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Enquête
12/02/2008
Le salaire des managers français augmente moins qu'ailleurs
En moyenne, les salaires devraient augmenter de 3,4 % en France en 2008, selon les prévisions fournies par ECA International. C'est moins que la moyenne pour l'Europe de l'Ouest (3,9 %), deux fois moins qu'en Europe de l'Est (7 %) et quatre fois moins qu'en Inde. Ces chiffres reflètent-ils vraiment la réalité compte tenu des niveaux de salaires et de l'inflation ? Réponses.
A salaires bas, augmentations importantes Les tendances salariales dépendent de la maturité des économies. Ainsi l'Europe de l'Ouest, mature, n'a qu'une faible croissance et peu d'augmentations de salaires conséquentes. Au contraire, l'Asie du Sud-Est, le Vietnam, l'Inde ont de forts développements et des croissances qui atteignent entre 8 et 12 %. "Les talents et personnels qualifiés y sont peu nombreux et les entreprises s'attachent à les attirer et les retenir par le biais de la rémunération, explique Frédéric Franchi, porte parole d'ECA International et responsable commercial pour la zone Europe, Moyen-Orient, Afrique. Le turn over est important, un peu comme lors des Trente glorieuses, quand la France connaissait le plein emploi." On assiste à une véritable guerre des talents. "Pour l'anecdote, raconte-t-il, une banque internationale m'a confié que, lors de l'ouverture de son call center à Bangalore, elle a recruté 2.000 personnes pour 1.000 postes. L'objectif : être sûr qu'il resterait 1.000 personnes à la fin de l'année."
Le revers de la médaille Dans ces zones en développement, les salaires de référence sont cependant très bas. D'où ces augmentations conséquentes. La main d'uvre bon marché représente une véritable attractivité pour les entreprises internationales. Frédéric Franchi de préciser : "certains de ces pays peuvent devenir moins attractifs au fil du temps et des hausses de salaires". Par exemple, la Slovaquie prévoit une augmentation de 5,5 % en baisse de 1,3 point par rapport à 2007. "Alors que les délocalisations des industries automobiles se portaient auparavant vers la République Tchèque et la Slovaquie, le flux se déplace de plus en plus vers l'est (Russie, Pologne, Lettonie)." De même, en Chine, le niveau de vie et les salaires augmentent à Pekin et Shanghai. "Les entreprises amorcent en conséquence un mouvement vers l'ouest où émergent des villes plus modestes, explique Frédéric Franchi. Le Vietnam représente également une alternative." Exception qui confirme la règle, l'Inde devrait profiter d'une tendance plus durable. "Les entreprises cherchent des personnes très qualifiées et, selon les prévisions, la croissance devrait se maintenir à 10 % à l'horizon 2011 sauf, bien sûr, s'il y a un problème sur les marchés financiers. On a du temps avant que les salaires soient au même niveau qu'en Occident. Il y aura d'ailleurs encore de fortes augmentations dans les dix ans à venir."
Le niveau d'augmentation réel Au regard de l'inflation et du niveau des salaires, la hausse réelle des rémunérations (différence entre les augmentations de salaires et le taux d'inflation) est parfois atténuée ou bien amplifiée. Ainsi, la Lettonie prévoit une hausse des salaires de 8,5 % pour 2008. Cependant, le taux d'inflation est passé de 8,9 % en octobre 2007, au moment où l'étude ECA a été réalisée, à 14,2 % en février 2008. Au final, on assiste à une diminution du pouvoir d'achat de 5,7 %. Au contraire, en Argentine, l'augmentation réelle et officielle des salaires est plus importante que prévue car le taux d'inflation début février 2008 est en baisse (à 8,5 %) par rapport à l'annonce faite en octobre 2007 (alors à 12,6 %). Selon les prévisions, les salaires devraient croître de 12,7 %. Bref l'augmentation réelle prévue passe théoriquement de 0,1 % à 4,2 %. Enfin, en France, les salaires devraient augmenter de 3,4 % en 2008 contre
3,5 % en 2007. Mais "l'inflation annuelle, qui était de 1,8
% en octobre 2007, est de 2,6 % début février 2008", constate
Frédéric Franchi. Résultat : l'augmentation réelle
est aujourd'hui de 0,8 % au lieu de 1,6 %. "Dans la plupart des pays
les coûts ont augmenté plus rapidement que prévu. De ce fait,
les hausses de salaires en 2009 seront a priori plus importantes pour rattraper
les taux d'inflation importants de 2008. Mais si l'inflation reste importante,
l'augmentation réelle des salaires risque de baisser en 2009."
Dossier : Travailler aux quatre coins du monde
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