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En matière de droit individuel à la formation, enfin, le constat de Jérôme Lesage est sévère : "Le DIF n'a pas pris. Une première raison à cela est le mécanisme d'épargne qui s'est mis en place. En effet, un salarié peut très légitimement se dire que s'il rencontre un souci avec son employeur, il prendra tout son DIF pendant son préavis, de façon à développer son employabilité au meilleur moment."

 

Deuxième explication avancée par le spécialiste : la loi Fillon de 2004 instituant le DIF n'a pas octroyé les moyens qui auraient dû accompagner le dispositif. "Les entreprises le font parce que cela entre dans leur démarche de fidélisation. Mais souvent, celles qui se tournent vers une OPCA pour demander un financement essuient un refus. Les DRH ne sachant pas comment financer le DIF, ils en parlent de façon confidentielle." Effectivement, si la mise en place du DIF constitue pour l'entreprise une obligation légale, en cas de manquement, aucune sanction ne lui est attachée...

 

Il semble par ailleurs assez logique que les formations DIF s'effectuent en majorité - à 70,1 % - pendant les heures de travail : "Les entreprises n'ont pas assez d'argent pour payer des heures en plus." Et si 69,5 % des répondants déclarent que seules les formations en relation directe avec le travail des salariés sont acceptées, le spécialiste estime qu'il n'y a pas véritablement de règle.

 

"Sur la population des cadres, qui est plus souple, on assiste beaucoup à des logiques de négociation, qui amènent à accepter de prendre telle ou telle formation sur son DIF. On rencontre également des entreprises qui mettent l'accent sur l'épanouissement individuel, d'où des cours de maquillage ou de conduite qui contribuent au bien-être des collaborateurs... et rejaillissent ainsi sur la vie dans l'entreprise."

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