Lors de son allocution du 14 juillet 2002, le président de la République
Jacques Chirac annonce que la sécurité routière constituera
l'un des grands chantiers de son quinquennat. A l'automne suivent des états
généraux, qui voient plusieurs entreprises signer une charte avec
la Direction de la sécurité et de la circulation routières
(DSCR). Parmi elles, la holding Pernod-Ricard ainsi que ses deux principales filiales
: Pernod et Ricard. "On a souhaité être exemplaire pour ne pas
prêter le flanc à la critique", explique Armand Hennon, directeur
des affaires publiques pour la France et Monsieur sécurité routière
du groupe. Le moins qu'on puisse dire est que le numéro deux mondial des
vins et spiritueux, dont la moitié des effectifs est composée en
France de commerciaux régulièrement sur les routes, était
sur ce sujet attendu au tournant. "Sans compter qu'une voiture estampillée
Ricard ou Pastis 51 doit être irréprochable sur la route."
| "Nos 8 ou 900 commerciaux font beaucoup de kilomètres
y compris la nuit pour aller démarcher bars et discothèques" |
Cette charte s'exprime dans un dispositif très complet, basé
sur les résultats d'un audit mené en 2003. "Le périmètre
de l'audit, ce sont les 1.000 voitures de collaborateurs Pernod-Ricard, dont environ
800 commerciaux qui font beaucoup de kilomètres
y compris la nuit
où ils sont en relation commerciale avec les bars et les discothèques.
Nous avons donc examiné le nombre d'accidents, leurs circonstances, ce
qu'il était possible de faire, les formations à dispenser sur la
question
" Dans la ligne de mire, un objectif ambitieux : réduire
de 30 % sur 3 ans les accidents responsables.
Très logiquement, le plan d'actions uvre d'abord en faveur du
respect de la loi, en matière par exemple de vitesse du véhicule,
de port de la ceinture de sécurité ou d'usage du téléphone
au volant. Mais il va plus loin. Par des mesures en terme d'équipement
des voitures, d'abord : achat de régulateurs limiteurs de vitesse (qui
ne sont pas produits en série sur les modèles utilisés),
interdiction de l'utilisation du téléphone portable au volant (sous
peine d'avertissement en cas d'infraction)
"Nous avons aussi mis en
place un dispositif de formations avec un prestataire - Centaure -, constitué
de stages de conduite très poussés, sur route mouillée par
exemple."