Fatigue mais impossibilité de dormir, émotions incontrôlables, mal-être généralisé... Le stress professionnel est un jour devenu ingérable pour vous. Jusqu'à ce que vous repreniez le dessus. Racontez-nous.
Je travaille dans une entreprise familiale de publicité en tant que international médias manager. J'ai été engagée enceinte de 7 mois (car j'avais été licenciée enceinte de mon poste précédent qui a fini par licencier toute l'équipe marketing). Comme je faisais de la rétention d'eau et que les effectifs manquaient j'ai fini par travailler de la maison jusqu'à 10 jours avant d'accoucher. J'en faisais toujours trop et travaillais régulièrement de la maison, sans compter les deadlines de dernière minute à travailler toute la nuit. J'ai même travaillé le jour de l'anniversaire de mon mari car un de nos clients avait un deadline urgent. Sans compter les voyages d'affaires à l'étranger le week-end (sans récupération de mes jours) et de plus en plus de pression de la part de mon boss. Quand son fils a quitté l'entreprise c'est sa fille qui a repris de poste de directrice. Elle n'a pas les capacités du fils et n'a jamais été mon backup. J'ai toujours travaillé durant mes jours de congé car il était souvent plus rapide d'effectuer le travail moi-même que d'expliquer à une autre personne. Lorsque j'ai pris conscience que ça allait trop loin et décidé d'en faire moins, la pression a redoublé. Mon boss m'a demandé de penser dans mon bain et de lui remettre une proposition le lendemain matin (car sa fille partait en vacances). Quand j'ai demandé un demi jour de congé, j'ai du me justifier sur le pourquoi de ma demande. On m'a répondu que je pouvais partir plus tôt si je le souhaitais. Le pire étaient les relations interpersonnelles au travail. La fille de mon patron exerçait un contrôle perpétuel sur mes emails et me rabaissait sans cesse, me coupant la parole dans les réunions ou pire, devant le client. J'ai perdu tout à fait confiance en moi dans cet environnement et me sens complètement épuisée, vidée. Sans compter, que la femme de mon patron travaille avec nous, et ne m'adresse pas la parole. Quand elle a besoin d'une information média elle envoie des emails alors que nous nous trouvons dans un même bureau. Je suis complètement écrasée et n'ai pas de reconnaissance sociale. Mon burnout a commencé avec un bruit dans ma tête dû au stress qui n'a fait que s'accroître. La situation s'est dégradée du fait que je n'ai aucune reconnaissance, et quand j'ai parlé de flexibilité dans les deux sens, la femme de mon patron est venu me reparler de mon ancienne boite qui m'avait licenciée... Quand j'ai fait part à mon boss de mon burnout il m'a indirectement demandé de travailler de chez moi, mais pour une fois j'ai mis mes limites.
Qu'avez fait pour remonter la pente ?
Je me suis mise en arrêt maladie et suis suivie par mon médecin. Je prends des médicaments car mon état d'épuisement et d'anxiété était avancé, mais je sais que je peux m'en sortir seule avec l'aide de ma famille, et éventuellement en changeant de travail. J'ai fait part (par email) du stress qu'ils m'ont fait subir et des raisons pour lesquelles j'en suis arrivée là aujourd'hui et suis en attente d'une réponse. Etant consciencieuse, je continue toutefois à regarder mes emails et à forwarder les plus importants à mon patron. Le réel problème est qu'ils manquent d'effectifs et qu'il n'y a personne pour faire le travail à ma place, à part mon boss. Je sais, que même si je reviens rien ne changera si l'attitude des gens ne change pas et si d'autres personnes capables ne se font pas engager. Je suis consciente du fait qu'ils ont encore besoin de moi vu le travail à effectuer, et je ne souhaite pas me retrouver sans travail vu que je me suis déjà fait licencier enceinte. Je pense demander un congé parental et faire un 4/5, si leur attitude à mon égard change. Dans le pire des cas je demanderai mon C4 et chercherai à mon aise, mais je dois d'abord retrouver la force et l'énergie pour faire face. Je m'en veux de ne pas avoir crié gare avant, et d'avoir été abusée dans la mesure où j'ai déjà une grande conscience professionnelle, et qu'ils ont poussé toujours plus, toujours dans leur propre intérêt au détriment de ma personnalité, de mon travail et de ma famille. Je leur en veux d'avoir abusé de mon licenciement précédent qui n'a rien à voir et de faire de la manipulation psychologique. Je m'en veux car cela a eu des conséquences sur ma famille et je m'en veux vis-à-vis de ma fille de 17 mois d'être arrivée à ce stade de déprime et de ne pas être à 100% là pour elle.
Didier
Il faut parfois mettre en balance des intérêts supérieurs pour trancher: ton bébé à naître ressent tout ce que tu vis; si tu n'as pas la force de lâcher cette entreprise pour te protéger, fais-le pour ton enfant à naître (ps: je suis né d'une mère dans un état semblable au tien et j'avais le cordon ombilical enroulé 3 fois autour du cou)
William
Katarina, ton témoignage est très touchant. Personnellement je ne ferais pas un "4/5" de temps. Je leur proposerais un 3/5 ou un 2/5. Pour la bonne et simple raison qu'à un moment, il faut envoyer un message fort en leur disant "Avez-vous remarqué, lorsque je ne suis pas à vos côtes, ce qui se passe ? " Les "petites entreprises familiales", c'est souvent la même chose : on te colle tous les problèmes dont personne ne veut se charger, et pour eux, c'est "normal" que tu t'en charges seul. Meme si ça n'est pas de ton ressort de ton poste.
Personnellement, mon parcours est un peu long à expliquer mais je travaillais dans une entreprise d'informatique. Ils m'ont posé des contraintres importantes non pas en terme d'horaires mais de réalisation (faire des projets web à mi-temps avec une mauvaise négociation budgétaire et donc des choses que j'ai dû faire moi-même au lieu de pouvoir les sous-traiter -car pas de budget. C'est dérangeant quand tu dois terminer tes projets ! ). Ils ont été particulièrement brillants pour me dire combien j'étais mauvais et inutile sur la fin... Je les ai donc gentiment invités à utiliser le salaire qu'ils me donnaient par mois afin de l'utiliser pour quelqu'un d'autre.
Depuis les projets dont je m'occupais n'ont pas avancé d'un iota (ça fait 5 mois ! ) et j'ai eu droit à des excuses aussi. Personnellement je n'exclus pas non plus le fait de retravailler pour eux dans le futur mais pas dans les mêmes conditions, c'est une évidence.
De plus, j'ai démarré ma propre activité en free-lance depuis quelques semaines, histoire de voir ce dont j'étais vraiment capable seul.
Je n'ai pas envie de perdre mon temps avec des gens qui ne sont pas positifs ou qui ont du mal à reconnaître la valeur de mon travail, aussi imparfait soit-il. Donc si ton mari travaille et qu'il arrive à boucler les fins de mois seul, donne toi un petit break pour te requinquer.
Et puis tu sais le temps peut passer, tu peux "oublier" certaines choses et devoir retravailler pour qu'elles reviennent mais si tu continues toujours à te battre, tu te remettras en selle sans problème dans ton travail. Ce sera juste une question de temps.
A l'inverse, être présent pour ta famille et ton enfant (j'en ai deux de 5 et 3 ans) ça n'est pas être du temps que tu pourras récupéré plus tard.
Courage et bonne continuation
Denise
Bonjour, il faut se ménager, personne n'est irremplaçable... Plus on en fait, plus ils en demandent, je suis passée par là, c'est sans regret que j'ai changé d'entreprise avant de subir l'écrasement... Bon courage