Pernod-Ricard fait chuter les accidents de la route de ses salariés

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Un volet dédié à l'alcool au volant vient compléter ces mesures. "Non qu'il s'agisse d'un problème spécifique chez nous, précise Armand Hennon. C'est surtout une compétence que nous pouvions adjoindre à ce que fait la DSCR." En premier lieu, est rappelée la règle du 0,5 g d'alcool au maximum par litre de sang, c'est-à-dire environ deux verres de vin. De plus, des bornes éthylotest homologuées ont été installées dans toutes les implantations Pernod et Ricard : usines, clubs VIP…

 

D'autre part, les commerciaux disposent d'un code interne, qui stipule un certain nombre de pratiques à respecter. Un conducteur désigné reste sobre dans les groupes de commerciaux. Les commerciaux qui sont amenés à boire, par exemple lors d'un repas d'affaires, ont à leur disposition un éthylotest homologué qu'ils sont invités à utiliser avant de reprendre la route. En cas de contrôle positif, le commercial doit rester sur place : Pernod-Ricard s'engage à payer les frais d'hôtel ou de taxi induits par son incapacité à conduire. Une pratique doublement dans leur intérêt puisque "s'ils sont contrôlés positifs lors d'un accident, ils risquent le licenciement". En effet, la charte s'ajoute au règlement intérieur et les commerciaux s'engagent à la respecter. Et chez Pernod, les nouveaux embauchés signent un "code de bonne conduite" en application de la charte. En cas d'incident, la DRH est libre, au cas par cas, de décider de différents niveaux de sanction.

 

"Sur les trois premières années, nous avons consacré 2 millions d'euros à ce plan d'actions"

Quant à la consommation d'alcool dans les locaux, la question est évidemment un peu particulière : "Chez nous, explique Armand Hennon, les boissons sont sur place. Mais maintenant, tout est systématiquement sous clé. En dehors de dégustations et autres situations bien définies, comme des pots soumis à autorisation du chef de service, la consommation d'alcool est interdite." Un départ à la retraite ? Un organisateur est désigné, qui devra servir des doses limitées aux convives et ne pas les resservir. Le pot sera d'ailleurs organisé à l'heure du déjeuner, pour que personne n'ait à prendre le volant aussitôt après. En revanche, pas question d'une interdiction totale : "Toutes les entreprises qui s'intéressent à la question le disent : ce serait pousser l'alcool dans la clandestinité."

 

Enfin, en cas de grands événements, comme les 200 ans de Pernod en 2005 où tous les collaborateurs étaient présents, la question est abordée sous tous les angles : "Pédagogie pendant un mois auprès des collaborateurs pour qu'ils ne prennent pas leur véhicule, système de navettes et de co-voiturage avec conducteur sobre désigné, éthylotests à disposition… Sur les 1.000 collaborateurs présents, une dizaine seulement s'est vue retirer ses clés", se réjouit Armand Hennon.

 


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