Vincent Huguet (Hopwork) "Nous levons 5 millions pour nous implanter aux Pays-Bas et en Espagne"

La plateforme spécialisée dans le recrutement de freelances lève des fonds auprès de Serena Capital et Isai pour soutenir sa croissance et partir à la conquête de l'Europe.

Depuis 2013, la plateforme Hopwork met en relation entreprises et freelances. Le site créé en 2013 se distingue de la concurrence en se spécialisant dans le recrutement d'experts du digital : développeurs, data scientist, illustrateurs, Ux designers ou encore consultants en marketing et en SEO. Le JDN a rencontré Vincent Huguet, l'un des trois cofondateurs.

Vincent Huguet a fondé Hopwork avec Hugo Lassiège et Jean-Baptiste Lemée. © Hopwork

JDN. Hopwork avait levé 550 000 euros en mai 2014 puis 1,5 million d'euros un an plus tard. Désormais, vous annoncez une nouvelle levée. Quel est le montant et qui sont les investisseurs ?

Vincent HuguetLa troisième levée de notre histoire est la plus importante puisque nous venons de lever 5 millions d'euros. Nous avons deux investisseurs : Serena Capital et Isai, qui a participé aux deux premières levées.

 

A quoi vont servir ces 5 millions d'euros ?

En premier lieu à embaucher. Ces recrutements sont plus que nécessaires puisque nous enregistrons une croissance à deux chiffres tous les mois. Nous sommes actuellement une trentaine de collaborateurs et nous souhaitons doubler notre effectif en un an. Nous recherchons des commerciaux pour accompagner nos clients mais aussi des professionnels qui travaillent sur la plateforme au quotidien. Nous avons besoin d'améliorer en continu le site que ce soit en matière d'analyse de la data, de Ux design, de responsive design, de recommandation ou encore de notation. Et pour cela, pas le choix, il faut investir.

 

L'Europe compte 9 millions de freelances. Une aubaine pour un groupe comme le vôtre. Envisagez-vous une implantation à l'international ?

L'objectif de cette levée est clairement d'avoir les capitaux nécessaires pour partir progressivement à la conquête de l'Europe. Pour 2017, nous avons ciblé deux pays les Pays-Bas et l'Espagne. Les Pays-Bas est le pays d'Europe qui compte le plus de freelances. Le marché est plus mature qu'ailleurs. Pour vous donner un ordre d'idée, le pays compte 17 millions d'habitants mais autant de travailleurs indépendants qu'en France. Le travail à temps partiel, le statut d'indépendant, le coworking sont des éléments qui font partie intégrante de la culture locale. Hopwork se doit d'être présent dans ce pays. Le marché espagnol est plutôt proche de la France et des autres pays latins. C'est un laboratoire. Si Hopwork marche en Espagne, cela signifie que notre concept peut aussi fonctionner dans d'autres pays d'Europe du Sud.

En termes de développement international, notre modèle est Blablacar. Nous voulons procéder étape par étape, en nous consolidant dans plusieurs pays avant de s'implanter dans d'autres. Le marché de l'emploi pour les freelances est un gisement formidable mais nous ne voulons pas prendre le risque de nous disperser. Si cela est pertinent nous n'excluons pas d'acheter d'autres entreprises.

Concernant le développement international allons commencer les recrutements des country managers en mars. Ce sont eux qui construiront localement leurs équipes. Le but est d'être totalement opérationnel fin 2017.

 

Avez-vous un objectif de freelances et d'entreprises clientes à moyen terme ?

Actuellement 35 000 freelances sont membres d'Hopwork et 2 500 rejoignent la plateforme chaque mois. Pour le moment nous avons 18 000 entreprises clientes aussi bien des PME, des start up que des groupes du Cac 40. C'est plutôt satisfaisant puisque la France compte 820 000 freelances.

Par contre nous ne nous fixons pas d'objectifs chiffrés. Notre finalité est encore plus ambitieuse : être la plateforme de référence des freelances qui travaillent dans le digital. Nous privilégions une croissance qualitative à une expansion quantitative. Nous voulons être le rendez-vous incontournable des freelances "cols blancs", c'est à dire les professionnels du développement web, des métiers de l'image ou encore de la communication digitale ou du marketing.

 

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Serena Capital / E-RH