La représentativité des syndicats devrait-elle être adossée à leurs résultats aux élections du CE, aux élections prud'homales, au nombre de leurs adhérents ? Doit-on ouvrir les élections professionnelles à des candidats non syndiqués ? La représentativité des organisations patronales, remise en cause par l'affaire de l'UIMM, doit-elle être repensée ? Participez
La fin des privilèges et de l'hypocrisie Alain, La Défense Selon vous, sur quels critères devrait être fondée la représentativité des syndicats ? Maintenant que l'élection des Comités d'entreprise et Délégués du personnel peut n'avoir lieu que tous les 4 ans, il est stupide de se baser sur ce type d'élection pour déterminer une représentativité nationale. Déjà, auparavant, le pourcentage obtenu par chaque syndicat était différent entre les années paires et les années impaires. Seule une élection nationale comme l'élection prud'homale peut permettre de faire, une fois tous les 7 ans une mesure unique et incontestable. Il est consternant de voir que sur la définition de la représentativité, on demande leur avis aux privilégiés de la bande des 5. C'est comme si au moment de la Révolution Française, on n'avait demandé qu'à la Noblesse et au Clergé s'ils étaient d'accord pour abandonner leurs privilèges. De plus, le fait de figer ad vitam aeternam les organisations syndicales représentatives est sclérosant. En politique où les choses ne sont pas figées, les partis politiques naissent, se transforment, se scindent, fusionnent, etc. Regardez la composition de l'Assemblée Nationale en 1966. Les sigles ne vous diront plus rien (UNR-UDT, SFIO, Centre démocratique, Rassemblement Démocratique, etc. ). Si de nouvelles organisations syndicales étaient déclarées représentatives, dans un premier temps, il pourrait y en avoir 2 de plus, mais, avec le temps, il pourrait au contraire y en avoir moins que maintenant, par fusion et recomposition.
Permettre à des candidats non syndiqués de se présenter à des élections professionnelles serait-il une bonne chose ? Oui. Oui, car cela éviterait d'avoir à organiser deux tours de scrutin. Que ceux qui craignent l'arrivée de listes d'indépendants à la solde du patronat se rassurent : cela existe déjà avec certaines des 5 organisations syndicales dites représentatives. Promotions extraordinaires, primes rondelettes, etc sont beaucoup plus discrètes que les valises de billets de Gautier Sauvagnac.
La représentativité du patronat devrait-elle, elle aussi, faire l'objet de discussions ? Oui, car le Medef et ses fédérations ne sont pas représentatifs des entreprises qui embauchent. En fait, le mot patronat est totalement impropre. Au Medef, "ils" ne sont pas des patrons mais des dirigeants d'entreprises qui ne leur appartiennent pas. Il faut laisser davantage de place aux petits patrons qui bossent, qui ne gagnent pas forcément des sommes astronomiques et qui embauchent quand les tracasseries administratives ne les en empêchent pas.
Louis
C'est le grand paradoxe de cette situation vraiment bizarre. Le soi-disant grand patronat est en fait salarié... Et ne représente que lui-même. Mais il y a-t- il un pilote dans l'avion ?