. 

Congés pour deuil

Pour le moment, le congé pour événement familial d'un salarié en cas de décès d'un enfant est de deux jours. Il estporté à cinq jours depuis un décret d'application entré en vigueur le 1er janvier 2017. Concernant la mort d'un frère, d'une sœur, d'un parent ou d'un beau parent, le congé pour événement familial passera de un à deux jours. Ces dispositions s'imposeront aux conventions collectives qui pourront toutefois accorder des jours supplémentaires (certaines le font déjà).

Smic / Contrat de travail