Une politique de fidélisation des collaborateurs comprend certes des
actions spécifiques, mais nécessite aussi que globalement, l'attitude
de l'entreprise soit en conformité avec son désir de veiller au
bien-être de ses salariés.
Etre attentif aux conditions de travail
De mauvaises conditions de travail peuvent parfaitement, sans directement pousser
un collaborateur à la démission, accumuler des frustrations qui,
un jour, se concrétiseront. A ce propos, Gérard Silve retient l'exemple
du temps de travail : "Toutes les entreprises ont un accord d'ARTT.
Certes, on ne choisit pas son employeur au nombre de RTT qu'il vous offre. Mais
tout de même, les accords sont plus ou moins intéressants pour les
salariés." Nombre de jours de récupération, rigidité
des modalités de demande
Autant de facteurs qui ne sont peut-être
pas des détails.
L'outil de travail fait aussi partie des critères de bien-être
d'un salarié dans sa société. Ainsi, un client de Benjamin
Chaminade, dans le secteur du recrutement, avait un parc informatique dépassé
et souffrait de problèmes de connexion à Internet. "Lorsque
les postes ont été changés, beaucoup de choses se sont améliorées
et pas seulement en terme de productivité. Notamment, l'ego des collaborateurs
souffrait par rapport à leurs concurrents. Ils ont incontestablement repris
du poil de la bête."
Ecouter les salariés, ça ne coûte rien
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"Comprendre les problèmes des salariés et essayer d'y répondre,
c'est la base de la fidélisation"
Benjamin Chaminade
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Pour Benjamin Chaminade, "écouter les salariés, comprendre
leurs problèmes, distinguer les attentes réalisables de celles qui
ne le sont pas et essayer au mieux d'y répondre, c'est la base de la fidélisation.
Dans cet esprit, l'idée qu'une entreprise puisse proposer les services
d'une crèche me paraît tout à fait pertinente."
D'autres entreprises misent sur des conciergeries pour faciliter la vie de
leurs collaborateurs. "L'un de nos clients du secteur du luxe a ainsi compensé
la réorganisation des bureaux en open-space pas l'ouverture d'une conciergerie",
note ainsi Gérard Silve. Pourtant, ce type d'initiative est loin de faire
l'unanimité : "L'entreprise ne peut pas faire demi-tour, remarque
Benjamin Chaminade. Imaginez le tollé lorsque ces services fermeront. Pour
moi, l'employeur va trop loin, sur un terrain qui n'est pas le sien. De plus,
des dizaines de milliers d'euros peuvent être consacrés à
ces services, sans qu'on se soit préoccupé au préalable des
besoins réelles des salariés !" D'autres services ou dispositifs,
plus simples et moins chers, issus des attentes exprimées par les collaborateurs,
seraient donc probablement plus appréciés
et encore meilleurs
pour leur productivité.
Bien se comporter : le plus évident
Gérard Silve dresse ce constat amer : "Les gens changent de
plus en plus souvent d'employeur. Et effectivement, ils savent que les entreprises
ne sont pas fidèles". Alors peut-on attendre de la loyauté
de la part de ses salariés si, par ailleurs, on utilise ses effectifs comme
variable d'ajustement ? A tout le moins, un certain nombre de règles
de comportement doivent être respectées. Pour Benjamin Chaminade,
voici les plus importantes :
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"Si vous n'aimez pas votre patron, tous les 'petits plus' de confort ne serviront
à rien"
Gérard Silve
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» Faire preuve de transparence, faire
ce qu'on dit et dire ce qu'on fait afin d'être clair dans son image.
» Ne pas mentir, y compris lors du
recrutement : ne pas cacher au candidat les points noirs du poste à
pourvoir.
» Permettre au salarié de situer
son évolution par rapport à celle de l'entreprise. Et ce, pas uniquement
lors du recrutement : "L'avenir du salarié n'est pas forcément
dans l'entreprise, ce dont il faut pouvoir parler sans tabou".
» Veiller à entretenir un bon
climat social.
Et bien sûr, des "petits plus"
Il est souvent possible, sans y consacrer un budget démesuré,
de faire preuve de petites attentions vis-à-vis de ses salariés.
"Ainsi, à son siège australien, Pizza Hut a décidé
une mesure très facile : pizza gratuite tous les mardis soir. En particulier
sur les plates-formes d'appels, cette attention a été très
appréciée", explique Benjamin Chaminade.
Gérard Silve tient toutefois à tempérer l'efficacité
de ce type d'action : "Si vous n'aimez pas votre patron, tous ces 'petits
plus' de confort ne serviront à rien. Et le plus souvent, ils passeront
loin derrière la rémunération : on ne paie pas son loyer
avec une conciergerie".