Que répondre à la question "combien gagnez-vous" si vous êtes sous-payé ?

Le sujet du salaire n'est pas facile à aborder en entretien d'embauche. Surtout si vous estimez ne pas être reconnu à votre juste valeur.

Prouver vos capacités à un recruteur est toujours stressant. C'est particulièrement le cas lorsqu'il vous pose la question de votre rémunération actuelle. Cette situation est particulièrement embarrassante si vous vous sentez sous-payé. Après tout, cette raison peut très bien expliquer pourquoi vous voulez quitter votre travail.

Selon un sondage récent réalisé par Gallup, le quart des Américains estime ne pas être satisfait de son salaire. Un deuxième sondage, toujours de Gallup, montre que 42% des Américains gagnent autant voir moins qu'il y a cinq ans.

Comme l'explique Steven Steinfeld, coach en carrière et auteur de "3 Steps to Your Best Job Ever!", l'évolution de votre salaire n'est pas représentative puisque votre nouvelle entreprise et votre nouvel emploi ne correspondent jamais exactement à l'environnement que vous quittez.

Même si ces questions sont peu pertinentes par rapport à votre potentiel, elles seront néanmoins posées. C'est pourquoi il est essentiel de venir en entretien avec les idées claires.

Voilà ce que vous devez faire :

Ayez conscience de votre valeur

"En faisant des recherches sur les salaires pratiqués et en ayant conscience de votre valeur sur le marché de l'emploi, vous pouvez rompre le cercle de la sous-rémunération", explique Ryan Kahn, coach en carrière, fondateur de The Hired Group et auteur de "Hired! The Guide for the Recent Grad".

Steinfeld recommande d'effectuer des recherches sur les fourchettes de salaire correspondant à votre poste et à votre zone géographique sur des sites tels que Salary.com, PayScale.com, BLS.gov, Glassdoor.com et Indeed.com. Selon lui, vous devriez confronter au moins deux de ces sites avant de vous rendre à votre premier entretien.

Eludez la question

Steinfeld conseille d'éviter, si possible, de répondre à ce type de question avant d'avoir le poste. C'est seulement quand vous l'avez obtenu que la négociation de salaire devrait commencer. Pour vous dérober, tentez "je suis ouvert" ou "je suis flexible".

Si l'employeur persiste, demandez-lui ce qu'il a budgété pour ce poste suggère-t-il. Vous pouvez tenter une réponse du type "Ce poste est vraiment différent de mon ancien travail et les avantages financiers que m'offrait mon ancienne entreprise comprenaient des primes et des avantages sociaux particulièrement intéressants. Si vous me donnez la somme que vous avez budgété pour ce poste, je pourrais vous dire si elle se situe dans la fourchette à laquelle je pensais."

Steinfeld déclare que, si vous êtes chanceux, l'employeur pourrait donner un nombre supérieur à ce que vous espériez.

Mettez en valeur vos missions et non votre salaire

Quand le nom donné à votre poste actuel ne reflète pas toutes les tâches que vous réalisez, ce qui va souvent de pair avec la sous-rémunération, Steinfeld suggère de donner à la personne en face de vous le nom du poste que vous occupez mais également d'expliquer vos responsabilités et vos réalisations.

Kahn ajoute qu'un titre composé qui résume mieux vos tâches peut également être inséré dans votre CV. "La clef, c'est de s'assurer que ce titre n'est pas exagéré," prévient-il. Vous pouvez mettre ce titre entre parenthèses, en italique ou après un tiret.

Et n'oubliez pas d'insister sur vos réalisations en soulignant les profits ou les économies que vous avez générés pour votre entreprise actuelle, déclare-t-il.

Donnez un ordre de grandeur et non un chiffre concret

Si un employeur continue d'insister pour avoir un nombre, plutôt que de lui dire exactement ce que vous gagnez, pensez à l'échelle de salaires que vous avez trouvée au cours de vos recherches.

Steinfeld conseille de donner une fourchette assez large basée sur vos recherches et de ne jamais indiquer un nombre inférieur au salaire que vous êtes prêt à accepter.

Si, par exemple, l'échelle de salaire pour le poste que vous convoitez va de 60 000 à 75 000 euros par an mais que vous n'êtes pas prêt à accepter moins de 65 000 euros, vous pouvez dire "d'après mon expérience, et la fourchette de salaires pour ce poste, je suis prêt à accepter un salaire entre 65 000 et 80 000 euros".

Restez positif

Tout au long de vos échanges, évitez les discours négatifs et concentrez-vous sur votre avancement futur. "La dernière chose à faire c'est de présenter des excuses ou de dénigrer votre employeur actuel," affirme Kahn.

 

Article de Rachel Gillett. Traduction par Manon Franconville, JDN.

Voir l'article original : What to say when you're underpaid and a hiring manager asks, 'How much do you make?'

Rémunération / Carrière