"Nous levons 4 millions pour être leader européen du partage de connaissances"

Le spécialiste des réseaux sociaux d'entreprise compte améliorer son intelligence artificielle et doubler ses effectifs d'ici 2018.

JDN. Elium réalise sa première levée de fonds. Quel est le montant et qui sont les investisseurs ?

Antoine Perdaens est le CEO de la start-up Elium. © Elium

Antoine Perdaens. Nous levons 4 millions d'euros. Serena Capital a investi 3 millions d'euros. Le reste provient de notre investisseur historique à savoir la Société Régionale d'Investissement de Wallonie (SRIW).

A quoi va servir cette somme ?

Cette levée va nous aider à nous renforcer commercialement. Pour le moment, nous avons séduit de gros comptes comme L'Oréal, LafargeHolcim, BNP Paribas ou encore Capgemini Consulting. Mais notre portefeuille de clients s'étoffe surtout grâce au bouche à oreille. Nous voulons nous structurer afin d'augmenter plus rapidement notre chiffre d'affaires et partir à la conquête de l'Europe. Pour le moment, notre chiffre d'affaires se fait à 30% à l'étranger. Le but est d'atteindre la barre des 50% d'ici 2018. Elium cible particulièrement le Royaume-Uni et la Scandinavie.

Les 4 millions d'euros seront également investis dans la R&D pour accompagner la transformation digitale des entreprises de la manière la plus efficace possible. A terme, nous souhaitons devenir le leader européen du partage de connaissances. Pour atteindre ces objectifs commerciaux et technologiques nous avons l'intention de recruter pour passer de 20 à 40 collaborateurs d'ici 2018. Nous recherchons à la fois des account manager et des spécialistes du Big Data, de l'UX design, des algorithmes ou encore de l'intelligence artificielle.

Quel est l'apport de l'IA pour une plateforme de partage de la connaissance ?

"On développe de l'IA mais c'est tout sauf des chatbots"

L'IA va dynamiser le marché de la connaissance. Si elle est bien maîtrisée, elle permet de diffuser la veille aux bonnes personnes et au bon moment. Mais pour cela, elle doit cohabiter avec les interactions humaines. Actuellement, avec notre solution, nous sommes déjà capables de faire de très belles choses pour les chercheurs, les scientifiques, les techniciens, les directeurs opérationnels, entre autres. Grâce à l'architecture de notre plateforme qui tisse des liens entre les contenus, ils en tirent des bénéfices clés: "telle entreprise dans l'agroalimentaire maîtrise cette technique avec tel process que vous pouvez mettre en œuvre en contactant tel collègue qui a les compétences requises". A moyen terme, nous savons que les agents intelligents vont naturellement taper dans notre API et amplifier la visibilité des contenus de nos réseaux qui sont d'ores et déjà incontournables au sein de nos clients.

En 2013, vous avez racheté votre principal concurrent HyperWeek. A moyen terme, comptez-vous poursuivre cette stratégie de croissance externe ?

On ne s'interdit rien à moyen terme. Mais nous sommes sur un marché de niche. En Europe nous n'avons pas encore de concurrence directe.

Quel est votre positionnement par rapport à Slack et à Facebook at Work qui misent eux aussi sur l'intelligence collective ?

"Nous sommes complémentaires avec Slack ou Facebook at Work"

Pour nous, ces deux mastodontes ne doivent pas être perçus comme des concurrents. Nous sommes complémentaires. Une entreprise peut utiliser Elium et Slack par exemple. Nous sommes plus qu'une simple messagerie, nous sommes une vraie organisation apprenante qui absorbe des informations puis permet d'aider à l'élaboration d'une stratégie commerciale ou technologique. Elium a un aspect messagerie, un aspect mentoring, un aspect gestion de projet mais aussi un aspect formation. Nous aidons les salariés à développer leurs skills en permanence. Nos concurrents sont plutôt les américains Guru et Bloomfire mais aussi Microsoft Sharepoint. De toute manière le marché, des réseaux sociaux d'entreprise pèse déjà 4,5 milliards d'euros en 2016. Il y a de la place pour plusieurs acteurs.

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